Dis, c’est quoi la Bolivie pour un voyageur ?

2 novembre 2011 16 h 20 min

lama de bolivie

Bien évidemment, il ne s’agit pas de faire une fiche Wikipédia du pays. Je n’ai encore passé que trois petits jours dans le pays – alors, tout ceci n’est qu’un premier ressenti qui donne une idée assez globale de ce qu’on se prend dans la tronche quand on passe les frontières de ce pays fou, fou, fou. Et dur.

La Bolivie, ce paradis pour voyageurs fauchés

- … où l’on peut faire 8h de bus pour 2 € en traversant d’incroyables paysages (et manquer 46 fois de mourir sur la route)
- … où l’on peut avoir une chambre simple dans un hôtel pour 4 €
- … où l’on peut avoir un repas complet pour 1 €
- … où l’on peut voir des plateaux, des plaines, des champs de Coca, un désert de sel tout blanc tout cool, des lagunes vertes et colorées, un ciel étoilé, des lamas qui se baladent un peu partout, des flamands roses, des mines d’argent, des lacs rougeoyants, des empreintes de dinosaures, des vallées, des yungas, de l’Amazonie comme des montagnes ou des plages ou des lacs sauvages.
- … où l’on peut visiter une ville qui a l’aspect d’un sucre
- … ou faire le plein d’adrénaline rien qu’en montant dans un bus
- … où l’on peut grimper le 6000 m le plus facile du monde pour 60 € (prix de l’ascension des 4800 m du Mont Blanc : 800 €)
- … où l’on peut boire des jus de fruits fraichement pressés super trop bons pour 0,70 € dans la rue
- … où l’on rencontre des chauffeurs de taxis sympas
- … où l’on peut visiter le lieu de naissance des dieux Incas
- … ou passer un mois à vous occuper de petits singes
- … et se sentir dans Les Cités d’Or avec des noms comme L’Ile du Soleil, l’Ile de la Lune, Titicaca, blablabla …

Ce bastion de l’antiaméricanisme plein de paradoxes

- … où l’on peut boire du maté de coca, mâcher de la coca fraiche et voir des panneaux coca-cola géants (la seule entreprise au monde qui pouvait exploiter et exporter légalement la coca)
- … où l’on peut entendre des enfants de 3 ans se foutre de la gueule d’Américains de 30 ans en s’amusant à dire « griiiiingoooooo ! » comme si c’était la honte de la mort de venir des Etats-Unis
- … où l’on peut lire et entendre en permanence que de toute façon, tout est de la faute des Américains …
- … tout en ayant en permanence la télé branchée sur le câble et les pires émissions ricaines (quand ils ont le câble)
- … où l’on peut marcher dans les derniers pas du Che

Le pays le plus pauvre de l’Amérique latine

- … où l’on peut vivre un très gros choc de contraste lorsque l’on vient du Chili (le pays le plus riche du sous-continent)
- … où l’on peut voir des enfants de 6 ans laver votre linge, vous servir un café, vous vendre tout et n’importe quoi de façon très, très professionnelle
- … où l’on peut sentir l’odeur de la pisse assez régulièrement dans les rues
- … tout en manquant régulièrement de marcher sur des hommes ou des femmes ou des familles entières allongées à même le sol comme s’il s’agissait de mobiliers urbains
- … où l’on peut voir en permanence des gens voutés, un peu trapus, petits, au teint sombre et à la mine fatiguée, au corps étrangement déformé par les énormes baluchons qu’ils trainent en permanence

Paysages de Bolivie, mention Salvador Dali

Un délice pour les sens en quête d’aventure, d’exotisme, de dépaysement et de découvertes

- … grâce à une culture indigène très fière et très riche
- … ou l’odeur des marchés très nombreux et très animés
- … ou l’odeur des échoppes de rue où l’on vend des frites, de la viande, des nouilles sautées, des intestins de porc, des légumes sautés, du piment, des jus de fruits pressés (oui, je fais un blocage sur les jus de fruits)
- … où voir, sentir, gouter à des dizaines et des dizaines de pâtisseries jusqu’à l’écoeurement
- … où voir encore des centaines de cybercafés toujours pleins à craquer où l’on surfe pour 0,30 cts de l’heure
- … où voir des femmes en habit traditionnel avec leurs jolis et mysitques hauts-de-forme
- … et entendre les Boliviens avoir des conversations avec trois langues simultanées (Espagnol, Aymara, Queshua)
- … et entendre enfin un espagnol assez correct, neutre, sans le Che argentin, et sans l’horrible accent Chilien
- … et voir, vraiment, des nezs très particuliers
- … tout comme le visage, et la « gueule » des Boliviens
- … et les noms, d’une délicieuse étrangeté

Un choc qui peut être violent

- … quand on se sent dans un pays presque délaissé, au malaise social palpable
- … lorsque le conducteur de votre bus double un camion dans un virage de montagne sans aucune visibilité
- … et lorsqu’on aperçoit, par la fenêtre, des carcasses de voiture et des rebords de chaussée au fond des ravins
- … et lorsqu’on entend de la musique en permanence, pour le meilleur et pour le pire, et des reprises en Aymara et en Queshua
- … et lorsqu’on vit le contraste énorme entre le monde de l’Altiplano et de la forêt
- … et lorsqu’on a le mal d’altitude
- … et lorsqu’on étouffe à cause de la pollution de La Paz – l’impression d’être écrasé, oppressé par les bouchons et les millions d’habitats perchés sur le flanc des montagnes surpeuplées
- … et lorsqu’on peut acheter légalement des voitures volées dans les pays voisins
- … ou acheter de la dynamite en vente libre
- … et voir de la drogue, partout
- … et jeter de la nourriture et de l’alcool par terre pour nourrir la Pachamama
- … et manger (souvent) des mignons petits lamas

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