En triant mes photos des Etats-Unis pour les poster sur Instagram, je me replonge dans mon roadtrip aux USA. Je me rends compte que, malgré la publication de mes photos sur la Nouvelle Orléans, je n’avais jamais mis de mots sur notre séjour en Louisiane – qui a été l’un le climax de notre voyage sur la côte Est des Etats-Unis. Il y a pourtant beaucoup de choses à dire sur NOLA – d’autant que la ville fête, cette année, ses 300 ans. Alors, pour l’occasion, je vais essayer de rattraper le temps perdu dans cet article. En commençant par vous montrer toutes les raisons pour lesquelles cette ville ne peut pas vous laisser indifférent ; puis en vous donnant quelques bonnes adresses pour visiter la ville, le temps d’un week-end ou d’une semaine.

Gratte-ciels Nouvelle Orléans

Vue sur le quartier des affaires de la Nouvelle-Orléans

Second line (parades), Nouvelle-Orléans

Gamins d’une Second line qui dansent et font une drôle de tête

Guitariste de rue dans le French Quarter, à la Nouvelle-Orléans

Guitariste de rue dans le French Quarter, à la Nouvelle-Orléans

A noter : pour cet anniversaire, de nombreux évènements exceptionnels sont organisés. Festivités, concerts, expositions, aménagements urbains et autres projets divers sont programmés tout au long de l’année 2018 ; de quoi rendre cette ville unique au monde encore plus incomparable.

La Nouvelle Orléans- une ville unique aux Etats-Unis

La Nouvelle Orleans (que les Américains surnomment « NOLA ») ne se compare à aucune autre ville au monde. Nulle part ailleurs, vous trouverez ce mélange insolite entre les histoires coloniales française, espagnole, portugaise, américaine, anglaise. NOLA, c’est le métissage de ces cinq cultures avec celle des pays ouest-africains, d’où venaient les esclaves ; et ce métissage, lui-même, se mélange et se transforme aujourd’hui au gré des migrations caribéennes, hispaniques, asiatiques. On parle souvent de la culture, de la musique de la Nouvelle-Orléans – du Jazz, qui y serait né, mais aussi des musiciens de rue, qu’on trouve partout, même parfois en orchestre, et qui, souvent, excellent ; mais la culture à NOLA, c’est aussi une vie artistique très vivante, qui s’exprime aussi bien dans les galeries d’art que dans la rue, sur le porche des maisons, les trottoirs, les cafés branchés ou les petits restaurants populaires. NOLA est un syncrétisme où la musique ne sert pas à combler un silence, mais à crier tout ce qu’ont a sur le cœur – rancœur, mélancolie, joie de vivre. Bref, NOLA fait perdre au visiteur tous ses repères ; on ne sait jamais atrop où l’on est, mais on reconnaîtrait entre mille l’atmosphère unique dégagée par la Nouvelle-Orléans.

Quelques données en vrac :

– 32 % de Noirs en Louisiane, mais 65 % à la Nouvelle-Orléans
– la ville a perdu 30 % de sa population après l’ouragan Katrina (2005)
– on trouverait à NOLA la meilleure cuisine (populaire) des Etats-Unis
– et la meilleure musique du monde (berceau du jazz et du blues)
– d’ailleurs, on y trouve 120 clubs de jazz
– dans le quartier français, l’architecture est espagnole
– le tourisme est la première source de revenus de la ville – une activité qui ne génère cependant que des salaires peu élevés et qui a du mal à tirer le niveau de vie vers le haut
– le réseau fluvial du Mississippi compte 23 000 km de voies navigables
– le slogan de la ville est cadien et dédié à l’hédonisme: « laissez les bons temps rouler »
– une atmosphère chaleureuse va souvent de pair avec une atmosphère bruyante

Carnet de route : les quartiers de la Nouvelle Orléans que nous avons le plus aimé

Quelques raisons pour lesquelles notre roadtrip aux USA n’aurait pas été le même sans un passage par NOLA :

– Le French quarter : C’est le cœur touristique de la ville, il y a donc toujours beaucoup de monde et on sature assez vite. Mais l’architecture, les balcons en fer forgés, l’ambiance des petites ruelles valent tout le même le détour. C’est sympa de s’y promener de jour, mais aussi en début de soirée, à la tombée de la nuit quand les réverbères sont allumés. Promenez-vous au hasard, le quartier n’est pas grand et on retrouve son chemin très facilement. Mais un conseil, évitez Bourbon Street. Si cette rue a été un jour le cœur artistique de la ville, ça fait belle lurette qu’elle n’est plus qu’un nids à touristes, pleines de boutiques sans intérêt et de bars bruyants. Pour dîner, on est passés manger du gombo au Gombo Shop, dans Saint Peter St. On reste dans le quartier touristique, mais le menu cajun était pas mal.

Second line (parades), Nouvelle-Orléans

Lors d’une second line, on vit et on voit souvent des moments étranges.

Second line (parades), Nouvelle-Orléans

Une acolyte de la reine de la parade, qui distribue des bonbons aux enfants

– Le Garden District : Un quartier très différent du reste de la ville, entre Saint Charles Avenue au nord et Magazine Street au sud. Loin des balcons en fer forgé du French Quarter, c’est une succession de grandes demeures antebellum, pierre blanche, jardins, colonnes romaines etc. Un autre monde. C’est calme, agréable pour une promenade, et il y a des cafés sympas où déjeuner ou faire une pause (comme le Hivolt, bon café, bons sandwichs). On ne l’a pas fait, mais vous pouvez prendre le trolley qui remonte Saint Charles Avenue pour avoir un bel aperçu du quartier. Magazine Street, c’est la rue branchée du coin, avec quelques cafés, des boutiques de créateurs etc. Tout cela est assez chic.

– Tremé : Le quartier afro-américain historique, et personnellement, un des endroits que j’ai le plus aimé dans la ville. À l’époque de l’esclavage, c’était le quartier des « gens de couleur » libres. Des petites maisons colorées, sous de grands arbres, une ambiance un peu délabrée, des gens qui discutent sur le pas de leur porte… Dans ce quartier, il y a notamment le Backstreet Cultural Museum : la petite maison d’un particulier, abritant un musée dans deux pièces, sorte de bric à brac de costumes de Mardi Gras, d’explications sur certaines traditions de la culture des rues de la ville, de photos de musiciens etc… L’ensemble est vite vu, mais ça donne une idée d’à quel point cette ville a une culture et une identité propre, dont les habitants sont si fiers. Il y a aussi le Louis Armstrong Park, un petit parc agréable où se promener, où l’on passe notamment sur Congo Square. À l’époque de la Louisiane française, les esclaves s’y réunissaient le dimanche pour jouer de la musique et se retrouver entre eux. Cette place est donc symboliquement considérée comme l’un des lieux d’origine du jazz. Et si vous voulez faire une pause dans le quartier, il y a le Café Tremé.

Trémé house

Maisons du quartier de Trémé, Nouvelle-Orléans

Café Trémé

Un café à la mode, dans le quartier de Trémé, Nouvelle-Orléans

– Faubourg Marigny : Quartier sympa, jolies maisons, tags artistiques etc. Mais la raison principale pour laquelle vous devez vous rendre dans ce quartier, c’est pour aller écouter du jazz et boire des verres dans Frenchmen Street ! Le long de cette rue branchée, entre les croisements avec Decatur Street au sud et Dauphine Street au nord, vous trouverez tout un tas de bars proposant de la musique live tous les soirs. Le Spotted Cat est un bon endroit pour commencer (entrée gratuite, on vous demande juste de consommer). Le lundi soir en revanche, à 20h, on vous suggère fortement d’aller écouter Charmaine Neville au Snug Harbor en sirotant un verre de vin ou un bourbon.

Sinon, le dimanche après-midi, il y a quelque chose qui vaut vraiment le détour. Une pure tradition de La Nouvelle Orléans : la second line. Ce sont ces parades de rues de clubs de quartiers (qu’on peut voir dans le premier épisode de la série Tremé). Chaque année, chacun de ces clubs de quartiers fêtent leur anniversaire en paradant dans la rue, avec un ou plusieurs brass bands, des danseurs costumés, et tout le quartier qui suit derrière en dansant, en buvant , en fumant, le tout pendant quatre heures. Et il y a tellement de clubs qu’il y a une second line presque tous les dimanches de l’année. Ça vaut vraiment le coup de se joindre à l’une de ces parades. (Tout le monde peut s’y joindre, et danser et boire etc…) J’ai trouvé ce site (https://www.wwoz.org/programs/inthestreet) qui répertorie les second lines à venir. Les lieux et heures de rendez-vous ne sont pas encore donnés, mais si vous avez le nom du club qui parade ce dimanche-là, vous pourrez probablement trouver ça sur Internet quelques jours avant ou en passant un coup de fil à l’office de tourisme ou au Backstreet Cultural Museum. En général, les parades ont lieu l’après-midi.

Voilà, ça c’est ce qu’on peut vous recommander. Pour le reste, les musées et autres, on vous laisse consulter un guide touristique. Oh, j’oubliais, une bonne adresse de restaurant, qui n’est dans aucun de ces quartiers, mais pas loin du Garden District : Cochon Restaurant. Leur fried alligator était délicieux.

A voir autour de la Nouvelle Orléans : bayou, alligators, et villages sur pilotis

Et si vous avez envie de sortir de la ville, voici tout de même deux suggestions d’excursions qui peuvent se faire en une journée en louant une voiture :

– La Barataria Preserve : En fait cela ne vous prendra qu’une demi-journée, mais ça vaut le coup. Cette partie du Jean Lafitte National Historical Park est absolument superbe. Des kilomètres de marécages luxuriants où se baladent des oiseaux colorés, des racoons, des écureuils et bien entendu, des alligators. On s’y promène sur des passerelles en bois. Un sentier de deux heures permet de voir l’essentiel, de croiser quelques alligators endormis et, tout au bout, de voir au loin les tours de La Nouvelle Orléans surplombant les marécages.

– La route de Cocodrie : Cocodrie, c’est le bout de la terre, un étonnant village entièrement sur pilotis sur une parcelle de terre qui semble pouvoir être à tout moment engloutie sous les eaux. Il n’y a concrètement rien à faire à Cocodrie. Mais la route pour s’y rendre est magique. De la Nouvelle Orléans, il faut d’abord rejoindre la ville d’Houma (en partant le matin, on y était pour déjeuner, mais on a pris notre temps), puis prendre la 56 ou la 57 qui descend vers le sud. C’est une excursion d’une bonne journée, mais les paysages sont magnifiques. Et il y a une ambiance étrange dans ce village de pêcheurs. Sinon, j’imagine que la route menant à Pilottown doit être assez similaire. Nous n’y sommes pas allés mais ce peut être une alternative.

Catégories : BlogEtats-Unis

Chris

Journaliste indépendant

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