J’ai voyagé en Martinique tout le mois de Juin 2016. A côté d’un reportage sur la justice dans les Outre-mers français, nous avons eu la chance d’avoir le temps de nous balader dans toute l’île en long, en large, en travers, en voiture et à pied. Plutôt qu’un carnet de route un peu barbant ou qu’une liste impersonnelle, je vais vous raconter quelques bouts du voyage dans les endroits que j’ai préféré visiter en Martinique.

Fort-de-France

Pendant notre séjour, nous étions basés à Fort-de-France, installés dans un Air Bnb du quartier cossu de Bellevue (500 € / mois). Nous ne connaissions rien de la géographie de la capitale martiniquaise – le choix s’est fait à cause du prix (c’était l’option la moins chère) et nous ne l’avons jamais regretté. Nous étions à 30 min à pied du centre-ville – mais le réseau de bus nous permettait d’économiser nos efforts, malgré l’irrégularité des dessertes. Surtout, nous étions juste à côté d’un super café : la villa des Lucioles (28 Rue De La Clairière, Fort-de-France – 10h/18h tlj sauf dimanche). Un très chouette endroit où boire un bon café ou une délicieuse citronnade, avec un excellent rapport qualité/prix: tout est fait maison et tout est bon, notamment pour le déjeuner (mention spéciale pour les œufs cocottes, pas chers et délicieux). La terrasse est naturellement ventilée, ce qui permet de s’installer même aux heures les plus chaudes de la journée, pour travailler, lire, discuter, et profiter de la vue sur le grand jardin et la mer en arrière-plan. Bref, l’idéal pour un blogueur/journaliste.

Concernant le reste de la ville … Eh bien, pour être honnête, on a vite fait le tour de Fort-de-France. La capitale martiniquaise est bien plus sympathique que sa jumelle guadeloupéenne Pointe-à-Pitre : contrairement à celle-ci, on peut s’y balader à pied, déambuler dans les rues en cabotant de boutiques en restaurants, de marchés en cafés, sans être assailli par la foule ou par les voitures, grâce à la configuration du centre-ville en petites ruelles à sens unique. Les endroits sympas où se poser – cafés, restaurants – sont plus nombreux et la Savane – un petit parc – offre un bol d’air bienvenu. Accessoirement, il est plus facile d’y trouver une place de stationnement ; et la vue sur les collines alentours donne l’impression que la nature n’est jamais très loin (contrairement à l’étouffante Pointe-à-Pitre même si, paradoxalement, j’ai trouvé que la Guadeloupe offrait de plus beaux paysages, plus « sauvages »). La baie est splendide – même s’il manque d’un endroit où se poser pour profiter de la vue.

Cependant, deux jours suffisent amplement pour découvrir Fort-de-France. Je déconseillerais à quiconque de s’en servir comme point de base pour découvrir le reste de la Martinique : la ville manque d’un front de mer digne de ce nom – pourquoi mettre un parking et une gare routière dans un endroit qui pourrait accueillir des petits cafés, restaurants, auberges, gargotes offrant une vue sur la mer ?! – et le trafic automobile, notamment autoroutier, est très dense aux heures de pointe. Et les Martiniquais ne sont pas les conducteurs les plus prudents que j’ai pu connaître.

Les Anses d’Arlet et les Trois-Ilets

Plutôt qu’être basés à Fort-de-France, la plupart de ceux qui visitent la Martinique préfèrent s’installer aux Anses d’Arlet ou aux Trois-Ilets, de l’autre côté de la baie de Fort-de-France. Même si je suis du genre à fuir les attroupements de touristes, je leur donne cette fois-ci raison et, si je devais retourner en Martinique, je pense que c’est également là-bas que j’installerais mon QG. Parce qu’il y a un joli front de mer, de nombreux restaurants et cafés de qualité où s’installer tout en profitant de la vue ; parce qu’il y a un choix d’établissements hôteliers bien plus vaste, et bien plus qualitatif qu’à Fort-de-France ; parce que les belles plages ne sont jamais loin ; et parce qu’il suffit de faire quelques pas pour s’éloigner de la foule et partager le quotidien des chaleureux Martiniquais. Une atmosphère propice au farniente, au bord des eaux turquoises et cristallines des Caraïbes.

A noter : le ferry entre Fort-de-France et les Trois-Ilets (bourg, pointe du Bout, anse à l’Âne, anse Mitan) coûte 7€ aller-retour (5€ aller simple) et le trajet de 20 minutes offre de superbes panoramas sur les côtes de la Martinique. La vue justifie, à elle seule, de prendre au moins une fois ce ferry.

Grand-Rivière et Montagne Pelée

Ah, Grand-Rivière ! A mes yeux, la route qui mène à ce port est la plus belle de la Martinique. Offrant un superbe panorama sur la mer des Caraïbes d’un côté, sur la très belle montagne Pelée de l’autre, avec ses forêts sauvages et ses ravines. Mais, si vous voulez tout savoir, l’endroit le plus beau que j’ai eu l’occasion de voir en Martinique se trouvait de l’autre côté de la Montagne, à l’anse Couleuvre. Pour y accéder, il vous faudra conduire de façon assez sportive sur une toute petite route très escarpée ; maitriser le démarrage en côte et conduire prudemment sur un chemin étroit qui serpente sans arrêt au milieu de la forêt. N’y allez pas s’il vient de pleuvoir, ou la boue transformera votre expédition en enfer ; mais, à l’arrivée, vous aurez la chance de tomber sur la plage de l’Anse Couleuvre, une petite plage de forbans et de pirates, perdue au milieu de la nature et peu fréquentée (à cause de la difficulté de l’accès) même si rarement déserte. Vous y trouverez le départ (ou l’arrivée) du circuit de randonnée de la Trace Prêcheur-Grand-Rivière (17km / 6h / Difficile).

Aucune route ne relie directement les bourgs côtiers du Prêcheur et de Grand Rivière dans le nord de la Martinique. Toutefois il est possible d’effectuer la liaison à pied via un sentier de randonnée. Cet itinéraire, long de 17kms, permet de traverser une partie totalement sauvage et inhabitée de l’île. Le chemin large et bien aménagé commence au niveau de l’Anse Couleuvre, juste à droite des ruines de l’ancienne Habitation Tardon. Il s’enfonce dans la forêt jusqu’à l’Anse Levrier puis rejoint l’accès à l’Anse à Voile avant de bifurquer à droite en direction du Morne à Lianes. Après une descente dans le creux de la Ravine des Galets la trace remonte pour atteindre une clairière offrant un très beau point de vue sur l’Anse des Galets. Le sentier s’enfonce ensuite de nouveau dans la fôret et passe par un petit tunnel taillé dans la roche avant de franchir le gué de la Rivière Trois Bras. On est alors à peu près à mi-chemin, au pied de la montée la plus difficile du parcours (250m de dénivelé) qui emmène au sommet du Petit Morne (359m). Un nouveau gué attend les randonneurs dans la descente, celui de la Rivière des Ecrevisses. Une dernière montée se profile à l’issue de laquelle on entame la redescente sur les ruines de Fonds Moulin où trois autres gués sont à franchir. La randonnée se termine en empruntant une petite route qui mène directement au port de Grand Rivière.

(source: guidemartinique.com)

A noter: il est préférable de faire la randonnée au départ de l’Anse Couleuvre car, une fois arrivé à Grand-Rivière, vous trouverez facilement des pêcheurs qui accepteront de vous raccompagner à l’Anse Couleuvre pour reprendre votre voiture. Plus difficile à faire dans l’autre sens, à moins de convenir d’un rendez-vous à l’avance ; mais cela vous obligera à presser le pas lors de votre marche, ce qui n’est pas forcément le but recherché.

L’autre alternative serait de vous faire conduire dès le matin vers l’Anse Couleuvre pour le départ, et faire le chemin à pied en sens inverse.

La ville de Saint Pierre

L’histoire de la ville de Saint-Pierre est fascinante et je vous invite à la découvrir sur Wikipédia si vous ne la connaissez pas. Pour résumer en quelques mots, la ville était la capitale de la Martinique avant sa destruction en 1902 par l’éruption de la montagne Pelée, qui n’a laissé qu’un seul survivant : un prisonnier enfermé dans une cellule aux murs plus épais que les autres. Les vestiges de la prison se visitent, et valent le coup d’œil.

Pointe de la Caravelle

Classée réserve naturelle, la pointe de la Caravelle offre l’une des plus belles randonnées de la Martinique. Beaucoup plus abordable que celle de la montagne Pelée, vous marcherez dans un espace sauvage et préservé le long de la côte et au milieu de la forêt, sur un sentier certes beaucoup plus fréquenté, mais tout aussi plaisant. Accessoirement, de nombreuses plages ponctuent le parcours et vous permettent de piquer une tête pour vous rafraichir. Si vous y allez en été, il fera très, très chaud: soyez prudent, prévoyez de grandes réserves d’eau, et n’y allez pas l’après-midi.

Habitation Clément

J’aime les plantes, les jardins, la jardinerie, et le parc de 16 ha de l’habitation Clément est pour ça fantastique, tant par la diversité des plantes antillaise que par l’aménagement paysager, ponctué d’œuvres et de sculptures d’art contemporain qui s’intègrent parfaitement, et harmonieusement, à la nature. L’ancienne distillerie permet également de voir et comprendre la fabrication du rhum, agrémenté d’une dégustation en fin de parcours. Ca tombe bien : de tous les rhums antillais que j’ai goûté, c’est le rhum vieux Clément que j’ai préféré, aussi bien pour faire des ti’punchs que pour le boire sec.

Un mot sur la location de voiture en Martinique

La location d’une voiture en Martinique ne coûte pas très cher. Nous avons loué notre voiture sur www.auloc.fr pour 21 € / jour – soit 147 € pour une semaine de location (7j). C’était suffisant pour faire le tour de l’île mais, pour être vraiment large, prendre son temps, et profiter à fond de tous les trésors martiniquais, comptez plutôt deux semaines de location au moins. La location d’un véhicule m’a paru indispensable pour profiter de la Martinique, car les transports en commun fonctionnent assez mal : horaires jamais respectés, quasiment aucune circulation le dimanche, accès difficile aux gares ou aux arrêts … J’ai parfois attendu plus d’une heure un bus censé passer toutes les 20 minutes. Bref, si vous allez en Martinique, simplifiez-vous la vie, et louez une voiture. Et si c’est le fait de conduire là-bas qui vous fait peur : sachez que c’était mon cas. Je n’avais pas conduit depuis plus de quatre ans (!) et, 10 minutes après avoir retrouvé le volant, je me suis retrouvé sur la rocade de Fort-de-France. Retour d’expérience: si vous conduisez prudemment (10km/h en-dessous des limitations de vitesse, ignorez les klaxons, restez sur la file de droite), il n’y a absolument aucun problème. Vous aurez parfois quelques soucis dans les côtes (optez pour une transmission automatique si vous le pouvez) et, parfois, vous calerez à de très mauvais moments ; mais, en un mois de conduite, je n’ai jamais eu le moindre problème et j’ai rencontré, la plupart du temps, des automobilistes très compréhensifs.

Catégories : BlogMartinique

Chris

Journaliste indépendant

1 commentaire

Les 8 meilleurs spots de plongée de Martinique | Blog du Voyage · 28 juin 2018 à 5 h 26 min

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