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Cet été-là, Ignacio avait 22 ans. La famille Morel était alors le cartel paraguayen le plus puissant de la région, contrôlant les principales routes où s’acheminaient les femmes, les drogues, les armes, et les cigarettes, par conteneurs, par milliers, du Mexique à la Colombie ; et puis, la Bolivie, le Paraguay, le Brésil – et enfin, l’Europe, pénétrée grâce à l’Espagne et le Portugal.

Note : j’ai écrit cet article début avril, quelques jours seulement après avoir mis pour la première fois les pieds à Ciudad del Este. Six semaines plus tard, après avoir terminé la dernière interview de mon reportage, je publie ce texte avant de m’attaquer à la rédaction du Grand Reportage final. Un drôle d’exercice, qui me permet de mesurer le chemin parcouru sur la route de l’information. En Syrie, Najib affrontait les chars de Bachar el-Assad. Mais descendre du bus est une expérience encore plus effrayante pour un ado de 18 ans qui voyage pour la première fois. Ici, à Ciudad del Este, personne ne tire sur la foule ; mais la densité humaine t’oppresse et t’écrase tout autant. Et le flot des voitures, des bus et des camions forme une file ininterrompue de ferraille et de pollution, sans pitié pour le piéton. Lorsqu’il manifestait à Hamah, Najib avait ses…

Cet été-là, Ignacio avait 22 ans. La famille Morel était alors le cartel paraguayen le plus puissant de la région, contrôlant les principales routes où s’acheminaient les femmes, les drogues, les armes, et les cigarettes, par conteneurs, par milliers, du Mexique à la Colombie, et puis la Bolivie, le Paraguay, le Brésil – et enfin, l’Europe, pénétrée grâce à l’Espagne et le Portugal.

C’est le portrait de cette ville, où je me trouve actuellement, que j’aimerais vous proposer d’écrire – une ville au confluent des opportunités commerciales, du narcotrafic, de la contrebande, et des ambiguités de la guerre contre le terrorisme. Une ville d’aujourd’hui, qui dessine un portrait de la face cachée de la globalisation au XXIe siècle.