ce qu'on ressent en tuant quelqu'un

[Edit suite aux commentaires : je n’ai pas écrit cet article dans le but de faire le buzz, de faire du sensas’ et de vous en mettre plein les yeux. J’ai écrit cet article parce que j’ai été confronté à un problème moral et que je n’ai toujours pas la réponse à la question : Qu’est-ce que j’étais censé faire ?

Si j’avais voulu faire un buzz, j’aurais trouvé un autre sujet qui aurait suscité l’admiration de tout le monde (mon enquête sur le narcotrafic me le permettrait). Pas un sujet et un article dont je sais très bien la portée et les implications: la possible mort de mon projet de par la condamnation et la désolidarisation que cela pourra engendrer.]

Suite au déferlement de protestations, j’ai donc réécrit l’article. J’assume tout à fait le fond – je ne fais que changer la forme. Car il avait été écrit à 2h du mat’ sur un coup de tête, que beaucoup de formulations laissaient place à une mauvaise interprétation et surtout, parce qu’il manquait beaucoup d’informations.

[Lire l’article original]


Pourquoi je vais parler de moi et pas de lui

Dans les commentaires, Piotr m’a reproché ouvertement de « violer [la] mémoire » de cet homme « avec un titre racoleur », en rajoutant que ces mots ne sont pas dignes de sa mémoire.

Je réponds : c’est sur Mediareporter qu’on lit les articles, les portraits, et les histoires des autres. Le blog du voyage, c’est mon blog, celui où je raconte les coulisses de mes reportages, mes doutes, mes faiblesses, ce qui passe par ma tête. Si j’ai créé deux sites, c’est bien pour faire la distinction entre l’être humain / voyageur confronté à ce qu’il vit, et le journaliste qui raconte des faits qui sont extérieurs à lui.

Ce billet ne concerne pas XXX. Il me concerne moi, face à lui.

Son histoire, sa vie, sa mémoire, c’est sur Mediareporter.fr qu’ils seront.

Ce qu’il se passe dans ma tête, c’est sur le Blog du Voyage qu’on le trouve.


Pourquoi je l’appelle XXX

Parce que c’est lui qui me l’a demandé. C’est comme ça qu’il s’est présenté – une référence à un film d’action – et parce qu’il pensait que son histoire était celle d’un très grand nombre de Boliviens.


L’importance que j’accorde à la vie humaine et ce que je ressens aujourd’hui

Si j’ai pu réagir ainsi, c’est aussi parce qu’à mes yeux, la mort d’un homme n’est pas une chose si terrible. La mort fait partie des règles du jeu de la vie – autrement, notre existence n’aurait plus aucun sens. Bien entendu, s’il s’agit de la mort proches, je peux être terriblement affecté, triste et tout le tralala associé aux décès. Mais ce ne sera pas la mort de la personne que je déplorerai, sinon son absence, et les conséquences de sa disparition.

Mais dans l’absolu, je pense que la vie d’un être humain n’a pas plus de valeur que celle de n’importe quel animal ou plante verte.

Je ne veux pas dire par-là que la vie n’a aucune valeur. Mais la sacralisation que notre société fait de la vie humaine n’est, à mon sens, pas saine. Dans beaucoup d’autres cultures, les funérailles sont l’occasion de festivités joyeuses, aux couleurs vives, avec des chants gais et enjoués. La mort est un évènement unique et, dans le cas de XXX, j’ai tout simplement accepté de l’accompagner dans ce moment, pour lui permettre de mourir avec le sourire aux lèvres, et non dans la solitude. J’ai accepté le fait de le laisser partir suivant sa volonté.

Je n’ai ressenti aucune tristesse au moment de sa mort, car je l’acceptais, car je pensais que c’était ainsi mieux pour lui. Sa mort était tout sauf banale : et, à mes yeux, lui offrir l’opportunité de partir en étant heureux à ce moment précis, est l’essence même de l’humanité. La capacité au bonheur : voilà ce qui devrais guider chaque personne dans sa vie et dans sa mort selon moi. Le fait de ne rien ressentir de spécial n’était pas pour moi une façon de le déshumaniser, mais de dire : « je suis heureux qu’il puisse mourir le sourire aux lèvres ».

J’aurais perdu mon humanisme ou mon humanité parce que j’ai accompagné quelqu’un dans la mort sans rien faire pour l’en sortir ? A mes yeux, les hommes les plus humains ne sont pas ceux qui essaient de sauver à tout prix toutes les vies qu’ils peuvent croiser. Ce sont ceux qui savent accompagner les choix qu’un être humain fait pour être heureux – l’aiguiller lorsqu’on pense qu’il se trompe, ou accepter son choix lorsqu’il n’y a plus vraiment d’espoir.


Ce qu’il s’est passé très exactement

A La Paz (Bolivie), il existe des lieux dans lesquels les Boliviens peuvent se rendre, demander « une suite royale » ou une « chambre rouge » – et s’y laisser mourir.

On appelle ces lieux Les cimetières des éléphants.

Les clients entrent dans une pièce où se trouve un tonneau rempli d’alcool à 96°C; un garde verrouille la porte derrière eux, et ne la rouvre que pour ramasser le cadavre du client, qui a littéralement bu jusqu’à la mort. Coma éthylique, attaque cardiaque, froid, kyste fatal ; peu importe, du moment qu’ils passent dans l’autre monde. Cela peut durer deux heures, deux jours, ou même deux semaines. Peu importe : une fois qu’on y rentre, on en sort que mort.

J’ai commencé à enquêter sur ce sujet fin-novembre et, mi-décembre, après avoir rendu aux Alcooliques Anonymes de La Paz, j’ai fini par trouver un endroit où plusieurs de ces cimetières existent.

Au départ, j’ai commencé à visiter tous les « bars » clandestins dans lesquels on peut aller boire de l’alcool à 96°. Pour parler avec les clients, avec les tenanciers, comprendre un peu le contexte social et savoir ce qu’il se passe dans la tête des alcooliques – et essayer de répondre aux questions:
– « Qu’est-ce qui pousse un être humain à franchir le seuil de l’un de ces cimetières? »
– « Les tenanciers de ces lieux-là sont ils des criminels coupable de non-assistance à personne en danger (une notion qui, à ma connaissance, n’existe pas dans le droit bolivien) ? »
– « N’exerceraient-ils pas plutôt une certaine forme de contrôle social ? »
– « Quelle part de responsabilité a la société dans l’engendrement de tels lieux ? »
– « Pourquoi personne ne semble être choqué par le fait que ces cimetières existent ? Pourquoi personne ne cherche à faire fermer ces lieux ? »

A force de trainer dans ces bars clandestins pendant une semaine, j’ai fini par rencontrer un groupe de trois hommes, avec lesquels j’ai bavardé de tout et de rien pendant 2-3h. Ils ont fini par me dire qu’ils connaissaient quelqu’un qui n’arrêtait pas de leur rabâcher les oreilles avec son envie d’aller mourir dans l’une de ces « chambres rouges ».

On a commencé à parler de lui. Je m’étonnais : et vous, ça ne vous fait rien qu’il ait envie de mourir ? Vous n’avez pas envie de le raisonner ? Vous êtes ses amis, non ? Ca ne vous ferait rien qu’il aille au paradis ? J’étais excité par notre discussion car je touchais au cœur du problème – j’avais envie de comprendre cette indifférence chez les gens, savoir comment et pourquoi de tels lieux pouvaient exister. Et j’étais excité à l’idée de rencontrer quelqu’un qui voulait franchir la porte d’une « chambre rouge », car je pourrais, à travers lui, avoir une réponse à ses questions.

Ca ne veut pas dire que je ne ressentais rien.

Au contraire. A partir de ce moment, une question revenait en boucle : qu’est-ce que je suis censé faire si je rencontre ce type?

Est-ce que je dois essayer de le convaincre de ne pas y aller ? Lui raconter que la vie offre toujours des opportunités formidables aux moments où on s’y attend le moins ? Est-ce que je devais partir sans le rencontrer pour ne pas cautionner son acte ? Que lui dire ? Que j’avais envie de le voir mourir ? Que j’avais envie d’être témoin de sa mort ? Que j’allais écrire un article sur lui ? Que je voulais recueillir son témoignage avant qu’il ne meurt ? Qu’il ne fallait pas qu’il y aille ?

J’ai exposé ces questionnements et ces doutes à mes trois compagnons de table. Ils se sont bien marrés et m’ont répondu, en substance :
– « Arrête de te prendre autant la tête. Pour nous, l’existence d’un endroit pareil, c’est une bénédiction. Tu ne sais pas ce que c’est que de vivre une vie sans bonheur et, si on est là à boire plutôt que six pieds sous terre, c’est tout simplement parce qu’on a pas les couilles d’en finir et qu’on préfère se lamenter sur notre sort tous les jours ».

Quelques heures après, XXX a fini par arriver.
Nous avons parlé. Beaucoup.
Pendant très, très, très longtemps.

Il me racontait sa vie. Ses déceptions, sa misère, sa détresse, et sa solitude, surtout. Il me disait qu’il ne savait pas à quoi le bonheur ressemblait, que la vie dans laquelle Dieu l’avait foutu devait être un Enfer pour des pêchés qu’il avait commis dans sa vie antérieure. Souffrance, tous les jours, je souffre et j’en ai marre, j’ai mal et je veux en finir. Une douleur poignante, horrible, quotidienne, qu’il n’arrive à apaiser qu’avec l’aide de l’alcool. Une société dans laquelle il n’existe quasiement aucune infrastructure pour venir en aide aux gens comme lui. Qu’aucune personne n’accepterait de l’embaucher à cause de son illétrisme et de son apparence ; car il n’y a pas d’emplois pour les gens pas qualifiés, car les seuls boulots qu’il aurait pu trouver auraient été des petits boulots de merde qu’il aurait du lui-même inventer, du genre, voler des ballons de football à des gamins pour les revendre dans la rue, faire les poubelles et revendre ce qui est réutilisable. Il ne pouvait toucher aucune aide. Les centres d’hébergement d’urgence n’existent pas en Bolivie pour les gens comme lui. Le reste de la société ? Teintée de mépris et d’un racisme très fort.

Et tout d’un coup, sans crier gare, au beau milieu de l’histoire de sa vie, il me lance :
– « Bon, on y va ? »
– « Euh .. Où ça ? »
– « Dans la chambre rouge. J’ai envie d’y aller, maintenant. Tu viens ? »

Sur le coup, je n’ai pas su quoi répondre, complètement pris de court. Il a cru bon de rajouter :

– « Je ne pourrais jamais le faire sans toi. »

Ca m’a fait peur. J’ai temporisé en disant qu’il fallait qu’on finisse nos « verres » (ou plutôt, nos fioles). Je lui ai demandé s’il aurait eu envie d’aller dans la « chambre rouge » si je n’avais pas été là. Voici ce qu’il m’a répondu (en substance) :

– « J’y serais allé un jour ou l’autre. Ca fait deux ans que je ressasse l’idée et tu vois, j’attendais le bon moment. Ma vie a été de la merde pendant 29 ans alors, au moins, j’ai envie de finir en beauté. Je sais que j’ai envie d’en finir avec ces petites fioles – parce que ce sont les seules choses pour lesquelles je peux ressentir un semblant d’amour. J’ai jamais eu de femmes. J’ai pas d’argent pour me payer des putes. Les seules qui m’aiment sont ces petites fioles.
Y’a plus rien qui m’attend dans la vie. J’ai personne et j’ai aucun avenir.
Je me suis toujours senti inutile pour la société. Et je sais qu’aller débarrasser la société de ma présence, est la seule façon que j’ai de me rendre utile pour les autres.
Et puis, le fait que tu sois là aujourd’hui, pendant les fêtes de Noël, c’est comme un signe envoyé par dieu. Tu vas écrire mon histoire. Je deviendrai immortel grâce à toi. Des gens vont lire mon histoire, à l’autre bout du monde ! Et putain, rien que d’y penser, ça me rend heureux. J’ai envie d’aller dans une chambre rouge maintenant parce que je me sens heureux et je sais que je partirai avec le sourire aux lèvres. »

Le fait qu’il m’ait dit ça m’a beaucoup touché. J’ai ressenti un mélange de peur et de fierté à l’idée de pouvoir l’aider à être heureux dans ses derniers instants; un conflit moral entre la responsabilité que j’aurais si je l’accompagnais, et la responsabilité que j’aurais dans sa tristesse future, sa solitude et sa mort prochaine si je décidais de partir.

Et puis surtout, maintenant que j’avais le pied dans le plat depuis plus de six heures, comment partir ?

J’ai décidé de lui raconter ma vie à moi. Et la vie de Fernando, un ancien alcoolique, aujourd’hui responsable de district chez les Alcooliques Anonymes de La Paz. Le parcours de Fernando est exemplaire: 24 années de sa vie passées dans l’alcool et aujourd’hui, une vie retrouvée, 9 ans d’abstinence, une femme, et une vie heureuse.

Raconter tout ça à XXX n’a fait que le rendre encore plus triste.

– « Ce genre de trucs ne va jamais m’arriver. Je ne pourrais jamais mettre les pieds chez les Alcooliques Anonymes parce que moi, tu vois, je ne suis pas alcoolo. J’ai CHOISI de boire, parce que j’AIME ça. C’est pas une maladie, c’est mon plaisir, le seul que j’ai, et personne ne m’enlèvera ça. »

Sans ma présence, XXX aurait, selon ses propres dires, continué à vagabonder; et serait mort de froid ou mort d’un coma éthylique un jour ou l’autre comme des centaines d’autres chaque année. Ni famille, ni amis, ni foyers, illettré, seul au monde – à ce moment précis, il n’avait que moi.

Alors, je l’ai accompagné. Nous sommes allés ensemble vers la chambre rouge; il est entré, et moi, je suis resté face à la porte. Nous avons continué à parler pendant plus de dix heures à travers cette porte; parfois, le garde venait pour voir si tout se « passait bien ». Nous avons parlé de tout et de rien; et je lui ai tenu la main, pendant qu’il se tuait à petit feu avec un tonneau à 96°.

XXX a fini par ne plus parler et moi, j’ai fini par m’endormir.
Devant cette porte.

Et quand le garde m’a réveillé, XXX était mort. Il avait encore les yeux ouverts et il avait un étrange rictus aux lèvres – comme un sourire.

Et lorsque je me suis rendu compte qu’il était parti, j’ai moi-aussi souri.

Il avait l’air heureux.

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Journaliste indépendant

48 Comments

  1. Je comprends parfaitement ton désarroi et n’ai qu’une chose à te dire. Tu as conscience de ne pas être affecté par sa mort comme tu penses qu’il faudrait l’être (et d’abord qui décide de la façon dont la mort d’un autre être humain doit nous affecter? Pourquoi devrions-nous être tous égaux sur ce point?), donc c’est cette conscience qui lui rend hommage, qui voit en son geste ce geste que tant parmis nous nous avons réflechis au moins une fois, quand la vue ne semble pas avoir de sens, quand on ne voit pas ce à quoi l’avenir pourrait ressembler…

    tu as l’honnêteté de reconnaître ta différence sur ce plan, et tu ne me choques aucunement. Et tu n’es pas le seul dans cette situation. Tu penses qu’on verses une larme à chaque fois qu’un homme meurt de faim sur cette planète? Ça ne nous empêche même pas de finir notre dessert c’est pour dire. Et cela dans l’indifférence générale. Alors que là, tu as la possibilité de rendre hommage à cet homme, qui ne sera plus un homme parmi les autres, un mort comme tant d’autres. Ça sera une personne, avec son hisoire, sa trajectoire, sa vision de la vie. Et lui rendre hommage en écrivant sur lui est tout simplement le plus beau des gestes à faire pour soulager ta conicence je pense…

  2. Quatre points

    1/Hum… Je ne vais pas répondre à chaud, parce que je vais être violent et désagréable (très). Voir /3, par exemple.
    2/Juste un conseil. Avoir écrit cet article est une connerie, et une grosse (passons sur le contenu et la manière d’avoir cherché/provoqué le sujet, voir point 1/). Tu devrais l’enlever du net rapidement. J’argumente pas plus, à toi de voir tu es prêt à assumer un truc dans ce genre et les tempêtes qui risque de déferler à sa suite…
    3/ »Mais dans l’absolu, je pense que la vie d’un être humain n’a pas plus de valeur que celle de n’importe quel animal ou plante verte. »
    Mais comment peut-on être (ou se prétendre) journaliste et sortir des trucs comme ça ?
    4/Eventuellement, je me demande si ce n’est pas du bluff pour amener des questions difficiles sur la table, en leur donnant la charge émotionnelle nécessaire pour que les gens s’y intéressent. Après tout, tu avais annoncé un gros truc pour début 2012, et on y est. Ceci étant, si c’est ça, c’est de très mauvais goût…

    • « Mais dans l’absolu, je pense que la vie d’un être humain n’a pas plus de valeur que celle de n’importe quel animal ou plante verte.  »

      Cela est pourtant une réalité pour toute une partie de la population de cette planète. Cela ne veut pas dire que nous accordons trop d’importance à la vie humaine, mais surement pas assez aux autres vies, qu’elles soient animales ou végétales.

      Je te trouve très virulent, je ne pense pas qu’une telle réflexion mérite une telle violence…

      • Virulent ? Oh que oui, et encore, si tu savais comme je me retiens. C’est le genre de truc qui me fait m’interroger sur les limites de ma non-violence, ce genre de lecture…
        Et j’assume complètement. Sortons les gros mots: morale, éthique, valeurs. Dans mes valeurs, cad la ligne de fracture entre le bien et le mal, le respect absolu de toute vie humaine est au dessus de tout le reste (juste au dessus de « On ne fait jamais de mal à môme »). On ne joue pas avec la vie des gens, jamais. Jamais.

        Alors, oui, les plantes et les animaux, c’est important, certes, mais infiniment moins. En particulier parce qu’il y a trop de gens qui planquent derrière ça pour bichonner leur animal domestique et ne bouge pas le petit doigt pour éradiquer la misère et la faim dans le monde (entre autres nombreux exemples).

        Donc, oui, ce genre d’argument, dans le texte de Chris, ça provoque en moi une colère dont j’avais oublié être capable.

        Qu’il ait un dilemme moral à gérer, je comprends. Sauf que 1/c’est une énorme connerie de le mettre sur la place publique (cad ici) 2/Il aurait dû gérer ça en amont, putain, avec ses proches, pas après et 3/surtout, surtout, le ton employé est d’une froideur qui me glace. Un type qui écrit ça me ferait presque peur…

        • Mais ne te retiens pas, déverse tout ce que tu as à dire. Et, surtout, dis-moi où j’ai été irrespectueux de sa vie ? Pour reprendre ce que j’ai dis plus bas, tu ne crois pas qu’une leçon moralisatrice assenée à ce type aurait été beaucoup plus irrespectueuse ?

          Les Alcooliques souffrent d’un énorme problème d’incompréhension et de solitude. C’est aussi pour ça qu’ils se réfugient dans la boisson et boivent avec d’autres Alcoolos, et rompent les liens avec la famille.

          Où as-tu vu que je me planquais pour ne pas bouger le petit doigt ? Si j’avais voulu l’empêcher d’entrer dans une chambre rouge, je n’aurais pas valu mieux qu’un moralisateur ou un « gentil blanc-bec qui sait ce qui est bien et ce qui n’est pas bien ». Je pense que la meilleure preuve de respect et d’humanité était de le laisser libre de choisir la mort qu’il souhaitait et SURTOUT, SURTOUT, une mort qui lui permette de partir avec le SOURIRE AUX LEVRES.

          Quand à la froideur, heureusement que j’en suis capable, autrement, dans quel état crois-tu que je serais ? Et pour mes proches : non. Car je sais qu’ils me brosseront dans le sens du poil. J’ai essayé et ça n’a pas marché.
          Chris Dernier billet publié : J’ai tué un homme, et je ne ressens rien.My Profile

          • Ecoute, Chris, il est trois heures du mat’ ici, je viens de passer une heure à peaufiner un message à ta réponse à mon post que je n’enverrais pas, parce qu’un forum ou des commentaires de blog ne se prête pas à ce genre de sujets très chargés en émotion, et parce que je n’arrive pas sereinement à mettre les mots que je veux sur ce que je ressens en lisant ton article.

            Donc, une réponse détaillée, plus tard, quand la colère sera retombée, sinon je vais finir par traiter ton article de saloperie sans nom (c’est pas l’envie qui me manque, en ce moment) et toi, de gros connard, et j’ai encore un espoir que ce soit faux, pour ce dernier point.

  3. Personnellement, et ce n’est que mon point de vue: ON NE JOUE PAS AVEC LA VIE DES GENS…. et ce de quelques manières que ce soit, de près ou de loin, qu’on les connaissent ou pas….Je ne te juge pas, mais j’estime que cela n’a absolument rien de réjouissant que de lire un tel article… Après l’avantage pour toi c’est qu’il risque de faire parler, de créer du scandale et que le scandale est toujours vendeur.. MAIS C’EST UNE LIMITE QUE JE REFUSE ET REFUSERAI DE PASSER par respect pour les êtres humains. Il faut penser à une chose: combien de personnes on voulu, voir tenté de se suicider, et l’on regrettés par la suite car ils se sont rendus compte que la vie avait encore beaucoup à leur offrir?????
    tunimaal Dernier billet publié : Interview Cosplay: Coh la débutante – 21 Août 2011My Profile

  4. La théorie veut qu’un journaliste n’intervienne pas et ne soit là que pour relater. Pour autant, un être humain se doit d’intervenir dès lors qu’il en voit un autre en danger (ce qui ne l’empêche pas d’intervenir non plus s’il voit un animal en danger !). Ce n’est pas pour rien si la photo de frank fournier (la gamine en train de mourir dans la boue) a fait un si grand scandale : il ne s’agit plus de faire les constats de la famine, ou de la maladie, mais bien d’assister à la mort de quelqu’un alors même que celle-ci ne parait pas inéluctable. Il semnle qu’elle n’aurait pas pu être sauvée, mais fallait-il quand même la photographier ? (vu le portfolio du type, je crois que c’est bien la mort prochaine qui lui plaisait, le vautour)

    Maintenant, tu le dis toi même, le fait d’être un témoin te donne un rôle dans l’histoire. Est-ce que sans toi il serait passé à l’acte ?
    Ce que je me demande, c’est pourquoi avoir pris le sujet sous cet angle. Pourquoi ne pas l’avoir raconté à l’envers ? Un mec déjà mort dont tu retraces les derniers jours, dont tu rencontres les proches, etc. ou même le portrait d’un des mecs qui ramassent les corps… Moins sensationnel, mais pas moins intéressant, et pour le coup tu n’influences pas les évènements.
    Oreille Dernier billet publié : Faire son sac photo pour un voyage : cas pratiqueMy Profile

  5. « Mais mon regard et ma présence, à eux seuls, jugeaient et influençaient la situation. » Principe d’incertitude d’Heisenberg appliqué au journalisme.

    Pour ce qui est de ton acte, je cite la première loi d’un auteur de science fiction, Asimov :
    « Un robot ne peut porter atteinte à un être humain, ni, restant passif, permettre qu’un être humain soit exposé au danger. »

    Un robot aurait sans doute fait plus de preuve d’humanité que toi dans ce cas là. S’il y a une limite dans le sensationnel, j’ai peur que tu l’ai franchie Chris. La volonté de se suicider peut passer avec des mots, ton silence, ton « excitation » ont sans doute donner du poids à ce choix qui n’est pas « courageux » comme tu le dis. Certains se soutiennent mutuellement dans cette décision sur internet et on assiste à des drames. Ici, ce fut la fuite… qui te dit que ce jeune homme n’aurait pas changé d’avis après quelques discussions et un bout de chemin avec toi pour voir le monde sous un autre jour ? Quel article aurais-tu pu écrire, avec quelle force à l’idée d’avoir faire remonter la pente à un homme. Lui-même aurait pu aider quelqu’un en retour ?

    La mort fait certes partie de la vie mais la vie doit être par dessus tout préservée.

    Je crois que tu devrais relire cet article et t’interroger sur son angle d’attaque, sur ton choix des mots avant que la polémique n’enfle. Il y a matière à « de la non insistance à personne en danger »

    « Et, dans le cas de XXX, ça me dérange un peu.
    Parce que j’ai l’impression d’avoir sa mort sur la conscience.
    Parce que je ne ressens aucune culpabilité pour cette responsabilité. »
    Être en mesure de comprendre, partager voir soulager la souffrance d’autrui c’est de la compassion Chris.
    C’est ce qui nous rend humain.

    Poste-toi une dernière question.
    Tu ne connaissais pas cet homme.
    Imaginons maintenant qu’Aline de Nowmadnow tombe dans la dépression et qu’un « Chris » se trouve aussi sur le chemin pour l’accompagner vers la mort sans la stopper, comment réagirais-tu ?

    Est-ce plus simple de l’avoir laisser mourir parce qu’au final il t’était étranger ?
    Piotr Dernier billet publié : Regard sur 2011 de Prague (article critiqué par son auteur)My Profile

  6. Je pense que tout a été résumé. Je pense que cet article te posera beaucoup de préjudices si tu le garde.

    Après tu dis que la vie d’un homme n’a pas plus de valeur qu’une plante ou un animal. Juste par curiosité es-tu ne serais-ce que végétarien.

    Apres perso, je pense que chaque vie n’a pas la meme valeur mais aucune ne vaut moins qu’un article qui va forcément être entaché par cette histoire. J’avoue que ce penchant pour le sensationnel risque de te jouer des tours.

    Tu as pas idée à quel point je modère mes propos car je t’avoue que j’ai une certaine sensation de dégout à ton égard en ce moment….
    Adil Dernier billet publié : Shanghai la lumineuse + Bilan de la Chine.My Profile

  7. Sensationnel ?

    @ tous : je n’ai pas écrit cet article dans le but de faire le buzz, de faire du sensas’ et de vous en mettre plein les yeux. J’ai écrit cet article parce que j’ai été confronté à un problème moral et que je n’ai toujours pas la réponse à la question :

    Qu’est-ce que j’étais censé faire ?

    Si j’avais voulu faire un buzz, j’aurais trouvé un autre sujet qui aurait suscité l’admiration de tout le monde (mon enquête sur le narcotrafic me le permettrait). Pas un sujet et un article dont je sais très bien la portée et les implications.

    @ Emilie : merci. C’est aussi comme ça que je vois les choses.

    @ GF :
    1/ Vas-y, balance. Je dirais même : s’il te plait.
    2/ Non. J’assume tout à fait mes actes, mes écrits, et le passé. Je sais très bien ce que ça peut / ce que ça va délencher et … Je m’en fous, du moment que j’ai la réponse à ma question. Dans ce cas si, je me moque du jugement, du regard des autres, du danger que cet article représente pour mon projet et de la désolidarisation que ça risque d’engendrer, pourvu qu’on réponde à ma putain de question de morale qui me hante depuis deux semaines. S’il y a une tempête, j’assumerai, pourvu qu’elle me délivre.
    3/ Ben … Dis-moi pourquoi je ne pourrais pas sortir un truc comme ça ?
    4/ Non, c’est pas du bluff. J’ai vraiment laissé un mec mourir et je n’ai vraiment rien ressenti de particulier à ce moment-là, si ce n’est un certain soulagement pour lui. D’où ces problèmes moraux. D’où ces questions. Dis-toi que cet article est à mi-chemin entre une confession et l’appel à l’aide d’un mec qui se demande s’il est un monstre sans coeur.

    @ tunimaal :
    Ok, trois trucs :
    – Où tu as vu que je jouais avec la vie de quelqu’un ?
    – Fais attention aux mots que tu utilises : « je ne te juge pas, mais … ».
    – Tu me juges en postulant que je cherche à créer du scandale. Tu crois vraiment que je cherche à vendre un truc en écrivant ça ? Tu crois vraiment qu’on fait abonner des gens, qu’on fait adhérer à un projet et qu’on suscite l’enthousiasme en parlant d’avoir laissé quelqu’un mourir ?

    @ Oreille :
    Je serais le premier à intervenir si je voyais quelqu’un en danger. Oui Oui, ça m’est déjà arrivé quelques fois. Pour autant, je ne pense pas que XXX était « en danger ». Je pense que j’aurais du publier le grand reportage avant de publier cet article mais puisque c’est fait, je dirais que je rapprocherais ça de l’euthanasie. A quoi bon vivre une vie où tu ne fais que souffrir chaque jour qui passe, et que tu fais souffrir d’autres personnes pour alimenter cette souffrance ? Ce mec allait agresser deux-trois personnes par nuit pour se payer ses coups à boire quotidiens. Je ne dis pas qu’il méritait la mort pour ça. Je dis juste qu’au moment où je l’ai rencontré, je ne comprennais pas quel était le sens d’une vie dans laquelle toute notion de bonheur, voire même, dans laquelle tout espoir de bonheur avait disparu.

    (@ tous : ) Consulter un psy ? Chercher un médecin ? Appeler un flic ? On est en Bolivie, les choses sont différentes ici, ce n’est pas la France, ni l’Europe, ni rien d’autre. Ce mec n’avait ni espoir de sortie, ni avenir. Qui suis-je pour dire un truc pareil et le juger ? « La vie a encore beaucoup à offrir » ? Putain, arretez avec ces formules toutes faites. Certaines personnes n’ont plus rien à attendre de la vie et en l’occurence, XXX ne savait ni lire, ni écrire, n’avait aucune famille, aucun ami, et son foyer était le bar dans lequel il buvait. Il y vivait littéralement depuis trois ans et n’en sortait que pour aller trouver de l’argent dans la rue. Le conduire chez les Alcooliques Anonymes ? Non, ça ne marche pas. J’ai rencontré les Alcooliques Anonymes avant de rencontrer XXX, et ils me disaient très bien que eux-même n’allaient pas chercher les gens dans la rue mais attendaient qu’ils viennent à eux.

    @ Oreille (suite) :
    Je ne pouvais pas le raconter à l’envers : les morts ne laissent pas de trace dans les cimetières. Leurs papiers sont revendus au marché noir aux mafias du narcotrafic, les mecs qui ramassent les corps dans la rue ne sont personnes d’autres que les policiers (qui s’en foutent royalement des mecs qu’ils ramassent et qui les auraient volontiers abattus eux-même si on le leur avait demandé, pour faire du « nettoyage » comme ils disent), le ‘garde’ qui verrouille la porte d’entrée du cimetière ne tolérait ma présence que parce que XXX la réclamait.

    @ Piotr :
    XXX n’était pas exposé au danger. Il était exposé à une souffrance continuelle.
    Du sensationnel ? Voire mon commentaire plus haut.
    Pourquoi la vie devrait être par-dessus tout préservée ? C’est ça que j’essaie aussi de comprendre. C’est le même débat que pour celui de l’euthanasie: une vie où tu ne fais que souffrir, à quoi bon ? Parce qu’il y a toujours un espoir de sortie ? En l’occurence, non. Ce mec n’avait plus aucun espoir et ça, j’en suis certain. C’est aussi pour ça que j’ai écrit le portrait d’un autre mec qui lui, s’en est sorti – voir sur Mediareporter.fr.

    J’assume parfaitement cet article – et j’aurais envie de rajouter que la « non-assistance à personne en danger », qui est une mesure / une loi que je trouve formidable, serait une vision très franco-française d’une réalité qui a un tout autre contexte culturel.

    Les cimetières des éléphants seraient donc des abattoirs qu’il faut à tout prix fermer ? De mon point de vue, ils ont davantage l’air de lieux de contrôle social et de libération.

    La comparaison avec Aline (la pauvre …) ne tient pas la route. Il ne s’agit pas de dépression, mais d’un mal-être sans aucune porte de sortie.

    Et, oui. C’était plus simple de le laisser mourir parce qu’il m’était étranger.

    @ Adil :
    Mais je t’en pris, balance tout ce que tu as sur le coeur, cet article est là pour ça. Non, je ne suis pas végétarien, je n’aurais aucun problème pour égorger une poule pour la manger ou pour tuer un homme si c’est pour me défendre. Comme tu dis, je pense également que chaque vie n’a pas la même valeur. Et tu te contredis toi même: tu parles d’un article entaché par cette histoire, et de mon penchant pour le sensationnel.

    Tu ne crois pas que si j’avais voulu jouer au mec sensationnel, j’aurais choisi un autre sujet ? On fait du sensationnel pour attirer – et dans mon cas, quel intérêt aurais-je eu à attirer des gens qui me condamnent comme tu le fais ? Tu ne crois pas que je suis en train de mettre en danger mon projet, qui aurait bien pu se passer d’une telle publicité ? Mediareporter ne peut fonctionner que grâce à l’adhésion d’un grand nombre de personne ; or, là, je ne fais que m’attirer les foudres de mes lecteurs qui, comme toi, peuvent ressentir une certaine sensation de dégoût. Partir. Ne plus revenir sur ce blog et sur ce site – et, de fait, condamner le projet Mediareporter à la mort.

    Mais je m’en fous.

    Parce que la question morale que je me pose est, aujourd’hui, beaucoup plus importante que tous les succès professionnels que je pourrais avoir. Parce qu’elle me hante et parce que j’ai besoin d’avoir une réponse.
    Chris Dernier billet publié : J’ai tué un homme, et je ne ressens rien.My Profile

    • Tu as laissé un mec mourir pour « l’excitation » du sujet.
      Tu nous fait part de ton « problème moral », lequel Chris ?

      T’en foutre totalement, nier que tu as aidé sa mort d’une manière
      Te dédouaner en disant que de toute façon, limite, c’était un déchet
      Gagner ou non des lecteurs en écrivant cet article ?

      Tu cherches, quoi, l’absolution ?

      Chris, on ne parle pas des mots, ni de l’article, on parle de la valeur d’une vie humaine… et à tes yeux, celle-ci vaut moins que tes mots. Car ici, tu nous réponds, lui, il est mort, il n’aura jamais de réponses.

      Si ta question était « suis-je devenu assez immoral pour être un jour un « bon journaliste ? »
      Oui, sans doute…
      Mais tout « bon journaliste » est-il à ce point privé de compassion ?

      Je crois que tu as fait une grosse erreur en publiant cet article car tu as pris part à quelque chose d’intime. Il t’a offert sa vie pour vivre aux yeux de quelqu’un. Pour que son acte ait un sens. Toi, tu renies au final son don. Il ne t’a même pas inspiré pour en faire un « bon article ».

      Tu sais pourquoi tu ressens de la culpabilité à ne rien ressentir ?
      (Re)lis Le portrait de Dorian Gray, oeuvre fictive ou tu trouveras une réponse. Lui aussi était privé de compassion. Il a tout détruit sur son passage.

      Je ne sais pas ce que tu cherches à gagner en écrivant ceci. Je ne sais même pas quoi dire d’autre. J’ai peur en lisant tes mots Chris.

      J’ai l’impression que tous tes futurs articles seront tracés avec des mots dont l’encre sera faite du sang de ceux pour qui tu n’auras eu aucune considération. Je suis consterné d’avoir lu les mots de quelqu’un à qui j’associais des valeurs de courage, d’obstination, d’humanité que j’aurai aimé posséder.

      Je crois que je ne pourrai plus te lire Chris sans devenir un complice silencieux de ton désir d’accomplir tes rêves coute que coute.

      En publiant cet article, tu fais bien pire que de « t’en foutre ».
      Tu nous associes à cet acte.
      Il aurait été plus humain de garder pour toi le « trouble » qui t’animes quant à ton manque de considération pour la vie humaine.
      Non, il a fallu encore que tu l’exhibes et que tu nous demandes à nous, une réponse !
      Piotr Dernier billet publié : Regard sur 2011 de Prague (article critiqué par son auteur)My Profile

    • Ok, trois trucs :
      – Où tu as vu que je jouais avec la vie de quelqu’un ?
      – Fais attention aux mots que tu utilises : « je ne te juge pas, mais … ».
      – Tu me juges en postulant que je cherche à créer du scandale. Tu crois vraiment que je cherche à vendre un truc en écrivant ça ? Tu crois vraiment qu’on fait abonner des gens, qu’on fait adhérer à un projet et qu’on suscite l’enthousiasme en parlant d’avoir laissé quelqu’un mourir ?

      Pour te répondre :
      -je t’ai dis, et ce dès le début de mon commentaire, qu’il s’agissait de mon avis personnel. Donc oui j’estime que tu as joué avec la vie d’une personne. C’est ce que ton écrit me fait ressentir. Et si tu estime que ce n’est pas le cas c’est que tu as commis des erreurs de rédactions. Ton écrit, pour moi, me faire ressentir que tu as trouvé une personne suicidaire mais pas décidée, et que ta présence l’a poussée à l’acte, et que tu ne l’as pas aidé dans le but de ton article. C’EST MON RESSENTIS qui est induit par ton écrit….

      – Je fais attention aux mots que j’utilise justement. Je ne te juge pas, je te donne juste mon ressentis. Pour moi il s’agit d’une limite, ce que tu décris dans ton article, que JE ne franchirais pas. Après en aucun cas j’ai dis que tu étais une mauvaise ou une bonne personne. Je dis juste mon ressentis à la fin de la lecture de ton article.

      – Si c’était vraiment pour poser une question profonde il fallait le mettre dès le début. Je ne pense pas être le seul à avoir compris la chose dans le sens où je l’ai compris. Et si l’interprétation que l’on en à ne te semble pas juste, c’est que tu n’es pas arrivé à faire passer le message que tu voulais faire passer. Sur un sujet tel que la mort, le suicide et ce genre de chose, c’est très risqué d’écrire avec l’angle d’écriture que tu as utilisé. Plusieurs passage de ton article laisse le champ libre à une mauvaise interprétation. Si plusieurs personnes t’ont conseillées d’enlever cet article c’est qu’il y à une raison.

      Après je comprends le fait que tu veuille évacuer cette situation que tu as vécu. Mais j’aimerais vraiment connaitre les détails exact de ce que tu voulais retranscrire par les mots que tu as choisis.

      Et je le répète je ne te juge pas, je fais que te dire mon ressentis à la lecture de ton article. Et si mon ressentis est décalé par rapport à ce que tu voulais faire passer comme message c’est que tu n’as peut-être pas choisis les bonnes formulations.
      tunimaal Dernier billet publié : Interview Cosplay: Coh la débutante – 21 Août 2011My Profile

  8. Ton histoire est invraisemblable, j’ai envie de te dire « allez arrete, tu bluff, c’est une blague ! »
    Je trouve que tu as voulus jouer au jeu dangereux du paparazzi en voulant faire un article à sensation, et que tu t’es fais prendre à ton propre jeu.

    A te lire j’ai l’impression que tu as perdu toutes notions essentielles à la vie, mais je ne sais pas laquelle : ton humanité ? Ton empathie ? Ton manque de recul ? ta foi ?

    On croirait lire un psychopathe  » Je n’accorde pas à la vie humaine autant d’importance que la plupart des gens le font. »

    Jespere juste ne pas etre en difficulté un jour dans ma vie et n’avoir que ta main pour m’accompagner ou m’aider…

    Etant un professionnel de la santé, et en ayant accompagné des personnes jusqu’à la mort, tes propos me choquent.Ton indifference me choque , ton manque d’empathie me choque, ton individualisme me choque.

    Ne rien faire pour sauver une vie c’est de la non assistance à personne en danger quoi que tu dises, tu aurais du tout faire pour sauver cette personne.
    Des mots sur les maux suffisent parfois, écouter, prendre la main, aider, sont des valeurs qui font de nous des êtres humains, et non des plantes vertes justement.

    Ne rien dire, ne rien faire et du coup être spectateur de ce spectacle macabre etait la pire des solutions . Tu aurais du choisir plutot entre partir ou de l’aider à se relever .

    Je suis un lecteur silencieux, et je ne pensais pas que mon 1er commentaire sur ton blog serait sur un article comme celui la …

  9. @ Piotr:

    Je n’ai pas laissé mourir un mec pour l’excitation du sujet. L’excitation, je l’ai eu au moment où on m’a annoncé qu’un mec voulait franchir la porte de l’une de ces chambres rouges. Elle est rapidement partie pour faire place à la question : « putain, qu’est-ce que je fais maintenant ? »

    Où est-ce que tu as vu que j’étais privé de compassion ?

    Tu ne penses pas qu’au contraire, la compassion, c’est d’avoir été là pour assister à ses derniers instants et lui permettre d’avoir les seuls instants de bonheur qu’il a connu ces vingt dernières années ? Et surtout: lui permettre de ne pas mourir seul ?

    Ma question est : qu’est-ce que j’étais censé faire ? Réponds-moi, Piotr, qu’est-ce que j’étais censé faire ?

    L’article qu’il m’a « offert », je ne l’ai pas encore publié. J’ai écrit ce post parce que j’en pouvais plus et je n’en dormais plus. Accomplir mes rêves coûte que coûte ? PIOTR, en publiant cet article, je mets en DANGER mon projet et si je l’ai publié, c’est parce que j’ai BESOIN d’entendre votre voix.

    Mon manque de considération pour la vie humaine ?
    Alors, j’aurais du partir et le laisser dans son trou ?
    Ou essayer de l’emmener chez les Alcooliques Anonymes ?

    Ce n’est pas de sa vie que « je m’en fous » !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!! Bordel, si je n’accordais aucune importance à sa mort et à sa vie passée, tu crois que j’aurais publié ça ? Je l’ai vu mourir sous mes yeux et au moment précis où il est mort, je n’ai rien ressenti. Ca ne veut pas dire que je n’ai aucune compassion !! Ca ne veut pas dire que je n’ai aucune considération pour la vie humaine ! A mes yeux, c’est le CONTRAIRE – putain, Piotr, ce mec, j’ai jamais dit qu’il était un déchet, j’ai dit qu’il n’avait JAMAIS connu le bonheur ces vingt dernières années !!!!!! Et un mec comme ça, qui te raconte sa vie, qui te raconte que les seuls moments où il peut sourire sont les moments où il boit – et qui te dit: « mec, grâce à toi, je suis heureux » et qui te remercie d’être là pour sa mort, putain Piotr, t’aurait fait quoi ?? Tu serais parti ? En sachant qu’il aurait fini par mourir seul, probablement mort de froid dans les rues de La Paz ? Dis-moi, Piotr, t’aurait fait quoi ? C’est ça que je veux savoir ! Tu ne crois pas qu’au contraire, donner un sens à la mort d’un homme et lui éviter de partir dans la solitude, c’est la meilleure preuve qu’on puisse avoir de la considération d’une vie humaine ????

    @ Tunimaal :

    C’est vrai qu’en me relisant, je m’aperçois que beaucoup de phrases peuvent être interprétées à contre-sens. J’ai écris l’article sur une pulsion nocturne parce que j’arrivais pas à dormir ; mais je ne sais pas dans quelle mesure j’ai le droit d’éditer cet article maintenant.

    @ Yo :

    Bonjour Yo,

    Si tu es un jour en difficulté dans ta vie, je pense que je serais heureux de t’aider de quelque manière que ce soit et je pense que tu apprécierais.

    J’aurais du tout faire pour sauver cette personne ?

    Les mots sur les maux, je les ai apposés. Ecouter, prendre la main, je l’ai fait. Nous avons passé 16 heures ensemble à parler, lui et moi. 16 heures. Tu crois que je n’ai rien dis ? Plutôt que de lui faire une leçon de morale (que j’aurais jugé déplacé) en lui disant : « la vie réserve énormément de choses encore! », j’ai préféré lui raconter ma vie et lui montrer qu’on peut changer les choses en prenant son destin en main.

    Mais lui, il n’avait plus de destin, ni d’avenir, et aurait fini mort dans la rue dans les jours, dans les mois, dans les années qui viennent. Partir ? Il aurait continué à vagabonder et serait mort de froid ou mort d’un coma éthylique un jour ou l’autre.

    Voilà ce que je me suis dit, Yo : la plus grande preuve d’humanité et de compassion que je pouvais témoigner, était de lui éviter la solitude au moment de mourir. Qu’en penses-tu ? Tu es un professionnel de la santé: tu ne penses pas qu’il n’y a rien de pire et de plus inhumain que de mourir seul, justement ? En partant, je l’aurais condamné dans sa solitude. L’aider à se relever ? Dans mon reportage, je vais inclure le portrait d’un type qui s’est relevé et que j’avais rencontré AVANT de rencontrer XXX. J’ai raconté la vie de Fernando à XXX. Mais leur deux situations étaient bien différentes et sa réponse quand j’évoquais les Alcooliques Anonymes: « et je vais faire quoi, si je n’ai plus l’alcool ? ». J’ai essayé de lui répondre mais je parlais à un mur. Que pouvais-je faire d’autre ? Dis-moi ? Tu ne penses pas que solitude au moment de la mort est ce qu’il y a de pire ?

    @ Romain :

    Bonjour Romain,

    « Le suicide est la forme ultime de la lâcheté » : c’est ce que je pensais avant de mettre le pied dans ces cimetières. Tu es bien prompt à juger – tu crois vraiment qu’avec un projet comme le mien, je serais du genre à cautionner la lâcheté ? Tu ne penses pas que je suis plutôt du genre à pousser les gens à se battre et à continuer à avancer sur le chemin de leur vie et, si ce chemin n’existe pas, les pousser à le créer de leurs propres mains ? Quand je parle de courage, je parle du courage qu’il faut pour arriver à pousser la détente ou prendre l’élan pour se jeter d’un toit.
    Chris Dernier billet publié : J’ai tué un homme, et je ne ressens rien.My Profile

    • « L’article qu’il m’a « offert », je ne l’ai pas encore publié. J’ai écrit ce post parce que j’en pouvais plus et je n’en dormais plus. Accomplir mes rêves coûte que coûte ? PIOTR, en publiant cet article, je mets en DANGER mon projet et si je l’ai publié, c’est parce que j’ai BESOIN d’entendre votre voix.  »

      Dans ce cas, il fallait écrire « son article » et pas le tiens.

      Tu en dis plus dans les commentaires que dans l’article lui-même Chris et avec un sujet aussi sensible ta démarche est plus que mauvaise. Je ne suis pas journaliste pro, je n’ai que 25 ans, je suis jeune, tu es jeune. Je pense que tu n’as pas encore les épaules pour de tels sujets car tu l’as très très mal abordé.

      Pour être honnête, je crois que tu ne peux être cet être insensible pour lequel cet article te fait passer car il est très très mal écrit. Le message est très mal perçu.

      J’aime à croire que ce que tu ressens actuellement est un vide intérieur face à l’absurde de la situation que tu as vécu et non une réelle et inhumaine absence de culpabilité.

      Rends toi compte que tu as accompagné quelqu’un dans la mort pour un article sans nous dire si tu as tenté, ne serait-ce qu’une fois, (d’après ce qu’il ressort de ton article) de lui fournir une autre vision des choses.

      Rends toi compte que tu nous demandes d’avoir de la pitié pour toi, toi qui ne semble pas transpirer la moindre once de ressenti pour celui qui est mort en face de toi alors que SON histoire à lui nous ait inconnu.

      Tu te justifies en affirmant que de toute façon, il semblait perdu. N’est-ce pas faire toi-même preuve de jugement ? Ou alors ces 16h de conversations avec lui justifient ton affirmation ?

      Un bon journaliste arrive à se décaler face au sujet.
      Ce n’était pas un malade en face terminale pour lequel tu ne pouvais rien, il y avait peut être un espoir infime et tu n’as rien tenté. Rien ou alors si peu.

      Face à toi, il pouvait être neutre par rapport à son vécu. Qui te dit que sur la route il serait retomber dans ses travers ? Peut-être que oui, peut-être que non. Tu/on ne saura jamais.

      Tu ne peux pas supprimer cet article.
      C’est trop tard.
      Tu peux t’excuser.
      Tu peux nous raconter qui était ce jeune homme.
      Tu peux nous parler de ses espoirs, ses peines, ses désillusions, son enfermement dans l’alcool, la fuite face à la souffrance. La sienne Chris, la sienne et non la tienne.
      Pas la question morale que tu nous jettes à la figure.

      Tu peux nous expliquer que tu l’as écouté et tente de le dissuader maladroitement de se donner la mort face à toi.

      Malheureusement tu ne pourras pas effacer ce qui s’est passé.
      Tu ne pourras pas effacer l’image que tu nous a donné de toi.
      Tu peux tenter de réparer et donner un tableau plus détaillé de ce qu’il s’est passé mais tu ne pourras pas supprimer le doute qui viendra peut-être nous envahir : « Est-ce que cela s’est passé ainsi ou veut-il seulement que l’on lui pardonne, veut-il se rattraper ? »

      La mort n’est pas un article à traiter comme les autres.
      Tu l’as vu de tes yeux.
      Tu l’as traité de façon indigne en salissant la mémoire de celui qui s’est sacrifié en face de toi.

      Tu as violé sa mémoire avec un titre racoleur.
      « Et c’est moi qui lui ai donné ce courage et cette volonté. »
      Tu l’as donc tué Chris.
      Et par tes mots qui ne sont pas dignes de sa mémoire, tu le tues une seconde fois.

      La police aurait pu l’arrêter, le bar brulé, il aurait pu se faire tabasser, il aurait pu ouvrir les yeux et fuir. Les gens sortent de l’alcool et de la drogue, ayant un passé avec des sourires ou non.

      Tu n’as pas appuyé sur la détente mais tu lui as fournir le revolver chargé.

      « En sachant qu’il aurait fini par mourir seul, probablement mort de froid dans les rues de La Paz  » Ce « probablement » m’horrifie Chris. Quel est ce raccourci, de quel droit peux-tu dire
      « il serait de toute façon probablement mort, à quoi bon tenter de faire quelque chose ? Autant le laisser mourir, c’est la meilleure solution ! »

      Je te cite « Et, oui. C’était plus simple de le laisser mourir parce qu’il m’était étranger. »

      Un étranger mort sous tes yeux, par ton aide indirecte aurait du faire un excellent sujet d’article Chris.

      Tu vois l’horreur de cette phrase Chris. Elle me donne froid dans le dos rien que de la taper sur mon clavier. Pourtant, rien ne t’a empêché d’écrire un article merdique avec en toile de fond sa mort et en premier plan ta petite personne qui ne ressent pas de culpabilité face à cela.

      Si tu ne ressens rien, le constat est clair, tu es un monstre insensible d’où ton incapacité à écrire un article potable.

      Sinon, je pense que tu es dans un état de choc et que tu fuis les conséquences psychologiques de ce que tu as fait, ce qui expliquerait ton insensibilité et ton total manque de recul face à la publication d’une telle daube de mauvais gout. Dans ce cas, ce n’est pas de notre aide que tu as besoin mais de celle d’un psy.

      On ne peut pas regarder quelqu’un mourir sous nos yeux et ne rien ressentir.
      On ne peut pas…

      Enfin, si, certains peuvent.
      Les psychopathes, eux, en sont capables.

  10. Je ne sais pas quoi dire, mes impressions sont assez négatives à la lecture de cet article mais je pense que dans le fond tu ne pensais pas à mal. Du moins je l’espère. Chris, je crois que ma réaction est due au fait que, si j’ai bien compris, tu étais là avec cet homme quand il est mort. Tu ne t’es pas ‘contenté’ de recueillir sa voix, tu l’as regardé mourir sans rien faire et ça, je ne cautionne pas. La vie est précieuse, quelle qu’elle soit et être en Inde me l’apprend chaque jour un peu plus. Ce n’est pas parce que cette vieille femme vit sur un trttoir crasseux qu’elle est perdue, ce n’est pas parce que cette fille de 6 ans mendie, ne sait pas lire ni écrire qu’elle est perdue. J’espère que par nos réactions, tu te sentiras un peu mal par rapport à ce qui est arrivé et que tu apprendras de tes erreurs pour le futur et pour que ton projet aboutisse, car tu as besoin de garder l’humanisme qui est en toi pour être un bon journaliste.

  11. Bonjour,

    J’ai du relire à deux fois l’article ce matin qui m’a mis très mal à l’aise et où je me demandais si cette histoire était vraie, si réellement tu avais « accompagné » cette personne dans la mort… Et au bout de deux lectures, je me suis dit « non, il ne l’a pas fait, il se pose juste les questions dans une sorte de fiction dans laquelle il aurait été l’acteur de la mort de la personne ». Et bien, apparemment non, tu étais bien là à la lecture des posts…

    Que dire ? Au niveau de l’analyse, rien de plus que les commentaires d’Oreille, Piotr et d’autres… que je rejoins.

    1. As-tu une « responsabilité » (j’ai pas dit culpabilité) dans le passage à l’acte ? Ma réponse est : OUI. Par ta seule présence de blanc « friqué » (avec 10 dollars / jours, t’es un roi à La Paz) avec ton appareil photo et tous les attributs que tu portes sur toi ou que tu distilles sans même t’en rendre compte, par l’intérêt que tu as porté à sa personne (enfin quelqu’un qui s’intéresse à moi, quitte à ce que ça soit à travers la mort, a-t-il pu se dire ?)… tu es sorti d’une neutralité et tu as donné, je pense, à cette personne « l’énergie » nécessaire pour qu’il passe à l’acte… Ce qu’il n’aurait peut-être pas fait en ton absence. Tu l’écris toi-même :  » Il buvait pour se donner du courage, mais le déclencheur qui l’a réellement fait se lever et entrer dans la pièce, était ma présence ». Donc, oui, déclencheur, acteur, « non assistance à personne en danger »…

    2. Que fallait-il que tu fasses ?
    Tes questions morales, tu aurais pu les analyser avant, en discuter avec des associations, des psychologues, des philosophes qui s’intéressent aux questions d’éthiques… et puis, en ayant réponse à tes questions, faire ce que tu as fait ou pas. Mais pas l’inverse, je pense…
    3. Tu écris, comme pour justifier ton acte, il « aurait fini mort dans la rue dans les jours, dans les mois, dans les années qui viennent ». Peut-être… peut-être pas… Croire cela, c’est ne pas croire en la vie, ne pas croire en le travail des ONG et des associations de rue qui travaillent quotidiennement à essayer de sortir des personnes comme XXX de leur misère sociale, psychologique, financière… Peut-être aurais-tu pu te décarcasser pour essayer de trouver une structure, un relais social…

    Pour terminer, comme d’autres, je ne perçois pas beaucoup de compassion dans ce que tu écris. Tu l’écris d’ailleurs toi même « je ne ressens absolument rien [mais plutôt) de la culpabilité à ne rien ressentir. » C’est donc plus le cerveau qui semble parler (avec, a posteriori un sentiment de culpabilité), et moins le coeur dans ce que je « ressens » de ce que tu écris…

    Et finalement, la question que je me pose à la lecture de tout ceci c’est « est-ce que finalement tu n’es pas, toi aussi, dans une sorte de « questionnement suicidaire », de suicide « social » où tu mets en place ton « cimetière des éléphants » pour t’exclure d’un monde… avec néanmoins un appel à l’aide, ici, à travers ton article et les réactions qu’il suscite… Si tel est le cas (ce n’est pas à moi d’y répondre), toi, plus que XXX, tu as la chance d’être né dans un pays où on est le « cul dans le beurre » et qui te permet d’avoir un accompagnement psychologique pour aider à dépasser tes « démons » et finalement, peut-être, répondre à la question de départ que tu te poses. Courage…

    Franck

  12. J’ai lu ton article au moins cinq ou six fois. Je trouve toujours que malgré les rajouts il y a beaucoup de choses qui ne sont pas claires sur ce que tu cherchais réellement à faire de ton reportage le soir où tu l’as rencontré.

    Est-ce que tu te rends compte que personne ne peut répondre à ta question ? Le suicide n’amène aucune autre réponse que la fin des souffrances de celui qui n’en peut plus et décide de passer à l’acte. Il n’amène aucune réponse aux vivants, à ceux qui restent derrière, à nous. Tu as pris une décision qui t’est personnelle. Parce que ne rien faire c’est aussi une décision.

    Peut-être qu’il aurait choisi de mettre fin à ses jours de toutes façons. Mais peut-être pas ce soir-là. Et c’est là que je ne pourrais jamais être d’accord avec ton parallèle sur l’euthanasie. Il était en mesure de prendre cette décision tout seul et de l’accomplir. Or, d’après ce que tu nous racontes, c’est ta présence qui a servi de déclencheur. C’est ton intérêt pour son histoire mais d’abord ton intérêt pour ces cimetières qui l’a excité au point de vouloir passer à l’acte : »De par ma présence, j’ai offert à XXX une opportunité, une oreille, un support afin de donner ‘un sens à sa vie’ … Un sens : en direction du suicide, et d’une mort qui le rendra immortel à travers les mots que j’écrirai sur lui. Il voyait ça comme une libération, comme une délivrance que je lui offrais; la possibilité, en étant « enfin utile à quelque chose » »….

    Il t’a vraiment dit ça ? Qu’il allait être enfin « utile à quelque chose » ? C’est à ton reportage qu’il faisait allusion ?

    Tu crois que ton reportage le rendra immortel ? Moi pas. Et d’ailleurs le plus triste c’est qu’aujourd’hui la personne vers qui toutes les pensées se tournent ce n’est pas lui… c’est toi… Tu vas peut-être me dire que c’est parce que tu comptais le publier plus tard sur Mediareporter, mais tu ne nous donnes même pas son nom. Fernando en a un et lui, qui est mort, tu nous le présentes comme XXX… Ce papier ne lui donne ni identité, ni parole…

    Et à titre personnel pour répondre à la question, à ta place, je serai partie, je n’aurai pas voulu peser un gramme dans la décision d’un homme de mettre fin à ses jours. Je ne suis personne pour intervenir dans la vie des autres comme ça. Mourir seul est cruel oui. Mais je pense qu’il a été plus heureux parce que tu l’avais écouté pendant 16 heures que parce qu’il allait mourir accompagné. Je ne comprends ni pourquoi l’homme ni pourquoi le journaliste sont allés s’impliquer aussi loin dans cette histoire. Tu n’es pas un soignant, tu n’es pas Dieu non plus – qui d’ailleurs n’existe pas. Parce que si tu lui as servi de catalyseur, je ne vois pas comment tu peux considérer que tu as gardé une neutralité dans cette histoire face à sa décision.

    Tu nous demandes ce que tu étais censé faire ? Tu n’as pas fini de te poser la question…

  13. Dur de répondre à ta question, Chris : »qu’aurais-je dû faire? » Bien malin (et peu honnête) la personne qui te répondra….Il n’y a pas une manière de bien se comporter dans un cas pareil. Il y en a plein. Tout depend de la personne, de son ressenti, de son vécu, de son passé, de son état d’esprit, du déroulement de la situation….certaines personnes te diront que tu aurais dû ne pas abandonner, lui offrir un soutien, le convaincre de vivre. mais tu l’as dit toi même, tu lui as parlé, longtemps, et cela n’a pas réussi à changer sa décision, ou cela aurait peut être juste fait repousser l’instant fatidique. D’autre te diront que tu aurais juste dû partir et ne pas t’en mêler. La vérité c’est que déjà à la base peu de personnes seraient aller fourer leur nez dans ces cimetières. Mais n’est ce pas là le rôle d’un jouraliste que de faire découvrir aux gens l’existence de certaines choses? On te reproche d’avoir mis tes doutes et pensées sur l’espace public. Mince alors ! Depuis le départ tu ne caches rien, de tes amours, de tes joies, de tes doutes. et là, ça touche à la mort, et tout le monde se révolte. Bien sur qu’il y a des sujets qu’il ne faut pas aborder, heureusement que tout le monde ne peut pas proclamer à qui veut l’entendre des encouragements au racisme, à la mort ou je ne sais quoi. Mais là tu ne cherches pas à convaincre, tu exposes des faits. Comme tu pouvais parler des prisons, de la drogue ou de l’amour. Ce qui choque les gens, c’est que tu parles aussi ouvertement de la mort. Pourquoi cela est il tabou? La mort dans beaucoup de sociétés ne fait pas aussi peur que chez nous. Je crois que je te rejoins sur ce point, « je n’accorde pas à la vie humaine autant d’importance que la plupart des gens le font ». Cela ne veut pas dire que nous sommes insensibles devant la mort, que certains propos , que certaines images ne nous choquent pas ou qu’on est totalement déshumanisé. Cela veut juste dire que l’on accepte la mort. Comme un passage. Comme un droit aussi. Que la vie individuelle n’est peut etre pas aussi importante que ça. Beaucoup de gens s’offusqueront que certains sont plus engagés dans la protection des animaux que pour les droits sociaux ou la lutte contre la peine de mort. Pour moi la vie d’un animal est aussi importante que la vie d’un homme. Et non je ne suis pas végétarienne. Et oui je suis contre la peine de mort. L’un n’empeche pas l’autre. Je préfère juste m’engager pour les droits, pour la vie d’un orang outang, d’un ours blanc, et même de préfèrence d’un ver de terre, d’une bactérie ou d’une miniscule diatomée que pour les droits des hommes. Parce qu’ils jouent un rôle important dans le tout, dans le fonctionnement des écosystèmes, bien plus que le rôle de XXX, de YYY ou de ZZZ. Et parce que chacun son combat.
    En fait, la place que chacun donne à la vie d’un homme comme à la vie d’un animal dépend de notre culture, de notre passé. Je ne mangerais pas de chat, de chien, de cheval, d’homme. Mais est ce que les chinois ou les canibales sont des brutes épaisses pour autant? Est ce que jen suis une si je mange de la vache par rapport à un indien? Je m’écarte du sjet, mais juste pour montrer que le rapport à la vie est subjectif. Comme le rapport à la mort.

    Ce que tu aurais du faire Chris, je ne le sais pas, c’est à toi de voir si tu penses avoir bien agi, car personne ne peut te juger dans un moment comme celui là, personne ne peut dire ce qu’il aurait fait. C’est facile de réagir derrière son ordi….on n’était pas là, et comme je l’ai dit, peu au départ seraient allé se mettre dans une telle situation. Ce que tu aurais du ne pas faire, peut être effectivement commencer ton article comme tu l’as commencé ( le check était peut être de trop, comme une sorte de défi que tu te serais lancé)…mais je ne pense pas qu’on puisse te reprocher d’avoir écrit cet article. Tu nous livre tes doutes comme tu le fais depuis le début. Pas de chance, la mort (d’un homme) est taboue dans notre culture.

  14. Chris, relis ton article, rends toi compte du ton géneral que tu as employé pour écrire… C’est bien trop froid, inhumain, psychopate pour qu’on puisse te comprendre et te suivre dans ton message.
    Et comme ton article semble délibérement scandaleux, on a tous du mal à faire passer ça pour de la maladresse…
    Estelle Dernier billet publié : Et maintenant, où part-on en voyage ?My Profile

  15.  » la plus grande preuve d’humanité et de compassion que je pouvais témoigner, était de lui éviter la solitude au moment de mourir. Qu’en penses-tu ? »

    Quelqu’un qui est là pour matter tel big brother ce n’est pas ce que j’appel de l’accompagnement, ni une relation d’aide… En tout cas c’est loin d’être ce que l’on ressent en lisant ton article. Comme le dit si bien Piotr, on en apprend 10 fois plus dans les commentaires que dans le billet en lui même.
    C’est assez glauque, mais je t’imagine dans cette piece, assis sur une chaise avec ton bloc note ou pire ta caméra, ne ratant rien de cette scene sordide, dans le but de … Nous ramener un article….

    Tu as instrumentalisé sa mort, et tu semble persuadé que c’est un honneur pour lui ? Certaines de tes phrases font vraiment froid dans le dos…
    Tu te serais contenté de nous presenter ce mode de suicide sans pour autant aller jusqu’à la mise à mort aurait était largement suffisant pour ton lectorat je pense.

    « Mais lui, il n’avait plus de destin, ni d’avenir, et aurait fini mort dans la rue dans les jours, dans les mois, dans les années qui viennent. Partir ? Il aurait continué à vagabonder et serait mort de froid ou mort d’un coma éthylique un jour ou l’autre. »

    Et alors ? Il aurait aussi pu faire une bonne rencontre, rencontrer une femme… Parfois il ne suffit de pas grand chose. Qui es tu pour decider de l’avenir d’un homme, qui est tu pour le condamner d’office ? Au moins il aurait pu être maitre son destin jusqu’au bout. Le pire c’est que tu t’es rendu compte que ta simple présence changeait sa décision, et pourtant tu as laissé les choses se faire..

    Cet homme était malade, alcoolique, dépressif. Si je suis ton raisonnement Tu crois qu’à l’hôpital on se contente de soigner les gens uniquement pendant 16 heures, et qu’ensuite si la personne n’est pas receptive au traitement on procede à sa mise à mort, on l’eutanasie ?
    Quand on en a marre, que la personne n’est pas receptive ou que l’on se sent démuni, meme en tant que soignant, et bien on passe le relais. Dans ton cas tu aurais pu le faire au AA, ou du moins essayer.
    Alors que la tu t’es rendu complice de sa mort, limite acteur .

    Je suis d’accord avec toi il n’y a rien de pire que de mourir seul, mais je te le répètes ce n’est pas ce que l’on ressent en lisant ton article…Je n’ai pas l’impression que tu lui as tenu la main, que tu l’as accompagné décemment, comme un être humain le merite .

    Efface ton article, edite le, il manque beaucoup de details, c’est tres maladroit. le ton est froid et détaché. Trop de maladresse pour moi. Ou alors est ce un ton de provocation ?
    Yo Dernier billet publié : Souhaitons la bienvenue à notre 1 er partenaireMy Profile

  16. 9a donne la chaire de poule, une énorme leçon d’humilité et ça remet les pieds sur terre, même si l’article est long on peut pas le lacher tant qu’on n’a pas terminé ! bravo pour le style et bravo tout court !

  17. Article édité lu, c’est moins froid et tu inclus les détais précisés dans les commentaires mais au final j’en viens à me demander si c’est vrai tellement c’est glauque et « surréaliste »…
    Dans tous les cas si ça avait été moi, j’aurais pu m’intéresser à ces endroits (par curiosité malsaine je pense qu’on peut le dire), j’aurais chercher à savoir si ça existais vraiment, en rencontrant des gens dans un bar, n’importe quel local ou au mieux un de ces « gardes », mais ça se serait arrêté là…

    En aucun cas je ne me vois accompagner un inconnu dans un de ces lieux, en particulier si j’ai le sentiment que c’est grâce/à cause de moi, ça me dépasse, et le côté « je suis là dans un but journalistique » n’entre plus en jeu à ce niveau, comme dit Flo je crois il y avait matière bien avant…

    Bon après c’est toi et pas moi, je ne peux pas te juger, surtout sur quelques lignes à travers un écran, mais j’ai le sentiment que tu as été trop loin si cela s’est passé tel quel, maintenant c’est fait et tu vas devoir vivre avec et surtout en tirer des leçons pour la suite de ton projet.
    Nicolas Dernier billet publié : Projets et Objectifs 2012My Profile

  18. Perso je serais un peu moins virulent que mes camarades.

    Et pourtant à la première lecture hier, j’ai vraiment ressenti un profond dégoût. Mais la nouvelle version a le mérite de te présenter sous un jour plus humain.

    Tu as passé 16 heures à parler avec lui et à essayer de l’aider ? C’est tout à ton honneur. Je n’en aurais pas fait autant.

    Tu ne t’es pas « décarcassé pour lui trouver un foyer » ? Faut pas déconner, combien d’entre nous l’auraient fait ?

    Tu as voulu lui donner lui donner un bref instant de bonheur et de fierté avant sa mort ? encore une fois c’est tout à ton honneur.

    MAIS !

    je pense quand même que tu as GRAVEMENT merdé.

    A ma connaissance il avait encore ses deux bras, ses deux jambes et toute sa tête. Certains s’en sortent avec moins que ça. Il suffit parfois d’une étincelle. La rencontre avec la religion par exemple. De se sentir utile pour quelqu’un. Un gamin des rues qui n’a personne. Une femme pour partager sa galère… Les chances étaient minces mais les possibilités infinies.

    Pour moi c’est là où tu as fait une erreur : ce n’est pas parce que toi tu ne pouvais rien pour lui que personne ne pouvais rien pour lui.

    Je ne sais pas si tu as croisé beaucoup de gens désespérés dans ta vie, mais la constante c’est qu’ils sont toujours très convaincants (car très convaincus) quand il s’agit de démontrer en quoi leur vie est une impasse. Et pourtant un nombre non négligeable s’en sort.

    Quand à la question « qu’est-ce que j’étais censé faire ? », de mon point de vue tu aurais dû sortir de sa vie. Ta présence ne pouvais avoir qu’un effet négatif sur lui.

    Il n’avait pas de raison de vivre, tu lui as donné un raison de mourir.

  19. Je n’aime pas la fin de ton billet. Si on l’analyse vraiment, on se rend compte que tu veux clairement induire le lecteur à penser comme toi avec, à mon sens, un passage en force impropre :

    « l’ETRANGE rictus » est pour toi un sourire. As-tu vu beaucoup de morts ? Des morts souriants ? Ou ce mort était très différent à tous les morts que tu as vu jusqu’à présent ? En plus, tu ajoutes « Et lorsque je me suis rendu compte qu’il était parti, j’ai moi-même souri » en créant un parallélisme, une complicité, voire même une communion entre vos sourires. Ah c’est vrai ! Il donnait certainement à son libérateur sa bénédiction et son remerciement… Le seul qui peut faire de la littérature de son sort ici, c’est M. XXX, la victime, et il n’est plus là.

    La photo que tu as choisie va aussi dans le même sens. Un tunnel qui aboutit sur un ciel lumineux, et un homme qui trouve enfin son bonheur.

    En somme je pense que sur un sujet si épineux il faut exclure la persuasion et le sophisme, et se limiter à l’explication et à l’argumentation. L’expression « sourire à ses lèvres » -ressassée- me dérange profondément. J’ai l’impression que ton billet a plus de fierté (« J’ai aidé un homme à mourir, et ça l’a rendu heureux ») que de véritable problème moral.

    Par ailleurs, je suis d’accord avec beaucoup de commentaires ci-dessus. Tu prends comme axiome, comme point de départ inébranlable son malheur infini et irrémédiable. En es-tu sûr ? Il ne suffit qu’une once de doute sur ce malheur pour que ton acte ne soit plus si justifiable.

    Ceci dit, je suis sûr que ce n’est pas si simple pour toi, surtout maintenant, après digestion et réflexion. Et si aujourd’hui, à l’intérieur de toi, tu ressens une pointe de remords, demande-toi si l’idée de « nos sociétés » qu’il faut aimer la vie par-dessus tout, est vraiment une connerie.

    Pour ma part, j’espère que tu dénonceras dans ton reportage ces conditions invivables et le sort de personnes comme M. XXX
    Kim Dernier billet publié : Lo que no hay que hacer, por G.K ChestertonMy Profile

  20. J’ai lu ton premier article qui m’a dérangé, je viens de lire celui-ci dans lequel tu as mis plus d’humanité et je comprends autant ton point de vue que celui de ceux qui te critiquent.
    En lisant ce 2ème article, je me suis rappelée les conditions de vie en Bolivie et me suis placée du côté de XXX. Aussi j’ai envie d’apporter quelques précisions sur les conditions de vie dans ce pays.

    La vie en Bolivie est difficile et plus de 60% de la population vit en-dessous du seuil de pauvreté. A 4000m d’altitude, le souffle est court, vous avez mal à la tête et avez besoin régulièrement de feuilles de Coca pour vous aider à supporter le mal-être. L’alcool, comme la Coca, sont des moyens d’oublier son quotidien mais malheureusement à haute altitude, les effets sont décuplés. Sans raison de vivre (famille, travail…), je comprends les envies suicidaires de XXX même si on peut, de chez nous, trouver ça lâche.

    De France, nous voyons tes propos avec nos yeux de citoyens de pays occidentalisés avec toutes les structures d’aide aux autres qui existent. En Bolivie, cela n’existe pas et la majorité de la population survit plutôt qu’elle ne vit. Voici un article que j’avais écrit sur les mines de Potosi et sur la réalité des conditions de travail en Bolivie : http://www.voyagesetc.fr/2010/10/27/le-jour-ou-je-suis-allee-a-la-mine/ Peut-être que cela aidera tes détracteurs à comprendre le point de vue de XXX.

    Je pense que personne ne peut répondre à ta question car aucun de nous n’avons vécu ce moment et aucun de nous n’avons été à ta place. Maintenant, peut-être que ce que tu dois garder de ces instants plutôt que de chercher ce que tu aurais dû faire (maintenant que c’est fait), c’est de te dire que tu lui as apporté un peu de bonheur dans ses dernières heures de vie.
    Adeline Dernier billet publié : Ayutthaya, visite au coeur du Royaume de SiamMy Profile

  21. Article touchant, et les réactions sont pour le moins virulentes! Je trouve qu’il y a plus de compassion dans ton article que dans les commentaires ici présents. A croire certains il vaut mieux voir quelqu’un en souffrance perpétuelle plutôt que l’aider à en finir.
    J’imagine que beaucoup qui nous tartinent ici leur belle parole seraient passés à côté de cet homme sans lui parler.

    Contrairement à ce qui a été dit précédemment, je trouve que l’article est très bien écrit, et les questions soulevées sont légitimes.

    Surtout continue!

    Je pense que je vais m’abonner tiens 🙂

  22. Je ne devrai pas mais je reviens ici.

    Tes changements à l’article n’y feront rien Chris.

    Tu as cherché cet homme. Tu l’as trouvé.
    Tu l’as écouté, vous avez parlé.
    Vous avez échangé pendant 16h.
    Tu l’as conduit à la mort.
    Il est mort sous tes yeux.
    Tu n’as rien fait.
    Rien.

    « Et, oui. C’était plus simple de le laisser mourir parce qu’il m’était étranger. »

    Il n’était plus étranger.
    Il t’avait donné son nom.
    Il t’avait raconté sa vie.
    Il t’as donné sa vie.
    Mais c’était « plus simple »
    Alors tu l’as « laisser mourir »
    Point

    Un homme est mort
    Tu fais un article
    Tu réécris cet article
    Un homme est mort

    Nous avons tous nos démons
    J’aurai pu être cet XXX
    Tu sais pourquoi

    Nous aurions tous pu être
    A un moment dans notre vie
    Cet XXX

    Et toi
    Tu nous aurai laissé mourir
    Parce c’est « plus simple »
    Parce que « XXX » c’est trois lettres
    Même pas un nom

    Je suis sans doute trop sensible
    Mai je souffre en lisant ton article
    Parce que je n’étais pas prêt à affronter cela

    Dans la rue, je peux donner des pièces
    Parfois, je donne aussi de mon temps et j’écoute
    Après un 20h, je peux faire un don
    C’est peut-être rien mais ce n’est pas rien

    Toi, tu as pris la vie d’un homme
    Non pour l’argent
    Non par fanatisme
    Non pour se défendre.

    Non, tu l’as laissé mourir
    parce c’était « plus simple »
    Et moi j’ai lu ton article
    Et j’ai pleuré

    Petit, j’ai pleuré aussi
    Face à la cruauté quotidienne
    Face à la misère du 20h
    J’ai pleuré

    Puis je suis devenu adulte
    Je me suis endurci

    Mais ici, je n’avais pas ma carapace.
    En lisant avec quelle désinvolture
    Un homme est mort en face de toi
    Sans qu’il ne représente rien

    Sans que tu ne fasses rien
    J’ai perdu de nouveau un morceau
    Un morceau de ma foi en l’humanité
    Celle qui me dit que l’on ne peut pas

    Que l’on ne peut pas laisser un homme mourir
    Parce que c’est simple
    Parce qu’il est étranger

    Je sais que c’est stupide de s’emporte ici
    D’autant plus que cela ne t’atteint pas

    Nous avons tué des hommes pour leur couleur de peau
    Nous avons tué des hommes pour leur nationalité
    Nous avons tué des hommes pour leur religion

    Toi tu l’as juste laissé mourir parce que…
    « c’était plus simple »

    C’est triste…

  23. Je ne sais pas s’il y a une question à ta réponse. Mais elle vaut la peine d’être posée.
    Je sais que je ne peux pas me permettre de juger tes actes d’aucune manière, étant donné que je ne te connais pas, que je ne connais pas le pays et le contexte dans lequel tu as vécu ça, que je n’ai jamais vécu ça moi-même… Et je ne veux pas entrer dans le débat sur ce que aurais du faire ou non car je ne sais absolument pas ce que j’aurais fait à ta place. Probablement la même chose… Mais cela ne veut pas forcément dire que c’était LA bonne chose à faire. Néanmoins, il est toujours plus facile de penser à tout ce que tu aurais pu faire après que sur le moment même, où ton action t’as surement semblée juste.

    Je voudrais juste te dire que je sais à quel point le sens et la valeur de la vie est une notion différente selon les cultures, et qu’il est extrêmement dur pour nous, occidentaux, de s’en rendre compte, et donc facile de se sentir choqué par le récit que tu nous relates ici, et ce que tu écris sur la valeur d’une vie humaine.
    Etudiante en médecine, la valeur d’une vie est aussi une question à laquelle je dois faire face.

    Je comprends aussi ta nécessité d’écrire ce que tu as vécu. Celle de la publier immédiatement par besoin de réactions aussi, mais tu aurais du te douter des conséquences que cela aurait.

    Enfin je comprends tous les commentaires ci-dessus. En France et en Europe, la mort est quelque chose dont nous sommes très éloignés (on ne la voit pas, on en parle peu), contrairement à dans d’autres pays et cultures.

    Erreur ou pas, ce que tu as fait et écrit te fait et te fera longtemps réfléchir, ainsi qu’à nous tous, et marquera surement ton évolution personnelle dans ta manière de faire du journalisme.

    Bonne chance!

  24. Ca ne soulève pas seulement la question de la mort, ça soulève surtout celle du suicide ce qui n’est pas tout à fait la même chose. Parce que c’est la décision la plus individuelle qui soit de mettre soi-même un terme à sa vie et que voir quelqu’un d’autre s’impliquer ou être impliqué dans cet acte c’est assez troublant.

    Je trouve que l’article est plus clair que le premier jet qui laissait beaucoup d’ambiguïtés pour l’interprétation. En fait pour être honnête, et ce n’est pas pour relancer la polémique, avec l’ancienne version le passage qui me pose le plus problème c’est celui-là :
    « Je ne pensais qu’à mon reportage, à la force qu’il aurait avec un pareil témoignage et une histoire comme celle-ci. »… Parce que ce n’est pas du tout la même chose de nous dire aujourd’hui que ce qui t’excitait c’était ça : « J’étais excité par notre discussion car je touchais au coeur du problème – j’avais envie de comprendre cette indifférence chez les gens, savoir comment et pourquoi de tels lieux pouvaient exister. Et j’étais excité à l’idée de rencontrer quequ’un qui voulait franchir la porte d’une « chambre rouge », car je pourrais, à travers lui, avoir une réponse à ses questions. »
    La première version elle me fait penser à tous ces gens qui s’attroupent devant les immeubles en feu et qui attendent on-ne-préfère-pas-trop-savoir-quoi ou elle me rappelle encore des petits cons de mon lycée qui pendant le voyage à Rome était excités comme des babouins parce qu’il y avait une femme plantée tout en haut du colisée qui avait manifestement l’intention d’en finir et qu’ils avaient été déçus parce qu’elle n’avait pas sauté….. Je ne dis pas ce que que tu as ressenti s’apparentait à ça mais c’est ce que ça laisse entendre. Et ça laissait planer une ambiguïté assez douloureuse sur tout le reste du texte : observais-tu ou attendais-tu cet événement ? Est-ce que c’était de l’information ou du voyeurisme ? Je sais que ça existe chez tout le monde, à plus ou moins forte dose, mais ça pose quand même de sacrés problèmes vis-à-vis d’une éthique professionnelle.

    Bref, encore une fois, je ne dis pas que cette impression est justifiée et qu’elle ne vient pas d’une formulation plus que maladroite…. D’autant que ce qui ressort maintenant de ce que tu as écrit de plus c’est que tu ne pouvais pas prévoir qu’il se déciderait ce soir-là. Mais comme j’ai l’impression en lisant les commentaires que je n’ai pas été la seule à percevoir ça à la lecture et qu’à toi ça t’a peut-être échappé je le dis. Je le dis parce que je pense que ce serait bien que tu lèves les doutes sur cette question.

    Autre chose (je ne l’ai pas dit hier parce que je n’en étais pas sûre et que je n’en suis pas plus sûre maintenant mais que ça me paraît plutôt tendre vers ça) : es-tu sûr d’être aussi « blindé » que tu le dis Chris ? Parce qu’on pourrait croire au contraire que c’est parce qu’en tant qu’être humain tu t’es senti autant en empathie avec XXX et sa souffrance que tu as accepté cette responsabilité.
    Sur le plan personnel, ça ne regarde que toi… Mais sur le plan professionnel, ça va te poser de sacrés problèmes si c’est le cas… Ne serait-ce que parce qu’aujourd’hui tu risques la mort de ton projet.

  25. J’avoue ne pas comprendre pourquoi cette question vire en débat stérile sur l’occidentalisation et la vie-difficile-en-Bolivie-oh-les-mines-boliviennes-la-coca-le-seuil-de-pauvreté. (Pays où le journaliste en question est depuis un mois seulement. Je dis ça pour relativiser.) Apparemment on peut aller mater un homme mourir en Bolivie parce qu’ils sont pauvres, et pas en France parce qu’on est riches et qu’on a le tabou de la mort. Ok…

    J’accepte tous les autres arguments parce qu’ils me semblent sensés, mais celui-là franchement c’est du caca de cerveau.

  26. Voyagevoyage

    T’ a déconné, t’ a pas d’ humanité, juste de la fascination malsaine, je ne reviendrais plus sur ce site.

  27. Et puis c’est quoi toutes ces discussions sur des espèces de ‘conditions’ fictives censées donner l’absolution ?

    – Savoir s’il était vraiment désespéré ou pas
    -> C’est pas grave de mater un homme désespéré mourir, mais ça devient grave s’il ne l’est pas complètement ?

    – Savoir si Chris a de « l’humanité » ou pas et s’il a exprimé dans son article un degré de pathos suffisant pour ses lecteurs
    -> C’est grave de mater un homme mourir pour faire un reportage si on n’a pas d’humanité, mais si on en a (svp donner le pourcentage), c’est pas grave ?

    Pareil pour l’argument « culture bolivienne » (c’est bien, comme il reste encore beaucoup de pays pauvres à visiter, il reste un tas de choses atroces à faire ! Heureusement qu’il n’y a pas que des riches sur terre, sinon on ne pourrait décidément plus faire de journalisme.)

  28. Voyagevoyage

    « Tu vas écrire mon histoire. Je deviendrai immortel grâce à toi. Des gens vont lire mon histoire, à l’autre bout du monde ! Et putain, rien que d’y penser, ça me rend heureux. »
    Pauvre gars tu l’ a embobiné, il a dus croire que tu travaillais pour Le Monde et que son histoire toucherais des millions de lecteurs. Personnellement j’ aurai préféré un article sur comment tu aurais changé la vie de se type en bien. T’ aurais pus vendre ton matos pas exemple, il n’ a pas l air de te servir beaucoup, à part pour mater des films et utiliser facebook…

    • @Voyagevoyage: alors toi, je crois que t’as pas compris grand chose à cet article et je plains sincèrement ceux qui sont avec toi à l’ADSIB si c’est là que tu bosses. Changer la vie de ce type en bien ? Tu me prends pour Mère Térésa ? Pour Dieu ? Avec des superpouvoirs capables d’offrir le bonheur à tous les gens que je rencontre ? Tu donnes ton fric à tous les mendiants qui t’en demandent ? Ah, et bien sur, je suis persuadé que tu n’es jamais indifférent lorsqu’un ado bolivien te cire tes pompes ou essaie de te vendre des chewing-gum. Évidemment, tu changes leur vie chaque fois que t’en rencontres un – c’est vrai que le nombre de gosses des rues a l’air d’avoir baissé depuis quelques jours.

      @ aux autres : je réponds à vos commentaires après la publication de mon grand reportage, jeudi ou vendredi.
      Chris Dernier billet publié : J’ai aidé un homme à mourir, et ça l’a rendu heureux.My Profile

  29. Sérieusement Chris ….

    Tu dis ne pas vouloir faire le buzz (alors que je suis sûr que c’est ton article le plus commenté/vu) mais en refaisant un article tu ne fais qu’alimenter le débat car malgré tout, comme tu le dis, le fond ne change pas d’un pouce. Au fond, ce que tu cherches à faire dans ces « deux » articles, c’est à te justifier car ta conscience est trop lourde et que tu sais que tu viens de faire quelque chose de mal.

    Tu nous explique ce que les personnes dans les bars et XXX t’ont dit, mais crois-tu sincèrement que ça explique ce que tu as fait? Ces trois acolytes dans le bars y voient un ivrogne qui a juste une grande gueule. Quant-à XXX, tu crois que sa vision n’est pas un peu troublée? Et je ne sais pas pour toi, mais généralement au bout de 16h de conversation je n’ose pas dire que je connais une personne. Bref tout ça pour dire que ces conversations ne justifient en aucun cas que cette pauvre personne se suicide et toi que tu cautionnes cela.

    Tu nous dis qu’on se permet de juger quelqu’un qu’on ne connait pas et qu’on n’a aucune façon de savoir ce qu’il va se passer… ben tu sais quoi? Toi non plus! Ça rejoint ce que je disais sur ta conscience que tu dois laver.

    Pour terminer, comme plusieurs l’on dit, il n’y a pas de bonne réponse à ta question. Mais avant j’aimerais t’en poser une. Mais pour qui tu te prends pour faire ce type reportages??? Si j’ai bien suivit tu ASPIRES à devenir journaliste. Ce sujet même ceux qui ont 20 ans d’expérience ont du mal à l’aborder et personne n’aurait ce que tu as fait. Et toi tu débarque du haut de tes 6 mois d’expérience (sans avoir aucune formation quelconque, je ne remet pas en cause le projet globale mais le fait que tu aies eut l’arrogance de vouloir traiter un tel sujet). Donc oui, comme le disent plusieurs tu n’aurais juste pas dût vouloir te pencher sur ce sujet.

    À la rigueur il aurait fallu s’arrêter à une conversation curieuse de bar.

    Mais je suppose que ta question se pose au moment où le pauvre homme t’as proposé de l’accompagner.

    Je pense qu’il aurait été judicieux de tenter de le convaincre de ne pas le faire: refuser de faire l’article, ne pas l’accompagner, voir même de lui payer une prostituée. Tu as été l’élément déclencheur, son excuse, si tu t’étais retracté il ne l’aurait peut être pas fait.

    Au final, si tu vois une fille prise sous un amas de rochers, iras-tu la sauver ou non car elle va mener une vie misérable car elle n’aura plus l’usage de ses jambes?

    Franchement Chris, je suis vraiment triste pour toi. Malheureusement je pense que je ne reviendrais sur ce blog … Ah oui encore une chose, si tu pense que la vie d’un être humain vaut moins qu’un misérable article, je te conseille d’aller voir un conseiller d’orientation car là tu es vraiment à côté de la plaque.

  30. Bob Moran

    Moi je pense que cet article est une pure invention, du moins j’ espère, une manière de lancer un débat sur les limites du journalisme.

  31. Un article magnifique, et très juste sur les dilemmes des journalistes, sur la tragédie des choix auxquels ils sont confrontés, et sur le paroxysme du désespoir qui peut toucher les sociétés qui sont aux marges de la mondialisation économique. Toutes mes félicitations pour ton enquête sur ces hommes dont le suicide est accepté par leur société. C’est le cœur du problème, et le journaliste que tu es, par son récit, contribue à informer sur ce phénomène tragique, et donc à provoquer une prise de conscience collective. Merci pour ta grande humanité et ton désir de faire entendre les voix des oubliés de notre monde.

  32. Bonjour,
    je ne trouve aucun article sur le sujet des chambres rouges en Bolivie sur le Net. Avez-vous des liens svp ? Etonné et choqué que ce genre d’endroits (hôtels ?) soient légaux.
    Cette histoire en tout cas est bien triste et morbide. Sans doute n’ai-je pas compris l’intention de ce blog mais s’agit-il de journalisme ou d’un journal intime ? Peut être aurait-il été bon de parler davantage de cet homme, de sa vie, de son parcours, de sa famille, … lui rendre hommage. En même temps, à bien y réfléchir, ne valait-il pas mieux interviewer les personnes travaillant dans ces « hôtels » ? Jeu dangereux que de questionner un désespéré suicidaire, psychologiquement faible…
    Un article qui a le mérite d’être honnête et de traiter d’un sujet méconnu, mais avec des carences et trop personnel, trop centré sur la première personne et désenchanté, peu éthique (mon avis).
    Merci et bon courage en tout cas.
    Itakk

  33. Bonjour à tous,

    Je suis étonnée de voir autant de commentaires négatifs à propos de cet article.
    Les commentaires sont plus haineux que le sujet en soi. Où se trouve donc l’humanisme?

    Et je me demande surtout :
    – Combien de personnes qui ici critiquent l’article ont vécu hors de leur berceau franco-européen?
    – Combien de personnes ont essayé de se remettre en question, de repenser -la vie, la mort, l’amour- d’un point de vue différent de celui acquis auprès de leur propre famille, société, culture?
    – Pourquoi critiquer une personne de manque d’humanisme quand on ne peut soi-même pas essayer de comprendre celui qui a écrit l’article?
    – Si il vous est incapable d’avoir de l’empathie envers Chris, comment osez vous penser que vous seriez capable de ressentir de l’empathie envers un étranger dont vous ne partager ni la langue, ni les valeurs culturelles?
    Quelle prétention!

    Je pense que ce débat est à petite échelle ce qui se passe à grande échelle :
    de fortes convictions, une impossibilité de se re-situer dans le mécanisme de la pensée, un regard distant font que l »autre » nous provoque un rejet, nous réveille une haine.
    Au lieu de chercher ces différence, ayez la curiosité de penser comme un « autre », de vous placez hors de vous même, de ne pas juger, d’essayer de comprendre.
    Si ce n’est qu’une seconde! Par exemple, la seconde avant d’envoyer ces écrits si haineux…

  34. Salut Chris

    Ton article m’intéresse beaucoup car il soulève des interrogations importantes sur le métier de journaliste et sur les « devoirs » d’un être humain. Bref, je te ferai trois critiques:

    1) Je n’aime pas, mais alors pas du tout, la fin de ton récit. Le coup du sourire, enfin le rictus qui ressemble à un sourire et toi qui, du coup, sourit à ton tour, c’est de la romance. Tu as voulu voir un sourire, ou plutôt tu as voulu nous émouvoir avec cette image mais c’est juste ridicule. En plus, c’est super mal placé: choisir la fin pour nous faire couler une petite larme c’est ultra pas original et un brin facile. Tu as cherché à faire de la poésie et crois moi c’est raté.

    2) Il manque tellement de détails à ton article. Pour croire à quelque chose, j’ai besoin de preuves. Et notamment la preuve que cet homme était définitivement condamné à une souffrance éternelle. Pour cela, il aurait fallu répondre à ces questions: quel était son « degré » de pauvreté? Quel était précisément son quotidien? Tu balances des idées qu’on devrait croire immédiatement. Pour qu’on te comprenne, tu dois savoir nous convaincre et le soucis c’est que tu n’as convaincu personne sur l’état de souffrance de cet homme. Moi, je ne te crois pas. Je pense que tu aurais du le sauver, et d’ailleurs, je pense que tu aurais pu. A toi de nous prouver le contraire… C’est capital pour qu’on te prenne pour un bon être humain.

    3) Sinon, le sujet est passionnant. Mais il ne faut pas être un génie pour le comprendre. Tu es comme un réalisateur qui a trouvé un super scénario mais dont il n’a en réalité pas exploité le potentiel. Tu aurais pu t’intéresser à d’autres acteurs de ce système, comme celui qui surveille la porte. C’est un sacré taf ça! Comment il le vit lui? Lui qui vit?!

  35. Pingback: Le Blog du Voyage — Le reportage sur le cimetière des éléphants est en ligne, et je réponds aux commentaires

  36. A TOUS : merci beaucoup pour tous vos commentaires. J’ai maintenant publié le reportage sur Les Cimetières des Éléphants, qui est en ligne sur Mediareporter.fr.

    Vu la longueur et la vivacité des réactions, je vous ai répondu à tous dans un nouvel article et je ferme ici l’espace des commentaires pour plus de clarté dans le débat.
    Chris Dernier billet publié : Le reportage sur le cimetière des éléphants est en ligne, et je réponds aux commentairesMy Profile