La Gaspésie et le Canada, j’en suis amoureux. Pas seulement pour y faire du tourisme, bien qu’il s’agisse de la principale raison pour laquelle nous y avons fait un roadtrip de deux semaines en Août 2016. Mais parce qu’il s’agit de l’endroit sur Terre où j’aimerais, un jour, vivre, construire ou acheter ma maison, sur un terrain qui surplomberait le Saint-Laurent. Il y aura une large véranda qui, l’été, permettrait de voir les baleines passer ; qui, l’hiver, serait ensevelie sous trois mètres de neige et permettrait de voir l’aurore se refléter sur la glace, les icebergs flottants, et le fleuve gelé.

Chaque fois qu’on me pose la question de ce qu’il faut absolument voir, faire, ou visiter au Canada lors d’un séjour touristique, je réponds invariablement : la Gaspésie. Parce qu’il s’agit de l’une des destinations hors des sentiers battus les plus « facilement » accessibles au Québec (si vous avez une voiture de location). Parce qu’il s’agit tout de même d’un endroit reculé qu’un grand nombre de Québécois n’a jamais visité (il faut 11h de voiture pour faire Montréal – Percé). Parce que les transports en commun sont rares et longs (il faut 16h de car pour faire le même trajet). Parce qu’il s’agit de certains des plus beaux paysages que j’ai vu dans ma vie.

La Gaspésie est faite pour vous si vous aimez :

  • Le camping en été, les chalets en hiver
  • Les pique-niques
  • Les falaises
  • Les parcs nationaux et activités nature
  • Les excursions en mer
Côte gaspesienne

La maison de mes rêves, sur la côte gaspésienne (Quebec)

Attention : depuis le 15 mars 2016, pour voyager au Canada, vous devez impérativement disposer de l’autorisation de voyage électronique (AVE), qui est en quelque sorte l’Esta pour aller au Canada. L’AVE concerne tous les ressortissants des pays bénéficiant du programme d’exemption de visa, dont la France, la Belgique et la Suisse. Soyez certains d’avoir cette autorisation avec vous avant de prendre votre avion ; sinon, l’embarquement pourra vous être refusé.

Tourisme en Gaspésie (Canada): que voir et que faire ?

Un Roadtrip en Gaspésie

Nous avons fait un roadtrip en Gaspésie de deux semaines en Août 2016. C’était, pour nous, une mise en jambe avant de s’attaquer à notre roadtrip aux Etats-Unis de 16 000 km, de Montréal jusqu’à la Nouvelle-Orléans en longeant le Mississippi, puis chemin inverse par les Appalaches et la Côte Est.

Nous ne savions pas vraiment à quoi nous attendre en allant en Gaspésie. La région nous semblait relativement méconnue ; en tout cas, pour notre part, nous n’en avions jamais entendu parler. Tout au plus savions-nous qu’il y avait des baleines et de beaux paysages. Eh bien, nous aurons fait le choix de ne pas aller voir les baleines (voir plus bas) mais, pour les beaux paysages, on a été plus que servis.

Un roadtrip en Gaspésie, c’est :

  • de nombreux kilomètres parcourus
  • une région aussi grande que la Belgique (!)
  • conduire aux pieds de falaises qui se jettent directement dans le Saint-Laurent
  • camper au bord du Saint-Laurent et, à la bonne saison, voir des baleines passer devant votre tente
  • profiter des centaines de baraques où tester, déguster les spécialités locales et notamment le homard
  • de superbes parcs nationaux
  • des caribous et des phoques partout
  • le sentiment d’aller jusqu’au bout du monde
  • un peu de monotonie, aussi, sur la route
  • une destination décevante (Percé) mais compensée par le bonheur d’avoir sillonné la Gaspésie
  • un patois gaspésien parfois difficile à comprendre
  • des gens adorables et très accueillants bien que parfois réservés
  • ai-je parlé de homards en-veux-tu-en-voilà ?
roadtrip gaspésie

Itinéraire de notre roadtrip en Gaspésie

Notre itinéraire a été très simple : de Montréal jusqu’à Percé, puis retour par le même chemin en passant par Murdochville. Ce trajet vous prendra 11h30 (1025 km) pour aller de Montréal jusqu’à Percé. Mon cousin québécois l’a fait d’une seule traite le jour où il a obtenu son permis mais, pour le commun des mortels, et pour profiter au maximum de la Gaspésie, mieux vaut s’arrêter sur le chemin pour profiter de l’ensemble des choses à voir et à faire que j’expose dans cet article.

Faut-il aller voir les baleines en Gaspésie ?

Faut-il aller voir les baleines en Gaspésie ? Au risque de paraître rabat-joie, j’ai personnellement fait le choix de ne pas faire d’excursion ni de croisières d’observation. En effet, nous après nous être renseignés, nous avons pris conscience du fait que ces excursions sont extrêmement intrusives pour les baleines. Plusieurs baleines sont mortes des suites de collisions ; et même si la plupart des croisiéristes respectent une distance minimale de sécurité pour éviter de trop embêter les mammifères marins, l’afflux de touristes est tel que la quantité d’humains présents génèrent nécessairement des perturbations sur la route des migrations de baleines. Entre 2017 et 2019, au moins 29 baleines noires ont été retrouvées mortes sur les côtes nord-américaines. Sur une population totale qui ne dépasserait pas les 400 cétacés.

Baleines gaspesie

Une baleine vue au large de Tadoussac (Clod, Flickr CC)

Maintenant, il faut également relativiser tout cela :
– la Gaspésie ne représente que 1 % du marché mondial d’observation des baleines (selon les professionnels du secteur)
– des mesures ont été prises en 2017 pour favoriser la protection des baleines (limitation de la vitesse des bateaux par exemple), ce qui, accessoirement, est également la preuve qu’il y avait bien un problème
– il y a donc maintenant moins de navires, qui circulent moins souvent (au grand dam des professionnels du tourisme en Gaspésie)
– le spectacle reste fabuleux et inoubliable

L’endroit le plus célèbre pour aller voir les baleines est Tadoussac. En Gaspésie, vous pouvez néanmoins les observer depuis la terre, dans le parc national Forillon et le parc national de l’Île-Bonaventure-et-du-Rocher-Percé. C’est la solution que nous avons finalement adopté, sans regrets.

Les plus beaux parcs nationaux

Le parc national du Bic

Parc national du Bic

Parc national du Bic (Thomas PLESSIS, Flickr CC)

C’est le parc national que j’ai le plus aimé visiter en Gaspésie. Pas forcément le plus beau, ni le plus grand, ni le plus diversifié ; mais parce qu’on y trouve une ambiance tout à fait unique. Les « phoques bananes » ne sont jamais loin, venant se reposer sur un rocher auprès des promeneurs abrités sous un auvent pour pique-niquer. Les embruns de la mer et ses odeurs iodées contrastent avec celle des résineux, tandis que le regard hésite entre une baie, une anse, une montagne, ou une forêt, contemplée du haut d’une falaise.

On y trouve 25 km de sentiers de randonnée, dont 8,2 km de pistes de ski de fond en hiver, avec deux relais chauffés pour vos pauses. Mais le parc national du Bic ne se prête pas vraiment à la narration ; on y déambule, contemplatif, appréciant d’être, simplement, au milieu de la nature.

Le parc national de la Gaspésie

Parc national de la gaspesie

Mont Saint-Joseph, Shawn Harquail (Flickr CC)

Le parc national de la Gaspésie est l’un des plus célèbres endroit où faire de la randonnée au Canada. Parmi ses atouts, on compte :

  • la possibilité de croiser le chemin des célèbres caribous de la Gaspésie
  • la beauté du mont Albert, du mont Jacques-Cartier, et des monts McGerrigle
  • le saumon de la rivière Sainte-Anne (en catch & release)
  • les plantes arctiques-alpines et les paysages de toundra
  • les nombreux niveaux de sentiers de randonnée, allant de très facile (1km) à très difficile (17km, forts dénivelés)
  • un sentier de 100 km qui va du mont Logan jusqu’au mont Jacques-Cartier allant jusqu’à 1000 m d’altitude, avec un service de transport de passagers offert, pour ne pas avoir à faire le chemin inverse (attention : ce sentier n’est ouvert que de fin juin à début septembre)

Le parc national de l’Île-Bonaventure-et-du-Rocher-Percé

Ile Bonaventure

Fous de Bassan sur l’île Bonaventure, Jean-Francois Gaudet (Flickr CC)

L’Île-Bonaventure-et-du-Rocher-Percé est le plus important refuge d’oiseaux migrateurs en Amérique du Nord. L’île n’est accessible que par bateau, via des excursions proposées par des entreprises privées (il n’y a pas de service de transport public). Elle est célèbre pour ses colonies d’oiseaux marins, rassemblant plus de 200 000 oiseaux de 11 espèces différentes qui viennent y faire leur nid. Dont le fou de Bassan et ses 116 000 représentants ; si vous aimez cet oiseau (notamment après avoir vu le documentaire Our Planet sur Netflix), sachez que cette colonie est la plus facilement accessible au monde !

On y trouve également 15 km de sentiers de randonnée, qui vous feront passer des prairies à la forêt de conifères, en passant par la colonie de fous de Bassan, les falaises, ou les champs.

Attention : l’île n’est ouverte à la visite que de mai à octobre.

Le parc national Forillon

Forillon

La pointe de Forillon (jockrutherford, Flickr CC)

Si le parc Forillon s’étale sur un territoire de 244,8 km2, seule une petite partie du parc est ouverte aux visiteurs, via un sentier balisé allant jusqu’à la pointe de la Gaspésie. C’est une jolie balade, dans un environnement grandiose quoique très fréquenté en été, où les falaises abruptes tombent à pic dans le golfe du Saint-Laurent.

Au cours de votre balade, vous pourrez peut-être observer des baleines (de très loin), des phoques (toujours présents) ou quelques bouts de l’histoire du Québec à travers les quelques notices historiques qui parsèment le chemin. Un bel endroit, peut-être le plus classique et le moins long à faire de cette liste, une balade d’une demi-journée parfaite si vous êtes en famille avec des enfants.

Catégories : BlogCanada

Chris

Journaliste indépendant

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