[Lire l’article précédent : Canal des deux mers, de Moissac à Nérac]

Comme dans le premier article dédié à mon voyage sur le Canal des Deux Mers, plutôt que de vous raconter chronologiquement ce que nous avons vu / fait / goûté sur cette route, je préfère m’attarder sur ce qui m’a le plus marqué entre Fontet (où nous avons passé la nuit) et Royan (notre destination finale).

Canal Deux Mers Hebergement

Dans le jardin de Chez Brown

Canal des deux mers : de Fontet à Royan

Après avoir passé la nuit dans un très charmant cottage anglais (Chez Brown : super accueil, très beau jardin, le sentiment d’être en retraite spirituelle ou romantique en pleine campagne. Et un petit-déjeuner formidable, avec les produits de leur propre jardin en été), nous avons pris la route pour rejoindre Créon.

A vélo de Créon à Bordeaux

Cette portion cyclable du Canal des Deux Mers est assez différente de la partie entre Toulouse et Agen. On s’éloigne du Canal, des platanes et du chemin qui borde l’eau, pour se trouver sur une piste de 23,5 km – une ancienne voie ferrée où d’anciennes gares et maisonnettes de passages à niveau ont été réaménagées en cafés, restaurants, offices de tourisme, stands de location de vélos.

La balade est très facile (c’est tout plat, puisque c’est un ancien chemin de fer) et il y a quelque chose d’assez plaisant, à l’idée de se dire qu’il suffit, depuis Bordeaux, de pédaler un coup pour se retrouver au milieu des vignobles, des villages, des abbayes bénédictines et des arcades médiévales de Créon.

Visiter les vignobles bordelais à vélo : une belle balade à faire

Si vous êtes amateur de vin, ou juste curieux, ou juste pris d’une envie de vous balader au milieu des vignes et des châteaux bordelais, il existe de nombreux chemins alternatifs qui s’éloignent du parcours « officiel » du Canal des Deux Mers pour aller se perdre dans les champs de raisin. Ce sera, pour les amateurs de vin et œnologues du dimanche, l’occasion d’enchaîner les dégustations de vins sans avoir à prendre le volant ensuite – et de découvrir l’AOC Entre-Deux-Mers pour ceux qui ne la connaîtraient pas.

Ces visites de cave à vélo peuvent se faire autour de Créon ; pour ma part, je vous conseille de pousser le bouchon un peu plus loin et de vous baser à Sauveterre-de-Guyenne, au cœur de l’Entre-deux-Mers. Attention : ce parcours cyclable alternatif, qui part de La Réole, est plus difficile que le reste du Canal-des-Deux-Mers. Le paysage est plus vallonné, et les petites routes sont moins bien aménagées (chemins de terre et petits cailloux) ; mais vous rencontrez beaucoup moins de monde avec, en récompense, l’impression de vous perdre au milieu de la campagne et du terroir français.

La Citadelle Vauban de Blaye

Là-bas, j’ai adoré les centaines de petits lapins qui se promenaient dans les douves ; les chèvres et les boucs qui se baladaient autour des remparts. J’ai aimé me promener une petite heure dans l’enceinte, même si j’ai trouvé que le village, à l’intérieur de la citadelle, manquait un peu de charme – trop envahi par les boutiques et les restaurants, peut-être. J’ai beaucoup aimé les petits bancs, à l’ombre des platanes, offrant une jolie vue dégagée sur la Gironde, l’estuaire formé par la Garonne et la Dordogne.

Mais, surtout, je crois que ce qui m’a le plus enthousiasmé était … le camping municipal de la Citadelle. Nous n’avons fait que l’entrapercevoir, mais je m’imaginais déjà planter ma tente au milieu des remparts, face à l’estuaire, dans ce camping minuscule et aux infrastructures vieillottes mais assurément au calme, le soir venu ; avec pour seuls compagnons quelques vacanciers, des lapins, et les fantômes de la citadelle de Blaye au clair de lune.

Canal deux mers talmont

Entre Talmont et les grottes de Regulus

Château de Beaulon (et son Cognac) : un merveilleux Pineau

Le château de Beaulon (1480) est connu pour le Cognac qu’il produit ; mais, après avoir testé une très grande variété d’alcools dans la région pendant notre petite semaine de voyage, je dois dire que c’est le Pineau Blanc Millésime 2000 du château de Beaulon (40 €) qui remporte, haut la main, la palme du meilleur alcool fort que j’ai pu goûter dans la région (et, à titre personnel, celui que j’ai pris le plus de plaisir à boire dans ma vie).

Vous pouvez visiter le château de Beaulon ; ce sera l’occasion d’une petite promenade sympathique pour voir, notamment, un petit étang d’un bleu surnaturel (mais 100% naturel). L’entrée vous en coûtera 4 € et les commentaires que vous pourrez lire sur TripAdvisor ne seront pas très flatteur ; cela tiendra probablement au caractère bien trempé du propriétaire, un ancien officier de la Marine Nationale qui n’a plus rien à prouver à personne, et qui s’accommode bien d’un nombre limité de visiteurs dans son jardin. A mon avis, la couleur très étonnante de l’étang vaut le détour mais vous trouverez, tout autour dans la région, de très nombreuses autres chouettes balades.

En revanche, à mon avis, la visite de la fabrique de Cognac ne vaut pas le coup ; mais peut-être que cela tient dans le fait que je sois moins amateur de cet alcool.

Talmont-sur-Gironde et Grottes de Regulus : belles visites, mais très fréquentées

Enfin, notre voyage à vélo le long du Canal des Deux Mers s’est terminé entre Talmont-sur-Gironde et les Grottes de Regulus. Je ne connaissais ni l’un, ni l’autre – et je dois dire que j’ai été impressionné par leur beauté.

Canal deux mers grottes regulus

Grottes de Regulus

Cette partie du Canal des Deux Mers longe l’embouchure de l’estuaire de la Gironde ; on arrive à l’Atlantique, on pédale en direction de la mer au milieu des roseaux, des cabanes de pêcheurs et des premiers embruns marins. Lorsque le soleil tape, aucun platane ne vient offrir abri ou répit ; en cas de fortes chaleur, le chemin, pourtant plat, peut se révéler éprouvant. Qu’importe : une fois à Talmont, quantité de bars, restaurants, cafés ou boutiques en tous genres vous offriront de quoi vous rafraichir, pourvu que vous arriviez à vous frayer un chemin au milieu des hordes de touristes venus visiter l’un des plus beaux villages de France.

Aux Grottes de Regulus (à Meschers-sur-Gironde), même combat : le petit « village » troglodyte (en fait petite dizaine de pièces qu’occupaient les pêcheurs), construit à flanc de falaise, à pic au-dessus de l’estuaire, est très impressionnant à voir. Mais c’est plus beau de loin, ou en photo (mais pas sur la mienne) qu’en vrai ; peut-être étais-je trop assommé par la canicule et la fatigue, mais la visite m’a laissé relativement froid …

C’était ensuite l’heure de rentrer à Paris avec, pour seul regret, de n’avoir pas pédalé sur l’intégralité du Canal-des-Deux-Mers. Cela aurait demandé trois semaines de disponibilités ; qu’assurément, un jour, je prendrai pour réaliser ce beau parcours en intégralité, sans pression, sans attentes, juste à ressentir le plaisir de pédaler, de boire, et de manger comme un trou.

Catégories : BlogFrance

Chris

Journaliste indépendant

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