(Suite de mon précédent article sur le Chemin de Compostelle – Via Podiensis)

Saint Jacques de Compostelle: sur la deuxième étape de la Via Podiensis

Après avoir passé la nuit au Gîte La Cabourne à Saint-Privat-d’Allier, nous sommes partis marcher sur la deuxième étape de la Via Podiensis, de Saint-Privat-d’Allier
à Saugues. En quelques chiffres :

– Distance : 20.2 km
– Durée : 5h
– Dénivelé positif : 1042 m
– Dénivelé négatif : 941 m
– Point haut : 1103 m
– Point bas : 596 m
– Difficulté : Difficile

Effectivement, cette étape était plus difficile que la précédente, allant du Puy à Saint-Privat. Essentiellement à cause du dénivelé : ça monte et ça descend bien plus souvent que lors de la première étape, et les côtes peuvent être assez ardues car très raides. Mais c’est aussi sur cette étape que j’ai vu certains des plus beaux paysages du Chemin – successions de vallées boisées, de chemins sinueux, et de points de vue plongeants sur les Gorges de l’Allier. Avec, à mi-parcours, le charmant village de Monistrol-d’Allier, construit dans un encaissement entre deux gorges de roches basaltiques ; et qui offrira aux pèlerins les plus en difficulté un repos bienvenu. Les autres apprécieront ses restaurants, ou sa boulangerie dans laquelle acheter un petit sandwich pour pique-niquer au bord de l’Allier. A noter également qu’il existe un camping pas cher au bord de l’Allier à Monistrol : Le Vivier.

Comme dans l’article précédent, je ne vais pas vous raconter le détail de cette étape. Je me contenterai de ces quelques photos de cette étape du Chemin de Compostelle – en vous disant qu’on en a plein les jambes, certes, mais aussi plein les yeux.

Compostelle Saint Privat Monistrol Saugues

Compostelle Saint Privat Monistrol Saugues

Compostelle Saint Privat Monistrol Saugues

Compostelle Saint Privat Monistrol Saugues

Compostelle Saint Privat Monistrol Saugues

Compostelle Saint Privat Monistrol Saugues

Compostelle Saint Privat Monistrol Saugues

Compostelle Saint Privat Monistrol Saugues

Compostelle Saint Privat Monistrol Saugues

Dans les hauteurs de Monistrol d’Allier

Chemin de Compostelle: mon ressenti

Lors de ces trois jours de marche, mes deux compères blogueurs voyage et moi-même étions accompagnés par une guide très sympathique, qui nous racontait de petites histoires du coin, en parlant de tout et de rien. Mon état d’esprit était probablement différent de celui que j’aurais eu, si j’avais été seul sur la route, avec une démarche de pèlerin. Cependant, j’ai ressenti dans la beauté des paysages, dans les courbatures, dans les montées, dans la forêt, une sorte de reconnexion avec moi-même, et l’environnement qui m’entourait. Je ne suis pas mystique pour un sou, ni religieux, ni même porté sur la spiritualité ou la méditation ; mais le Chemin de Compostelle porte une telle histoire, et de si nombreuses envies communes, qu’il est impossible d’échapper à une forme de dévotion envers les autres et soi-même.

Une invitation à la réflexion

La réflexion. Un retour de la pensée sur elle-même, jeu de renvois et de rebonds. Des idées qui trottent et qui se cognent dans tous les recoins du cerveau ; qui, parfois, tournent en boucle, jusqu’à finalement expulser, accoucher de prises de conscience, de décisions, d’évidences. Marcher sur le Chemin de Compostelle, c’est inviter l’esprit à jouer ; lui permettre de se concentrer sur l’effort physique, puis sur la beauté des montagnes et des vallées. Et, par cette drôle de succession entre la douleur et le plaisir intellectuel, entamer des rebonds entre le cerveau et les muscles, entre le plaisir et l’effort ; et, dans cet aller-retour permanent, par cette friction, créer des bouts de pensées, des cheminements, dénouements de souvenirs qui n’arrivaient pas à avancer.

Concrètement : dans ma tête, un tas de questions traînaient. Sur ma vie professionnelle, personnelle, sur mon couple, sur la décision de rester ou non à Paris, repartir ? Rester ? S’installer ailleurs, demander un PVT, s’engager dans une nouvelle formation, changer de vie, d’avenir ? Comment ? Pour quoi ? Quelle part d’envies, quelle part de rêves, quelle part de possible ou de souhaitable ? Je n’irais pas jusqu’à dire que marcher sur le Chemin de Compostelle m’a permis de résoudre toutes ces questions – trois jours, c’est bien trop court. En revanche, s’il y a bien un truc que j’ai retenu, c’est que c’est autour de cette simplicité de plaisirs, de bonheurs, qu’on trouve sur Compostelle, que j’avais envie de reconstruire ma vie. Quelques pas qui ont causé bien du chamboulement dans ma vie.

Quelques conseils en vrac pour faire le Chemin de Compostelle

– Choisissez la Via Podiensis si vous avez envie de rencontrer du monde.

– Choisissez la Via Turonensis (de Paris) si vous avez envie du contraire.

– Dormez en dortoir, dans les auberges de jeunesse ou dans les Gîtes comme celui de La Cabourne : c’est le moyen le plus simple de nouer des amitiés, d’autant que vous retrouverez souvent les mêmes têtes tout au long de votre chemin, puisque la plupart des gens suivent les mêmes étapes.

– Si vous avez fait une réservation et que vous souhaitez annuler, faites le en début d’après-midi au plus tard : nombreux sont les randonneurs qui ne réservent rien, et ne s’arrêtent dormir que lorsqu’ils ne veulent plus marcher. Pensez également que de nombreux établissements affichent complet l’été. Bref, soyez sympas.

– Si vous rencontrez des problèmes de balisage, signalez-les à la FFRP (Fédération française de la Randonnée Pédestre)

– Si vous n’avez pas envie de marcher avec vos bagages ou avec un gros sac sur le dos, vous pouvez utiliser un service qui s’occupe de transférer vos bagages d’hébergements en hébergements. Cela demande une certaine logistique mais, au pire, si vous n’arrivez pas à bout d’une étape, une voiture pourra venir vous chercher et vous déposer à l’hébergement que vous aviez choisi en amont. Parmi ces organisations, La Pèlerine (lapelerine.com) semble faire l’unanimité, mais il y en a plein d’autres.

– Si vous souhaitez faire le chemin de Compostelle avec des enfants, pensez … Aux ânes. Voyager avec un âne semble être une belle expérience, à la portée de toutes les conditions physiques et de toutes les bourses. Non seulement il portera pour vous vos affaires (max: 35 kg), mais il égaiera votre chemin en offrant un compagnonnage ludique et rigolo. Il va lentement (3 km/h) et ne parcourt « que » 18 à 20 km par jour, et parfois, il refusera d’avancer ; mais c’est aussi une autre façon d’apprendre quelque chose, à soi ou à ses enfants.

– Les premières étapes de la Via Podiensis sont les pires, les plus difficiles. Du Puy-en-Velay jusqu’à Nasbinals, ça monte et ça descend énormément : les dénivelés sont importants, et culminent à Nasbinals. A partir de Conques, le chemin est beaucoup plus plat, bien plus facile, d’autant que vous vous serez fait des jambes en acier lors de vos premiers jours. Bref, ne vous découragez pas si vous sentez que c’est physiquement difficile : rallongez plutôt vos étapes. Marchez moins longtemps, à votre rythme, un pas après l’autre: vous verrez que tout le monde peut le faire.

chemin de compostelle deniveles

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Catégories : BlogFrance

Chris

Journaliste indépendant

1 commentaire

Chemin de compostelle : du Puy en Velay à Saint-Privat-d'Allier (1/2) | Blog Voyage · 27 juin 2018 à 8 h 35 min

[…] [Lire la suite de l’article] […]

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