Quels treks au Népal faire sans guide ? La question mérite qu’on s’y attarde pour différentes raisons. En effet, s’il n’est pas obligatoire d’avoir un guide pour faire un trek au Népal (sauf dans certaines régions reculées et dangereuses comme Dolpi et Mustang), sachez que la pratique du trek et de la randonnée, au Népal, ne se déroule pas comme dans le reste du monde. Les chemins ne sont pas très bien balisés (même sur les sentiers les plus fréquentés), les dénivelés sont ardus, le manque d’oxygène dû à l’altitude se fait ressentir beaucoup plus fréquemment qu’ailleurs, et les infrastructures pouvant vous venir en aide, en cas de pépin, sont limitées. Un grand nombre de personnes sous-estiment le niveau nécessaire pour entreprendre un trek au Népal, causant des accidents, mobilisant des services de secours, par simple manque de préparation.

Trekker seul et sans guide au Népal ne s’improvise donc pas. S’il s’agit de votre premier voyage au Népal, je vous conseille fortement de passer par une agence comme tamera.fr, ne serait-ce que pour prendre contact et voir avec eux, selon votre niveau, ce qu’il est possible de faire ou non.

Dans tous les cas, cet article n’est qu’une introduction. Je ne vais pas détailler ici chaque itinéraire, chaque trek, chaque possibilité qui s’offre à vous ; mais plutôt, vous donner les informations de base à connaître, pour tous ceux qui chercheraient des renseignements en amont, pour nourrir une idée ou voir ce qui est faisable. Les autres voudront sans doute s’orienter vers d’autres sites, qui vont bien plus en profondeur que cet article introductif.

Poon Hill treks au népal

Poon Hill (par Nomad Tales, Flickr CC)

La liste des meilleurs treks au Népal à faire

Le nom des treks est en anglais, afin que vous puissiez chercher des informations complémentaires plus facilement sur le net. Ces treks sont à la fois les plus beaux, les plus connus, et donc, souvent, les plus fréquentés.

Everest

  • Everest Base Camp
  • Gokyo Trek
  • Three Passes Trek

Annapurna

  • Annapurna Panorama Trek (Poon Hill)
  • Annapurna Sanctuary Trek
  • Annapurna Circuit
  • Mardi Himal

Mustang

  • The Mustang Trek

Nepal occidental (Ouest)

  • Phoksumdo Lake to Shey Gompa Trek
  • Kagmara La Trek

Nepal oriental (Est)

  • Kanchenjunga Northern Trek

Du côté de Langtang, Manaslu et Helambu

  • Helambu Circuit Trek
Everest treks au népal

Une file indienne de trekkeurs attendant d’accéder au sommet de l’Everest (Mário Simoes, Flickr CC)

Les meilleurs treks au Népal à faire sans guide

Avant de vous dire comment faire un trek au Népal sans guide, il faut que vous preniez le temps de lire ceci.

Le Népal est l’un des pays les plus pauvres du monde. S’il est vrai que le taux de pauvreté est passé de 50 % (2004) à 25 % (2011), ce taux est néanmoins calculé selon le niveau de vie népalais. Près de 70 % des ménages vivent avec moins de 2,24 € par jour d’après les travaux de Bandita Sijapati réalisés après le tremblement de terre de 2015.

Le tourisme représente 9 % du PIB. Mais seulement 20 % des bénéfices reviennent aux Népalais, pour deux raisons principales :

– La plupart des devises quittent le pays pour entrer dans les poches d’investisseurs étrangers
– Les tours-opérateurs américains ont la fâcheuse habitude d’utiliser des guides étrangers très bien rémunérés, tandis que les Sherpas sont payés une misère (d’où les grèves récurrentes qu’ils entreprennent)

Lorsque vous souhaitez faire un trek au Népal sans guide, soyez donc conscient que vous privez plusieurs familles de leur unique source de revenus. Je n’écris pas cela pour vous culpabiliser, mais parce qu’il est, je pense, important d’être conscient des conséquences de ses choix. Vous pouvez également choisir d’engager vous-même vos sherpas ou vos porteurs si vous entreprenez un trek au Népal sans guide ; mais vous risquez de vous heurter à la réticence des Népalais (qui auront l’impression de torpiller le business de leurs collègues/amis/familles) et à l’hostilité des guides locaux. Je ne peux donc que vous encourager à contacter une agence de voyage à taille humaine comme celle que j’ai cité, pour, au moins, vous renseigner sur le sujet.

Annapurna treks au Népal

Au camp de base de l’Annapurna (sheep sheep, Flickr CC)

Les quatre treks au Népal à faire sans guide que je vous conseille

Si vous choisissez d’aller marcher au Népal en tant que Free Individual Trekker (FIT), sachez d’abord que certaines zones vous sont interdites : le Manaslu Circuit Trek et le Upper Mustang Trek, par exemple, sont des routes que même les trekkeurs locaux les plus expérimentés évitent de faire seuls.

Pour une première fois, je vous conseille l’un des itinéraires suivants :

– Le trek jusqu’au camp de base de l’Everest (12 jours)
– Le célèbre « ABC » trek jusqu’au camp de base de l’Annapurna (entre 7 et 13 jours)
– Le Ghorepani Poon Hill Trek (6 jours)
– Le circuit Helambu, Gosaikund et Langtang Himal (20 jours)

Si vous entreprenez de faire un trek au Népal sans guide, n’oubliez pas :

– d’avoir toujours suffisamment de cash sur vous pour payer toutes vos dépenses
– de vous enregistrer à chaque étape pour que les autorités ne se mettent pas à votre recherche

Comment obtenir son permis pour faire un trek au Népal sans guide?

Toute personne souhaitant faire un trek au Népal doit, avant tout, obtenir la Trekkers’ Information Management Systems (TIMS) Card. Elle est obligatoire, et son coût sert, entre autres, à financer l’entretien des sentiers et les services de santé / de secours à dispositions des voyageurs. Pour obtenir la TIMS Card, vous devrez notamment fournir la preuve que vous disposez bien d’une assurance voyage.

Où acheter la TIMS card ?

Le coût de la TIMS Card varie selon que vous soyez seul ou en groupe :

– Trekkeur en groupe : NRs. 1,000
– Trekkeur individuel libre: NRs. 2,000 (par itinéraire/route, par personne, et par entrée)

On voit donc bien que faire un trek au Népal sans guide est possible et autorisé, mais clairement découragé. Vous pouvez obtenir la TIMS Card aux Tourist Service Center, à Bhrikutimandap, au bureau de la Trekking Agencies’ Association Nepal (TAAN) à Maligaon, auprès des agences de voyage homologuées par le gouvernement à Kathmandu, ainsi qu’au police tourist office de Pokhara.

Comment obtenir son permis ?

Obtenir son permis pour faire un trek au Népal sans guide est donc vraiment très simple. Si vous êtes à Pokhara, il suffit de :

– Se munir de quatre photos d’identité
– Se rendre au police tourist office de Pokhara
– Demander à faire un permis pour trekker seul dans les Annapurnas
– En profiter pour faire le Pass qui vous donne un droit d’accès au parc national

A noter que l’achat du pass au police tourist office est beaucoup moins cher qu’à l’entrée du parc.

Ensuite, pour savoir quels treks au Népal vous seront accessibles (selon votre niveau, la saison, les conditions météorologiques, etc), le mieux reste de parler aux employés dudit police tourist office. Habitués à voir défiler des touristes du monde entier tout au long de l’année, ils sauront répondre à toutes vos questions avec professionnalisme et expertise, dans un anglais parfait. Malheureusement, il n’est pas possible de leur poser des questions par email : il faut se rendre sur place. Ceux qui auront le plus de chances de répondre à vos questions restent donc les agences de voyage spécialisées comme celle que j’ai cité dans l’introduction de mon article.

Attention au mal aigu des montagnes

Attention : pour éviter d’être sujet au mal aigu des montagnes (MAM), il faut faire des paliers, comme en plongée. C’est-à-dire qu’il faudra vous arrêter tous les 500 mètres d’altitude, dormir quelque part pour vous acclimater, et ensuite, recommencer votre ascension, 500 mètres par 500 mètres. Croyez-moi lorsque je vous dis que vous n’avez PAS ENVIE d’expérimenter ce qu’est le MAM. L’enfer, la souffrance, une envie de mourir agrémentée de vomissements, de nausées, de douleurs musculaires et d’épuisement, que, pour ma part, j’ai eu la chance de pouvoir goûter au Chili. PLUS JAMAIS. Alors, n’oubliez pas : des paliers de 500 mètres lors de vos ascensions, quitte à choisir une « stratégie de l’escargot » comme celle de Paulo Grobel, qui accompagne l’ascension du Manaslu (8 156 m) proposée par Expeditions Unlimited. On y va doucement, certes ; mais on est sûr de mettre toutes les chances de notre côté pour arriver jusqu’au bout.

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Chris

Journaliste indépendant

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