Pourquoi chaque journaliste doit avoir un domaine de spécialisation ?

11 mai 2012 14 h 53 min

Tout reporter doit avoir un domaine de spécialisation pour être vraiment reconnu comme tel. Souvent, c’est une spécialisation géographique : on parle d’un journaliste spécialisé sur les Balkans, d’un reporter de guerre, d’un correspondant au Brésil … Si on était dans un manga ou dans un jeu vidéo, la spécialisation serait comme une botte secrète, un kamehameha professionnel, le truc qui fait que vous êtes un vrai professionnel et pas juste un blogueur commentateur qui passe à portée de main. Non, quand vous êtes spécialiste d’un domaine, vous avez :

– Des contacts qui tuent hauts-placés, influents, médiatiques, connus et reconnus, et qui font chics lorsque vous placez dans un dîner que vous fréquentez fréquemment Mr Kontactkitu
– Une expérience pleine d’autorité pour avoir le meilleur recul et la meilleure érudition dans les questions à traiter
– Des invitations à des conférences, des séminaires, des festivals, où il y a plein de gens sympas et bavards et intéressants, généralement attroupés autour du buffet
– Des propositions d’emploi comme journaliste, ou prof, consultant, ou membre des services secrets (ceci n’est pas une blague : les États-Unis, par exemple, recrutent d’anciens journalistes licenciés spécialisés sur l’Irak et/ou qui parlent le pachtoune).
– Des propositions d’édition de livres spécialisés
– Et j’en passe.

Cela fait des années et des années que je réfléchis à la mienne. J’ai pensé :
– A devenir spécialiste des questions des droits de l’homme (ouais, ça me touche beaucoup ces questions-là)
– A devenir un spécialiste des questions européennes, comme Jean Quatremer (je suis Europhile et Euromilitant – pour moi, l’UE est l’une des plus belles inventions de l’humanité)
– A devenir un spécialiste des questions environnementales (parce que ça embauche et c’est dans l’air du temps)
– A devenir un journaliste-programmeur (parce que ça embauche ET ça paie un max)
– A devenir un journaliste-écrivain-voyageur (parce que ça fait vraiment cool ET ça emballe en soirée)
– A devenir un journaliste spécialisé dans la recherche Pôle-Emploi (parce que c’est dans l’air du temps)

Mais chaque fois que je tentais une tentative d’approche dans ces voies-là, quelque chose clochait. Le sentiment de ne pas être à sa place. L’impression que quelque chose ne va pas. J’ai beau être passionné par l’Europe, je ne me voyais pas dédier ma vie en tant que journaliste à couvrir la vie du Parlement et de la Commission (mais dédier ma vie à sa construction ou à sa protection ne me gênerait pas, au contraire, et j’ai des idées dans la tête – mais c’est un autre sujet). Les droits de l’homme … Je passerais davantage pour un donneur de leçon ou pour un bon samaritain qui parle beaucoup et ne fait rien.

Mais il y a quelques semaines, j’ai enfin mis le doigt sur LE truc qui me permettra de m’accomplir en tant que journaliste.

La suite demain !

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