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J’ai déjà écrit un article sur les risques / dangers d’un voyage en Tunisie en 2013, suite à mon propre voyage dans ce merveilleux pays. Mais, comme je continue de recevoir des commentaires et des mails me demandant si ces informations sont à jour, j’ai eu envie d’écrire un nouveau post à ce sujet. Parce que la situation n’est pas la même qu’il y a quatre ans ; parce que, entre temps, il y a eu des attentats, des élections, des emballements et des amalgames ; parce que le tourisme en Tunisie est toujours un pilier essentiel du développement économique du pays, mais que le nombre d’Européens visitant le pays s’est effondré ces dernières années. Selon les chiffres du ministère du tourisme tunisien, entre 2014 et 2016, les recettes touristiques ont chuté de 36,2 % et le nombre d’arrivées aux frontières a, quant à lui, diminué de 24,1 %. La…

Grâce (ou à cause de) mon voyage de l’été dernier, je reçois depuis quelques semaines beaucoup de mails me demandant quels sont les risques d’un voyage en Tunisie actuellement – « y’a t-il un risque d’attaque terroriste ? D’attentat ? Le gouvernement n’est-il pas islamiste, et donc, susceptible de se montrer hostile envers les étrangers et plus particulièrement les Occidentaux ? Les femmes ne risquent-elles pas de manquer de liberté, d’être obligées de se voiler ? » etc, etc.

Cet été, j’étais en voyage en Tunisie. Parce qu’il y avait des manifestations, et parce que c’était le ramadan, nous n’avons pas vu beaucoup d’autres touristes pendant notre séjour et c’était très chouette pour nous. Ça l’était moins pour l’économie tunisienne, qui repose en grande partie sur les recettes touristiques. On pensait que la situation s’améliorerait ; les risques étant plus que minimes, la situation globale étant relativement stable. Aucun sentiment de danger, de courir un quelconque risque, ou même de tension, ne nous a touché en Juillet et en Août dernier. Et puis, la situation s’est un peu échauffée. Le 30 octobre dernier, deux attentats ont été avortés de justesse à Sousse et Monastir.

Lotfi, c’était notre guide au Sahara. Un Bedouin, comme on n’en fait plus ; petit, moustachu, fier comme un coq et sans boulot depuis le début de la révolution tunisienne, début 2011. Le genre à porter la tunique blanche traditionnelle pour vous accueillir à la station de bus, mais à prendre un jean et un t-shirt pour guider les dromadaires dans le désert ; le genre à vous accueillir chez lui, pour la nuit, sans aucune autre contrepartie que celle, à première vue, de lui garantir que vous y passerez un agréable moment, empli de bonheur et de reconnaissance à son égard si possible.

La Tunisie, sur le site Numbeo.com, est classée parmi les pays les moins chers pour le touriste lambda. Le coût de la vie y est en effet assez bas ; ce qui autorise de très bonnes vacances pour un coût assez dérisoire. Personnellement, j’ai dépensé 20 € / jour sans faire de couchsurfing (par choix) et en m’octroyant, avec ma copine, des hôtels de bonne qualité, de très bons restaurants, et des excursions à la journée dans le désert ou les oasis de montagne du sud du pays.

Sur les îles Kerkennah (Tunisie), il y a une femme de 52 ans au cœur solitaire. On l’appelle Julie, ou bien « l’Anglaise », ou bien « la blonde », « la blanche » ; sans jamais penser à mal. Les nombreux Kerkenniens qui la connaissent parlent, avec un mélange de curiosité, d’incrédulité et de bienveillance, de cette Occidentale qui s’est installée là. Qui a su reconnaître la douceur de vie tunisienne et la beauté de ces îles. Certes, ici n’est pas Djerba (« c’est mieux ! »). Certains guides de voyage, comme le Lonely, déconseillent même d’y mettre les pieds, parce qu’il n’y a « pas grand chose à y faire » (dixit Le Routard). Mais c’est précisément ce que recherchent quelques touristes comme nous ; ne rien faire, et profiter du soleil et de la mer et d’un rythme sans montre. Et il y a Julie, installée sur ces îles comme un gage de qualité, comme une preuve…