Alors que la neige et le verglas causent pas mal de tracas dans les aéroports européens, j’apprends que seulement 5 à 10 % des clients pouvant prétendre à une indemnisation de la part des compagnies aériennes font la démarche pour l’obtenir, d’après une estimation très officielle des transporteurs aériens eux-mêmes. Les passagers victimes de vols annulés ou en retard passent alors, souvent, à côté d’une indemnisation moyenne comprise entre 250 et 600 € par personne.

A titre de rappel, voici les cinq principaux cas pouvant donner lieu à une indemnisation financière :
Retard de vol
Annulation de vol
Surbooking
Grève
Mauvaises conditions météorologiques (eh oui ! On croit souvent, à tord, qu’il est impossible d’avoir le moindre dédommagement si le retard est causé par une mauvaise météo. Voir plus bas.)

Les passagers aériens connaissent très mal leurs droits. Mais, si vous vous souvenez d’un retard particulièrement éprouvant ayant eu lieu ces cinq dernières années, ou si la neige et le verglas ont retardé votre vol ces jours-ci, cet article est fait pour vous !

Astuce n°1 : vous n’avez besoin que d’un numéro de vol pour vérifier votre éligibilité

D’après le site FlightRight, en 2016, 720 000 passagers en France auraient pu bénéficier d’une indemnisation mais n’ont jamais fait de démarche pour l’obtenir …

Pour vérifier si votre vol est susceptible de faire l’objet d’une indemnisation financière, il suffit pourtant de rentrer votre numéro de vol ainsi que la date concernée sur FlightRight. Cette vérification est 100 % gratuite – à vous de décider ensuite si vous souhaitez recourir à leur service pour obtenir une indemnisation (entre 250 et 600 €), moyennant une commission de 27 % + TVA, ou si vous souhaitez tenter l’aventure en solo et obtenir vous-même cet argent. D’expérience, je vous préviens simplement que ça risque de vous coûter pas mal de temps et de prise de bec. Beaucoup de compagnies aériennes refusent de payer – il faut alors porter l’action devant les tribunaux … L’avantage de passer par un service tiers étant que vous n’avez rien à débourser de votre poche, que vous obteniez ou non l’indemnisation.

Astuce n°2 : une mauvaise météo peut vous permettre d’obtenir une indemnisation

Contrairement aux idées reçues ! On connaît souvent la fameuse clause dédouanant les compagnies aériennes en cas de « circonstances extraordinaires ». Une information que l’on connaît moins (et que j’ai appris cette semaine) est qu’il existe des exceptions à cette règle dans le droit européen. En gros, si vous arrivez à prouver que la compagnie aérienne est responsable du préjudice causé par une annulation, un retard ou un refus d’embarquement, c’est tout bon pour vous. Un exemple: mauvaise préparation ou anticipation des conditions climatiques, excès de prudence alors que d’autres compagnies décollent et n’annulent pas leurs vols, rendez-vous professionnel raté à cause de cela, etc. Encore une fois, mieux vaut être accompagné par un spécialiste du droit aérien mais c’est à vous de voir.

Notez que, pour que le Règlement européen puisse s’appliquer, il faut que le vol ait eu lieu depuis ou vers un aéroport européen.

Astuce n°3 : les grèves ne sont pas des « circonstances extraordinaires »

… si la grève en question vient du personnel de la compagnie aérienne (pensez aux grèves Air France). En bons Français, sachez d’ailleurs que les grèves sont l’une des principales raisons du retard ou de l’annulation des vols en France.

Pour obtenir une indemnisation dans le cas d’une grève du personnel d’une compagnie aérienne, il faut cependant souvent aller devant les tribunaux. Car il y a une petite subtilité qui complique pas mal de choses : si le transporteur peut prouver qu’il a pris toutes les mesures nécessaires pour assurer ses vols MAIS n’a pu éviter les perturbations, dites adieu à votre indemnité. Si vous pouvez prouver le contraire, c’est dans la poche.

Catégories : Exclus

Chris

Journaliste indépendant

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