La semaine dernière, je suis allé faire un tour dans les Yungas.

C’était pas prévu. Mais, quand on reçoit un mail disant : « Salut ! Je suis un photographe espagnol et je vais faire un reportage au nord de La Paz, entre Tipuani et Rurrenabaque, tu veux venir ? », que le-dit photographe a publié pour le National Geographic et qu’en plus, un contact me donne le contact d’un contact qui connaîtrait un agent de la DEA basé clandestinement dans le même coin, je saute sur l’occaz’.

Alors, au programme était l’avion-militaire-stop depuis La Paz jusqu’au nord de la Bolivie. Annulation de dernière minute, achat d’un billet de la compagnie nationale parce que pas envie de faire marche arrière. Pas de pressurisation dans l’avion, montée à plus de 6000 m d’altitude, l’envie de gerber – et passer du froid pollué de La Paz à la chaleur humide de l’Amazonie.

Je connais toutes ces sensations. La moiteur de la peau, le crachin lourd et l’atmosphère cotonneuse, sueur et vapeurs palpables – et le gris d’un ciel de moisson.

La saison des pluies a déjà commencé, les routes s’inondent et je pars en direction de Rurrenabaque pour rencontrer mon pote-contact-agent-secret et passer un peu de bon temps au milieu d’un paysage incroyable, cocktail forêt tropicale + région montagneuse. Un Français à tête de Jésus blond qui joue de l’accordéon et deux Espagnols m’accompagnent – l’un d’eux étant le photographe qui m’a embarqué dans cette petite excursion.

Rurrenabaque, c’est : une ville où les Israéliens sont partout. Un bled tranquille et mignon. Une rivière qui va très vite. Des moustiques qui ne vous attaquent pas. Des petits bateaux. Et le point de départ d’excursions dans le Parc Madidi, l’une des plus grandes attractions touristiques de la Bolivie, où l’on peut voir des perroquets, des animaux bizarres, s’envoyer en l’air avec des Chamans et rencontrer de vrais indigènes avec plumes dans le cul (option payante).

Je voulais voir un mec du genre agent-secret-US-trop-cool-comme-dans-les-films, je me suis retrouvé avec un mail disant qu’il ne pouvait pas me rencontrer parce qu’il avait la chiasse (« sorry dude, I’ve got an ass muy parecido al infierno« ), excuse propulsée Top N°1 des excuses les plus bidon jamais reçues par un journaliste en reportage. Tant pis, je ferai du tourisme et j’écrirai mon reportage sur les chercheurs d’or que Rafael veut aller voir.

On y est allé. On s’est incrusté dans une mine. On a cherché de l’or. On a allumé de la dynamite. On s’est fait offrir de l’or. On a essayé de grimper une montagne pour voir d’autres mines. Et on s’est très vite arrêté à cause du cocktail faim-soleil-fatigue, pour repartir à La Paz.

Fin du break.


Chris

Journaliste indépendant

3 commentaires

Mélissa · 6 décembre 2011 à 19 h 01 min

Je ne sais pas si je dois rire après cet épisode… 😉

    Chris · 8 décembre 2011 à 17 h 33 min

    Tu peux rire, tu peux rire !

Cha · 12 décembre 2011 à 13 h 13 min

Excellent, et bien écrit, ça donne des idées de voyage tout ça 😉

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