La Foire de Paris (29 avril / 10 mai 2015) – dont j’ignorais jusqu’à l’existence en mars dernier – ressemble étrangement au Grand bazar d’Istanbul, où les magnifiques tapis persans et les nombreux vendeurs de bibelots, présents, côtoieraient à la fois l’électroménager dernier cri, et les inventeurs fous aux airs de Géo Trouvetou du concours Lépine.

Comme un grand bazar stanbouliote

On y déambule entre les odeurs et les étonnements ; à gauche, un fromage suisse Appenzeller, à droite une plaque de cuisson autonettoyante, plus loin des insectes à grignoter, produits par une petite startup toulousaine cherchant à promouvoir ce qu’ils pensent être la nourriture du futur. Le Grand Prix de l’innovation voit s’affronter des toilettes intelligentes qui nettoient le postérieur avec un jet d’eau, une vitre chauffante, et des fours et des frigos connectés tandis qu’un peu plus loin, Grand Marnier offre des cafés alcoolisés. Et les nombreux vins – de Bourgogne, notamment – se picorent au gré des propositions venues des comptoirs.

En 111 ans, la Foire s’est construit une solide réputation … qu’elle a du mal à définir précisément aux gens qui n’y ont jamais mis les pieds : quel point commun y a-t-il entre un concert breton, une brosse à chiotte révolutionnaire, un monocyle électrique et des poteaux de lampadaire générant de l’électricité grâce au vent ? Aucun, si ce n’est le plaisir de passer du coq à l’âne au gré de sa promenade. Et ceux qui connaissent la Foire de Paris sont nombreux à revenir fouiner dans ce gigantesque bordel fourre-tout.

600 000 visiteurs s’y presseront entre le 29 avril et le 10 mai ; 3500 exposants exposeront leurs trouvailles ou leurs produits de toujours dans cinq univers différents (Maison & habitat, Bien être mode et accessoires, Loisirs et vie pratique, Métiers d’art et Culture du monde, Vins et gastronomie).

Des Binious lors de la journée consacrée à la Bretagne (©Foire De Paris)

Des Binious lors de la journée consacrée à la Bretagne (©Foire De Paris)

L’univers des Métiers d’arts & des Cultures du monde

Parmi les nombreux pavillons, celui qui m’a le plus attiré était évidemment celui consacré aux cultures du monde, le plus visité des cinq univers. Un fourre-tout valorisant à la fois les métiers d’arts et de la création (arts graphiques, objets de décoration, luminaire, bijouterie/joaillerie, mode & accessoires) des petits artisans venus, notamment, des Pays de la Loire ; et valorisant les cultures du reste du monde, en particulier celle, bien spécifique, des régions ultra-marines.

On y trouve ainsi de nombreux stands se disputant la recette du « meilleur punch du monde » tenus par de beaux Guadeloupéens et Martiniquais de deux mètres de haut ; des boudins antillais par milliers, côtoient les offices de tourisme, les librairies et les produits de beauté guyanais. Des jus de papaye et d’autres fruits des îles dont j’ai oublié de noter le nom, sont proposés à 2 € le verre. Des curieux, nombreux, joyeux, s’amusent à goûter les rhums arrangés les uns après les autres et titubent un peu sans jamais déranger ; les jolies vendeuses caramel et tressées, alpaguent le chalant pour lui proposer de goûter aux sandwichs typiques des îles, et font saliver en remuant les énormes poélées de spécialités épicées.

Un peu plus loin, de la viande argentine sort du barbecue et se mange à volonté ; des Népalais proposent des vêtements en lin, laine, Pashmina ou Cachemire. Les étalages de charcuterie française, italienne, espagnole, se battent avec les vendeurs de coffre-forts et de serrures sans clé. Au bout de l’allée, une douzaine de Touaregs – dans leur tradtionnel Takakat bleue, la tête enroulée dans un tagelmust et la gandoura (cape) par-dessus leur épaule, auquel se rajoute un très gros manteau d’hiver pour lutter contre les 12°c de la France – offrent des bijoux créés par leurs soins. C’est toujours le même Touareg qui se charge de négocier le prix des bijoux à la tête des clients qui passent. Les autres ont l’air de faire ce qu’ils font tous les jours dans leur désert ; assis, parlent, boivent et rient autour d’un thé.

Des épices dans le pavillon Cultures du Monde (©Foire De Paris)

Des épices dans le pavillon Cultures du Monde (©Foire De Paris)

Bref – on y retrouve le plaisir qu’on peut avoir en allant flâner au marché d’un village le matin ; le tour du monde en plus, et l’étonnement face à des inventions auxquelles on restera à la fois dubitatif et admiratif.

Bon à savoir : demain (8 mai), c’est la journée de la gastronomie à la Foire de Paris. A cette occasion, nocturne jusqu’à 22h.

Catégories : ArticleFrance

Chris

Journaliste indépendant

1 commentaire

Gaijin au Japon · 16 mai 2015 à 12 h 08 min

Je n’ai jamais eu l’occasion de visiter la foire de Paris (et pourtant j’ai habité 2 ans sur place). Il va me falloir me rattraper.

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