[Ciné du Japon] Departures, une vision japonaise de la mort, bercée par les violoncelles

20 juillet 2012 7 h 36 min

SYNOPSIS

Dans une province rurale du nord du Japon, à Yamagata, où Daigo Kobayashi retourne avec son épouse, après l’éclatement de l’orchestre dans lequel il jouait depuis des années à Tokyo. Daigo répond à une annonce pour un emploi « d’aide aux départs », imaginant avoir affaire à une agence de voyages. L’ancien violoncelliste s’aperçoit qu’il s’agit en réalité d’une entreprise de pompes funèbres, mais accepte l’emploi par nécessité financière. Plongé dans ce monde peu connu, il va découvrir les rites funéraires, tout en cachant à sa femme sa nouvelle activité, en grande partie taboue au Japon.

Ce n’est pas forcément le genre de synopsis qui vous donne envie de voir un film un vendredi soir. On se dit que ça va être un peu chiant, un peu intello, qu’on va devoir un peu trop réfléchir pour apprécier le film.

Mais, non. Departures est le genre de film qu’on découvre par hasard (malgré son Oscar 2009 du meilleur film étranger), au détour d’un blog ou d’une rencontre imprévue. Le genre de film qu’on commence à regarder sans trop s’attarder, et qui vous prend au corps dès les premières minutes. Parce que c’est drôle, parce que c’est touchant, parce qu’on y trouve un thème lourd (la mort) traité avec la délicatesse et la légèreté des plus fines pâtisseries qui s’apprécient à toute heure. Sans oublier l’humour, omniprésent, exquis et en parfaite harmonie avec la mélancolie des personnages.

C’est un voyage dans le pays des morts du Japon – un voyage rythmé par la très belle danse qu’accomplissent les employés japonais des pompes funèbres lorsqu’ils s’occupent du corps d’un défunt. Un voyage dans les contradictions d’une société qui refuse d’offrir toute considération sociale au métier de croque-mort, mais qui les oblige à posséder la plus grande des noblesses d’âme. Comme s’il fallait côtoyer la mort au quotidien pour apprendre à retrouver son humanité – ou la perdre.

Le film est bercé de morceaux de violoncelle, qui occupe une place centrale dans le film. C’est presque un acteur, celui qui aurait le rôle de donner aux personnages une aura mélancolique, joyeuse et poétique – émouvants. Une BO composée par Joe Hisaichi, le compositeur attitré des films de Miyazaki.

Un film sur la mort – et à part ça, quel intérêt ? Celui de découvrir un visage du Japon qu’on a du mal à pouvoir approcher en tant qu’Occidentaux. Un visage à la fois rempli d’incompréhension, d’hypocrisie, d’humanité et de beauté, un beau visage qui donne au Japon contemporain tous les traits pour lesquels on le déteste, et pour lesquels on en tombe amoureux.

2 Commentaires

  • Je note!

    Je ne connaissais pas ce film et j’aime bien le cinéma japonais.
    C’est particulier, on aime ou on aime pas mais bon perso ça m’intéresse
    Aurélien Dernier billet publié : 3G au MarocMy Profile

  • J’ai vu ce film au cinéma à Singapour il y a quelques années et j’ai adoré! Fan de culture japonaise, j’étais curieux de découvrir les rituels mortuaires japonais. En réalité c’est un film empreint d’un humour touchant. C’est vraiment un très bon film.

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