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A Bali, il existe une tradition qui charme et enchante tous les voyageurs de passage sur l’île des Dieux. En effet, dans toutes les rues de l’île, devant chacune des portes d’entrées qu’un être humain peut franchir pour rentrer chez lui, aller au restaurant, dormir dans un hôtel ou faire la fête dans un bar, on trouve des petits paniers de feuilles de palmier remplis de riz, de fleurs, de nourriture, de cigarettes et d’encens.

Cet été, j’étais en Indonésie – pour prendre des vacances, et pour travailler sur l’huile de palme et la déforestation. L’homme qui m’a guidé dans les méandres de ces problématiques était Abong – un homme qui, à lui seul, incarne le grand écart entre les grands discours environnementaux des gouvernements, et la réalité sur le terrain. C’est dans les locaux de Walhi – une ONG environnementale affiliée aux Amis de la Terre – que j’ai rencontré Abong. Je cherchais alors un moyen de me rendre dans des zones déforestées par des plantations d’huile de palme et Riko, le directeur de l’ONG, m’a annoncé de but en blanc : « Abong t’accompagnera. C’est un ancien ranger, il connaît parfaitement le coin, les gens, et les problématiques ». C’était vrai. Abong a la tête qu’on s’imaginerait avoir si l’on devait se réincarner en garde-forestier indonésien – petit, la peau tannée par les patrouilles en forêt,…

On arrive à Akcakale, à la frontière turco-syrienne. Des chevaux et des charrettes vomissant nourriture et vêtements d’hiver ; des kebabs ambulants et des vendeurs à la criée ; des vendeurs de tabac en vrac, 20 € les 20 kg ; des générateurs électriques, du ciment, des bouts de ferrailles, et beaucoup de passage, dans les deux sens ; et Samer, qui me propose très sérieusement de l’accompagner.