Un an de voyage : bilan, escale en France, et la suite … En Asie ?

14 mai 2012 12 h 24 min

observatoire la serena

Punaise, ça fait un an !

J’ai quitté la France le 13 mai 2011, dans l’idée de ne rentrer que sept ans plus tard. J’avais un programme à peu près défini et, comme tout programme réalisé par un voyageur, il n’y a pas grand chose qui a été respecté.

J’ai visité 7 pays (Argentine, Chili, Bolivie, Pérou, Uruguay, Paraguay, Brésil). Ca fait peu, pour une année entière – et tant mieux. Rester longtemps dans chaque pays m’a permis de construire de vraies relations, de vrais attachements, et de gagner une dizaine d’amis pour la vie – et ça, c’est fichtrement plus précieux que la centaine d’amis Facebook qu’on peut accumuler ou que les cases de la check list qu’on peut cocher.

Et le reste ? Une liste ? Oh oui, une liste ! Vite, une liste bilan ! Je sais à quel point vous aimez les listes et les tops 10 débiles alors, je ne vous en prive pas, on va commencer par ça.

LA liste-bilan de l’année n°1 – 2011 / 2012

Nombre de photos chouettes prises : environ 400 (plus d’une par jour, pas mal)
Nombre de déclenchements : 13 290 (ratio à améliorer)

La rencontre la plus drôle : Emma, 4 ans
La rencontre la plus marquante : celle réalisée dans un certain cimetière …
La rencontre la plus relou : Aline
La rencontre la plus loufoque : René, une sorte de savant fou chilien que j’ai croisé par hasard dans trois pays différents
La rencontre la plus gourmande : les Roundtrip (avec qui nous avons écumé les resto :)
La rencontre la plus triste : je la garde pour moi
La plus belle rencontre : je la garde pour moi

Nombre d’articles écrits : 100 tout rond !!

Le pire moment : la dernière heure de l’ascension du Sairecabur (6000 m), à la frontière entre le Chili et la Bolivie
Le meilleur moment : le sommet du Sairecabur (= 5 minutes de joie intense à voir un paysage incroyable avant de tomber dans les pommes, mort de fatigue).

Le top 3 des nourritures préférées :
1) Steak argentin
2) Salteñas boliviennes
3) Cebiche péruvien

Argent généré : 3818 € (318 € par mois, uniquement avec les abonnements et la monétisation du blog)
Argent dépensé : 7378 € (614 € par mois)

La dépense la plus stupide : un blouson de motard
La dépense vraiment pas nécessaire : un tome de One Piece en Espagnol argentin (avec Luffy qui dit : « Che Boludo ! »)
L’achat le plus judicieux : aucune idée
Argent dépensé en cafés : beaucoup trop

La plus grosse honte :
le temps perdu à ne rien faire, à trop réfléchir, à se bloquer à cause d’un déferlement de questions existentielles sur le sens de ce que je fais
La plus grosse déception : ne pas pouvoir terminer mon reportage sur le narcotrafic en Bolivie par manque de moyens financiers
La plus grosse frustration : manquer d’argent pour terminer trois reportages qui nécessitaient trop de déplacements imprévus
La plus grande fierté : avoir réussi à décrocher l’interview d’un célèbre contrebandier à Ciudad del Este et qu’aucun journaliste n’avait réussi à approcher auparavant

Le plus gros râteau : se faire envoyer balader par l’ambassade US d’Asunción parce qu’on est jeune et indépendant

Le top 3 des activités « pour-se-vider-la-tête » :
– One Piece
– Game of Thrones
– Ecrire pour soi et jeter les pages à la poubelle

Le trajet le plus éprouvant : La Paz – Cusco
La route la plus longue : Lima – Bariloche
La route la plus belle : San Pedro de Atacama – Uyuni

La plus grande leçon apprise : ne jamais faire confiance à un téléphone portable pour se réveiller au risque d’irriter le chef de la lutte anti-drogue bolivienne

Interviews données : une dizaine
Interviews faites : une centaine
Interviews informelles réalisées : une autre centaine
L’interview la plus drôle : mon passage sur une radio locale paraguayenne pour commenter l’élection de François Hollande

Mails non répondus / en retard / oubliés : infinis

Le pays que j’ai préféré : la Bolivie
La ville où je me suis senti le plus chez moi : La Paz
Le paysage qui m’a le plus incroyabouleversé : le ciel le plus étoilé du monde près de La Serena (Chili)
Ce que je n’ai pas vu et que je regrette le plus : l’Antarctique
L’endroit le plus remarquable où j’ai pissé : au sommet d’une montagne à 6000 m d’altitude (avec un vent très, très, très violent, qui réserve bien des surprises)

Ce qui m’a le plus gêné : avoir l’impression de ne servir à rien
Ce qui m’a le plus manqué : le saucisson
Ce qui m’a le plus surpris : la chaleur et la gentillesse des Boliviens

Mes trois gros coups de coeur imprévus :
– Valparaiso, la ville où je pourrais construire ma résidence secondaire
– La force du vent de la Patagonie
– Le terere, la boisson nationale du Paraguay

Du côté du projet, des reportages, de ma carrière de journaliste et de mon escale en France

(Amis, pardon, je vais parfois copier-coller des bouts de mails envoyés)

J’ai écrit 7 Grands Reportages :
– Football Argentin – mai/juin/juillet (trop de temps passé dessus)
– Mouvement étudiant chilien (sous la forme d’une suite de reportages) – août/septembre
– Narcotrafic en Bolivie – Octobre/Novembre
– Le cimetière des éléphants – Décembre/Janvier
– La traite des femmes en Argentine – Mars (non publié pour ces raisons)
– L’eau du Parana – Avril (non terminé parce que pas d’argent)
– Ciudad del Este – Mai (en cours de finalisation)

Trouver sa voie

Avec le recul, je me rends compte que cette première année a surtout été une longue introduction dans mon projet, une phase de préparation mentale et technique pour me permettre de réussir ce que j’entreprends de faire. Pendant un an, je me suis longtemps, souvent perdu, désorienté, destabilisé par la montagne de travail à accomplir – et le peu de reconnaissance. Je me demandais souvent : à quoi bon écrire ceci ou cela, étant donné que je ne pourrais de toute façon pas le vendre ?

J’ai perdu de vue mon objectif initial : les abonnements, les abonnés, et les reportages que j’étais censé écrire pour eux.

La suite du projet va donc être assez différente.

Je n’essaierai plus de vendre mes reportages à la presse, et je miserai tout sur la création d’un statut autoentrepreneur pour développer mes abonnements et les revenus générés par mon blog.

Et, surtout, j’ai trouvé ma voie de journaliste, la spécialisation à laquelle j’ai envie de dédier ma carrière et qui me servira de fil rouge pour la suite – et pour mettre en place cela, je vais devoir faire une escale de six mois en France. Sur quel thème ? Je vous en parle dans le prochain article !

La suite du projet

– Phase n°1 : terminer mon reportage sur Ciudad del Este (mois de mai)
– Phase n°2 : publier ce reportage sous la forme d’un « bloc numérique » (voir prochain article).
– Phase n°3 : séjour au Brésil de deux ou trois mois
– Phase n°4 : Escale en France (septembre-février)
– Phase n°5 : départ en Extrême-Orient / Asie

Une escale en France me permettrait de :
– passer mon permis moto (je vais en avoir besoin)
– réaliser les démarches pour monter mon statut autoentrepreneur
– aller présenter mes « blocs numériques » aux personnes potentiellement intéressées
– faire le plein de contacts (profs, experts, universitaires, compagnies … ) dans le domaine de spécialité auquel je pense
– rencontrer les blogueurs :)
– faire une petite opération de chirurgie sur un problème médical qui me gâche un peu la vie : ça fait quelques mois que j’ai une espèce de boule, comme un kyste, en dessous de ma colonne vertébrale, au niveau des fesses. Ca me fait un peu mal chaque fois que je suis assis – un peu gênant lorsqu’on passe sa vie dans les bus locaux sans suspension …
– me remettre en forme en refaisant du sport de façon intensive
– me trouver un journaliste acceptant de me parrainer
– Refaire le plein d’énergie
– En profiter pour mettre de l’argent de côté (mais avec quel job ?)
– Développer les abonnements (en faisant la promotion du reportage sur Ciudad Del Este)
– Et, surtout, mettre la main sur l’indispensable bibliographie consacrée à mon thème de prédilection et qu’il m’est impossible de trouver sur le continent sud américain

Pendant ces mois en France, j’irai peut-être également faire un tour en Grèce afin de réaliser un deuxième reportage « démonstration » (après celui sur Ciudad del Este) portant sur mon domaine de spécialisation. Et ensuite, direction l’Extrême Orient et l’Asie pour y plonger complètement !

Ciudad del Este, la Grèce, l’Extrême Orient et l’Asie, une bibliographie indispensable pour comprendre le thème, des personnes clés à rencontrer en France … J’envoie une carte postale à la personne qui devinera de quel thème il s’agit !

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