C’était mon premier voyage au Japon – et je n’aurais jamais pu rêver d’une meilleure introduction qu’un séjour à Hokkaido, la région la plus sauvage du Japon.

Je commence à écrire cet article dans l’avion qui me ramène à Paris – et, déjà, tout me manque. La neige à perte de vue et la poudreuse en coton ; les cervidés sauvages et les grues japonaises ; les montagnes, les volcans, actifs, et leurs sources chaudes ; la beauté des paysages ; la mer, l’océan, la banquise, les blocs de glace qui dérivent au large ; la gentillesse et l’affabilité légendaire des Japonais ; la gastronomie locale qui fait de cette île un paradis pour gourmets ; l’étonnant mélange entre architecture japonaise traditionnelle et styles occidentaux de la fin du XIXe siècle ; le fait de se baigner dans un lac gelé en plein hiver, dans un petit coin réchauffé naturellement par les volcans, en compagnie de cygnes en train de batifoler ; les parcs nationaux sublimes (mention spéciale pour Shiretoko) et la faune, et la flore, omniprésents, toujours étonnants.

Je suis tombé complètement amoureux de cet endroit, dans lequel j’ai été invité à voyager pendant trois semaines au mois de Février 2018 par l’agence de voyage JTB et la ville de Sapporo. D’abord, dans le cadre d’un « séjour de familiarisation » (Fam trip, comme on dit dans le milieu du tourisme) où je visitais Hakodate, Noboribetsu et Sapporo en compagnie des agences Asia, Marco Vasco et Vivre le Japon. Puis seul, complètement autonome, libre et indépendant, assumant mes propres dépenses et décidant de mon propre programme, tourné vers l’Est d’Hokkaido – et ses parcs naturels, et ses trésors sauvages.

Ce premier article est une introduction, un recueil de mes premières impressions. Une traduction littérale du goût en bouche qui me reste au moment de rentrer en France, un souvenir évanescent des choses qui m’ont le plus marqué durant mon séjour au Japon. Ensuite, chaque destination, chaque endroit d’Hokkaido que j’ai eu la chance de visiter fera l’objet d’un article dédié, mélangeant récits, carnet de route, guide de voyage, carnet d’adresses, avis sur les hôtels / restaurants, et informations pratiques (budget, informations complémentaires, etc). J’espère que tous ces articles vous donneront envie d’aller voyager à Hokkaido autant qu’ils m’ont donné envie d’y retourner – en été ou à l’automne, au moment où la plupart des treks peuvent se faire.

Si ce voyage vous tente, sachez qu’on trouve des billets d’avion Paris-Sapporo A/R à partir de 340 €, avec une seule escale ! Vous pourrez même avoir 50 $ de réduction avec le code AIR50 en cliquant ici. Plus de détails dans mon futur article « Budget de mon voyage à Hokkaido ».

So, this is me, walking on drift ice on the shore of #Shiretoko ("The end of the Earth" in Ainu) peninsula, in #Hokkaido. There is something magical in walking on a frozen sea at the foot of dozens of volcanoes (yeah: those mountains on the background are active volcanoes). This is the most savage place in #Japan – realm of Ussuri brown bears, red foxes, sika deers, salmons and whales. You can climb 12 peaks from which you might stare at the whole Hokkaido island, the Pacific Ocean, the Okhotsk sea, the Aleutian islands, Sakhaline, Kamtchatka and even frakking Siberia in the same time (!) if the weather allows it. #Utoro #Ice #instagramjapan #visitjapanjp #japantrip #japanfocus #japanstyle #ilovejapan #explorejapan #traveljapan #japangram #loves_nippon #wow_nihon #ひがし北海道 #driftice #floe

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La meilleure introduction au Japon dont je pouvais rêver

Je dis cela en toute franchise : Hokkaido a été la meilleure introduction au Japon que je pouvais imaginer.

Personnellement, j’ai toujours eu envie de découvrir le Japon. Ce pays me fascine et j’avais en tête un tas d’images et de clichés, empruntés dans les mangas, les reportages, la littérature, le cinéma – qui, tous ensemble, ont construit mon amour pour un pays dans lequel je n’étais pourtant jamais allé. Je rêvais de manger un ramen dans un petit boui-boui local, servi par un restaurateur enthousiaste qui m’accueillerait avec un légendaire « Irasshaimase !!! ». Je rêvais de faire « Kanpai! » en levant mon verre de Saké ; de voir des collégiens et des lycéens se balader en uniforme scolaire ; de visiter un temple Shinto en touchant du doigt les vœux, les souhaits, les rêves laissés par les visiteurs shintoïstes sur les petites étiquettes suspendues. Bref, je rêvais d’y voir et d’y faire un milliard de trucs mais la perspective de devoir passer par Toyko ne m’avait jamais enthousiasmé.

La plus grosse mégalopole du monde (Taiheiyō Belt) me semblait être un désagréable « passage obligé », s’étendant sur 1200 km et rassemblant 105 millions d’habitants. Pour moi qui n’aime pas vraiment les villes, je craignais de me sentir oppressé par la pollution, les gratte-ciels, le béton, l’amas humain. D’ailleurs, il y avait effectivement quelque chose d’effrayant et d’angoissant à survoler cette conurbation urbaine sans limites, et de la voir depuis le ciel s’étendre à perte de vue, sans fin apparente, jusqu’au bout du bout de l’horizon, rappelant les paysages angoissants des films de SF les plus préoccupés par l’avenir de l’humanité.

Il paraît que Tokyo n’est pas si terrible que ça ; qu’on est souvent surpris par le calme des petits quartiers, par l’énergie dégagée par la ville … De fait, la plupart des personnes que je connais, qui partent voyager au Japon pour la première fois, commencent par le parcours classique : Tokyo / Kyoto / Osaka / Hiroshima. Et tout le monde a l’air ravi de cet itinéraire ; mais, à titre personnel, je le répète, je trouve que faire un premier voyage au Japon en commençant par Hokkaido est une excellente idée. Vous y aurez 20 % du territoire japonais, pour seulement 5 % de sa population ; et, pour un Européen, l’île reste en-dehors des sentiers battus (seulement 20 000 touristes Européens par an selon les chiffres de JTB!). A tel point que Hokkaido ne figure pas dans la plupart des guides de voyage qu’on peut acheter en France. Vous trouverez dans cette série d’articles quelques idées d’itinéraires ; mais si vous êtes plutôt tenté par un circuit sur mesure à Hokkaido, jetez un œil sur les itinéraires personnalisables de Vivre le Japon.

Hokkaidō-jingū
Cette photo a été prise à Hokkaidō-jingū, dans le parc Maruyama. Si vous allez là-bas, ne faites pas comme ces touristes chinois et respectez les traditions locales: n’entrez pas par la porte du milieu, réservée aux divinités. Ou, si vous tenez absolument à passer par là, marchez le plus possible sur le côté.

Nature et grands espaces à la sauce japonaise

Ce titre, qui m’inspire des centaines de mauvais jeux de mots à base de soja et de teriyaki, résume parfaitement ce qu’est l’île de Hokkaido : un immense parc naturel où les montagnes, les arbres, les rivières et la mer sont partout. Même à Sapporo (cinquième ville du Japon en nombre d’habitants, troisième en superficie), qui fait pourtant la taille de l’île de France, il est possible d’aller faire du ski à 15 minutes de voiture du centre-ville.

Les touristes français (en tout cas, ceux qui visitent ce blog) sont souvent de grands amoureux de la nature. Alors, si c’est votre cas, entre la perspective de commencer un voyage au Japon par Tokyo (des villes partout !) et celle de commencer un voyage au Japon par Hokkaido (de la nature partout !), franchement, optez pour la seconde option. Aujourd’hui, le coût du billet d’avion est sensiblement le même (à partir de 340 € A/R en passant par la Chine) – j’y reviendrai dans un article dédié au budget nécessaire pour voyager à Hokkaido.

Hokkaido est couverte à 71 % de forêts et à 16 % de terres agricoles. Près d’un quart des forêts japonaises s’y trouvent ; et de superbes grands espaces s’offrent au regard à peu près partout sur l’île. Il y a là-bas plus d’ours en liberté que n’importe où en Asie (sauf en Russie) ; et l’hiver est propice aux sports d’hiver les plus divers : ski, snowboard, ski de fond, raquettes, alpinisme, ou encore le très « WTF?! » Yukigassen qui a d’ailleurs été inventé là-bas.

En été, vous aurez droit à de longs treks dans les montagnes ; aux paysages multicolores de lavandes, d’herbe et de foins qui ne sont pas sans rappeler la Provence ; au plaisir de siroter une bière bien fraîche directement à la source. Vous éviterez la chaleur et l’humidité étouffantes qui séviront partout sur le reste du pays, puisque Hokkaido ne subit ni le Tsuyu (saison des pluies), ni les typhons. Enfin, en automne, vous aurez les superbes couleurs orangées, rouges et dorées, qui transformeront les arbres, les montagnes et les forêts, en superbe tableau impressionniste plein de couleurs et de vitalité, façon soleil couchant.

Lac Mashu
C’est donc au Japon, à Hokkaido, que j’aurais vu le plus beau lac de ma vie. Je n’ai rien retouché sur cette photo : le Lac #Mashu (le plus beau du Japon, parait-il) est connu pour la beauté de son bleu, surtout en hiver, lorsque les cristaux de glace et la neige reflètent la lumière d’une si jolie façon.

Hokkaido, capitale gastronomique du Japon ?

Au Japon, de très nombreux endroits réclament le titre de capitale gastronomique du pays. Cependant, Hokkaido a de très nombreux atouts qui jouent en sa faveur : principale région agricole du Japon, elle est la seule à être autosuffisante. Un quart des terres arables japonaises se trouvent à Hokkaido et les légumes, la viande, les poissons et les fruits de mer s’y trouvent en abondance.

Malheureusement, il est difficile de retrouver la cuisine traditionnelle d’Hokkaido, celle des Aïnus. Les quelques témoignages qui nous sont parvenus, comme celui d’Isabella Bird écrit en 1878, parlent de cuisson à l’étouffée où se mélangent « racines sauvages, haricots, algues, morceaux de poisson, gibier séché, pâte de millet, eau et huile de poisson » (merci le Lonely Planet). Hokkaido n’en reste pas moins un paradis pour gastronomes et amateurs de bonne bouffe – comme le sont si souvent les Français.

Citons, pêle-mêle :
– Le ruibe (ルイベ), une spécialité aïnu qui est en fait un saumon congelé naturellement et tranché en sashimis, servi avec de la sauce sauja
– Le nabemono (鍋物), un pot-au-feu qui peut inclure à peu près tout et n’importe quoi pourvu que ce soit servi chaud
– Le kani-ryōri (かに料理), qui regroupe toutes les recettes à base de crabe (le crabe d’Hokkaido est célèbre partout en Asie, à tel point que les vendeurs proposent de vous expédier des crabes entiers partout en Asie depuis l’île)
– Les spécialités à base de lait, qu’il s’agisse du beurre, des glaces, des pâtisseries
– Le ramen, qui serait né à Hokkaido
– Le jingisukan (ジンギスカン) (prononcez « Genghis-Khan »), une recette qui aurait été apportée par les Mongoles qui, dit-on, aimaient cuire la viande de mouton sur leurs casques. Il s’agit simplement de mouton grillé servi avec du riz – et c’est délicieux.

Bref, à Hokkaido, nature sauvage et culture japonaise sont partout ; et le dépaysement y est total.

Carnet de route de mon voyage à Hokkaido

(J’insérerai les liens au fur et à mesure de la publication des articles)

Hokkaido : informations pratiques

    9. Budget de mon voyage à Hokkaido
    10. Carnet d’adresses
    11. Les incontournables: à voir / à faire à Hokkaido
    12. Conseils en vrac : transports, comment s’habiller, à quel moment y aller, que ramener d’Hokkaido, etc
    13. La gastronomie à Hokkaido
    14. Hokkaido en photos
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Journaliste indépendant

6 Comments

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  4. Tiens je ne savais pas que c’était ton premier voyage au Japon, je pensais que tu y étais déjà allé ^^ En tout cas c’est une intro assez originale on dira, loin, très loin de ce qui se fait habituellement. Hâte de lire la suite.

  5. Pingback: Et si on partait en roadtrip en Alsace ? – Le Blog du Voyage

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