Start-up weekend : voyage dans l’aventure de la création d’entreprise

Start-up weekend : voyage dans l’aventure de la création d’entreprise

Sur dix-sept projets de création de startup proposés, seulement huit seront retenus pour être développés par les équipes de participants.

A Caen, le 7 Avril 2013

Du 7 au 9 avril 2013, quarante-sept personnes s’étaient réunies dans les locaux de l’École de Management Normandie, à Caen, afin de participer à un « Startup Weekend » (SW) – concept américain créé en 2007 qui se revendique aujourd’hui sur son site internet comme « le plus gros incubateur de projets innovants au monde » avec, jusqu’à présent, 970 SW organisés dans 108 pays.

Ouvert à tous, un SW est un évènement où certains apportent des idées et d’autres, des compétences techniques. Par équipes, ils auront 54h pour créer le « business model » d’une startup imaginée lors du weekend.

Un « Pitch Fire » ouvre le bal : les participants qui le souhaitent disposent d’une minute pour présenter une idée de startup. François Boissel, un designer de trente ans, veut développer une cuisine nomade. Il propose des chips à ceux qui rejoindraient son équipe ; on l’applaudit à tout rompre.

« Je ne suis pas venu au SW avec une idée qui me tiendrait vraiment à cœur » confie ce dernier en aparté. « J’ai balancé l’idée de Wificook un peu au hasard, pour coller au concept SW, participer, apprendre, et vivre à fond le week-end. Ce doit être plus difficile pour ceux qui sont venus avec une idée qui leur tient vraiment à cœur« .

Signe d’un air du temps

Parmi les dix-sept projets proposés, seize reposent sur l’exploitation du numérique et de l’informatique. Huit portent sur la création d’applications mobiles pour smartphone et tablettes numériques. Signe d’un air du temps ?

« Une application, c’est surtout ce qu’il y a de plus facile à créer en 54h » nuance Pierre Rougeot, un développeur d’applications mobiles de 41 ans. « Et la présence de développeurs et de designers incite à aller dans ce sens« .

Lui, qui est venu par curiosité et pensait participer au Wificook de François, apportera finalement ses compétences à l’équipe « edressing », une application pensée « pour réunir tous ses vêtements dans son smartphone et choisir la super tenue sans bouger du lit » dixit la porteuse du projet, Alexia Audrain, 21 ans, étudiante en management. C’est la personnalité de cette dernière qui a convaincu Pierre de changer de bord.

Au SW, les participants qui veulent, dans le futur, entreprendre, le veulent souvent pour répondre à un besoin qui leur est propre, pour gagner de l’argent, ou pour vivre « l’aventure humaine » de entrepreneuriat – un week-end de ce type est donc idéal pour tester une idée, ou se tester soi-même. Ceux qui viennent apporter leurs compétences le font, souvent, pour sortir du cadre étroit de l’entreprise et exprimer tout leur potentiel créatif.

Il n’y aura que huit projets sélectionnés. Chacune des équipes s’enferme dans une salle de classe. L’équipe « edressing », qui a remporté le plus grand nombre de votes, commence le « brainstorming » : qui seront les clients ? Des femmes, connectées à Facebook, actives, entre 15 et 35 ans. Et si on s’appuyait sur les blogueuses mode ? « On fantasme toutes sur leur mode de vie ! » lâche Alexia. Elles serviront à faire parler de l’application. Mais comment dessiner le dressing ? Faut-il un cintre ? Les vêtements seront-ils photographiés ou bien issus d’une base de donnée ? Pour l’équipe, une seule chose est sûre : les statistiques recueillies par l’application représenteront « une mine d’or » à faire fructifier et à vendre aux marques. Mais, à quel prix ?

Des contacts, des cartes de visite, des compétences

Ça réfléchit, ça baille, ça boit du café par litres – et l’odeur âcre de la sueur envahit peu à peu les salles. On se prépare à la nuit blanche du samedi soir, où seront finalisés le site internet, l’application mobile, le design et la stratégie marketing que l’équipe présentera devant le jury dimanche après-midi.

« J’étais venu voir ce qu’était un SW. Je me suis bien amusé, je repars avec des contacts et une super expérience. Même si mon projet [d’application pour figurines de collection] n’a pas été retenu, je pense retenter l’expérience » écrira par mail Pierre-Alexis Girard à l’équipe « edressing » le lendemain du week-end.

Le 1er prix sera attribué au projet « Malkyrs » – un jeu de cartes à jouer et à collectionner doublé d’un univers persistant sur Internet. Leur récompense : six mois d’hébergement offerts dans une pépinière d’entreprises de la ville de Caen. L’équipe d’Alexia décrochera, quant à elle, la troisième place.

« Les SW sont un excellent outil pour décrisper l’innovation et valoriser la création d’entreprise » s’enthousiasme Olivier Boulay, de la Chambre de Commerce et d’Industrie de Caen-Normandie. Pour lui, le SW permet de montrer à la population que c’est par la création ou la reprise d’entreprises qu’il est possible d’inverser, sur le long terme, la courbe du chômage. « Il y a de l’argent pour les projets viables. Les banques ont plus d’argent que l’économie ne le demande » assure-t-il. Mais Charly Bernard, un participant qui avait proposé la création d’un site de divertissement en ligne, tempère : « quand t’as une idée innovante, ce n’est pas facile de convaincre les banquiers et les investisseurs. Ils veulent être sûrs de savoir si le concept va marcher mais, par définition, une idée innovante n’a jamais été testée. Et ils trouvent, toujours, un moyen de dire que notre idée est vouée à l’échec« .

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